Alain Weisz : « Je n’ai jamais vu une situation aussi absurde »

Le HTV a laissé filer sa première victoire en s’inclinant au Paris-Levallois hier. Alain Weisz fait le point sur la situation de son équipe.

Au sujet de la situation du HTV :

« On n’a que cinq joueurs, on n’a que cinq joueurs. On connait la situation, c’est une situation très très difficile. Nous on la connait depuis quatre jours avant le championnat. A partir du moment où on nous enlevé trois joueurs majeurs, et je ne dis pas que c’est injustifié, on savait que c’était mission impossible. Une fois qu’on a fait ce constat qu’est-ce-qu’on fait ? On reste à la maison ou on joue ? Et bien on joue. On essaye de faire du mieux possible avec des joueurs qui comme Louis Labeyrie profite à plein. C’est bien pour un jeune joueur, dans un autre contexte il aurait peut-être joué 12 à 15 minutes par match. Après on y croit, on prépare les matches. On n’a pas beaucoup de rotations, pas beaucoup de marge d’erreur. On se bat et on mettra un point d’honneur à faire le travail jusqu’au bout. »

Au sujet des motivations de l’équipe :

« On ne peut pas faire plus que là. De toute façon, on sait qu’il faut gagner quatorze matches. Quand on a trois points de pénalité, on sait qu’il faut en gagner autant. C’est impossible mais on mettra un point d’honneur à faire en sorte que les joueurs continuent à avoir un objectif. Quand on n’a pas d’objectif collectif, il est difficile d’empêcher les joueurs d’avoir des objectifs individuels. Par moment on arrive. Quelques fois en défense, c’est parfois très difficile quand pendant 40 minutes on n’a pas le droit de faire des fautes. On est effectivement la plus mauvaise défense. Des records on en battra d’autres mais on continue à travailler.

On a joué cinq matches mais il y en a encore 30 à jouer. Il y a des fois quand Krupalija sera un peu fatigué, quand Morlende aura mal derrière le genou… Ce qui se passe quand les joueurs perdent le moral, les blessures arrivent plus vite. Il va y avoir des moments où on va prendre des vraies branlées. Personnellement ça fait très longtemps que je suis dans le basket, je n’ai jamais vu une situation aussi absurde. C’est-à-dire que soit on joue et on a des moyens pour jouer, soit on ne joue pas en Pro A. Ce soir on perd de trois points. En préparation, on avait pris deux fois trente points. Ils ne méfiaient pas de nous. On avait envie d’être là, parce que c’est paris, parce qu’on fait le travail. Il est long le championnat, trente matches avec cinq joueurs. Le reste c’est des gamins, c’est des espoirs. Est-ce-que ça peut continuer ? Franchement je ne sais pas.

On a un gros déficit et même si on arrivait à trouver quelqu’un, cet argent-là serait utilisé pour les remboursements. A partir du moment où on nous enlève trois joueurs majeurs, qu’on prend trois points de pénalité, c’est fini. Je ne dis pas que c’est pas mérité, je ne dis pas ça. »

Au sujet de sa position si le HTV se retrouvait en Pro B :

« Je ne sais pas, franchement je ne le sais pas. J’adore le basket donc que ce soit la Pro B ou la Pro A, ça n’est pas un problème. Mais je ne sais même pas si on pourrait jouer en Pro B. »

Au sujet de sa motivation à lui :

« Depuis le 4 octobre, soit trois jours avant le début du championnat, on n’a pas eu un seul contact avec le management. La première réunion, ça a été une réunion où on nous a tous mis en rond et on nous a dit : « maintenant vous baissez tous vos contrats et il y en a deux qui s’en vont ». Les joueurs l’ont très mal vécu, personne n’a voulu baisser son contrat, n’a voulu partir. Arbitrairement, le club a pris trois contrats pour rentrer dans les 600000 euros de masse salariale. Comme on est des grands garçons pas totalement stupides on essaye de faire le travail.
Je fais de l’animation. Demain je fais un couscous, comme en nationale 3. La convivialité, la bonne humeur… »

Au sujet des relations entre les joueurs et la direction :

« Ca n’est pas une fracture. C’est des gens invisibles. L’homme invisible c’est Peter Brady. On n’a que des Peter Brady au club. »

 

Tags :
Comments

Commentaires (6)

  1. AND11

    Grand monsieur Alain Weisz… Grand coach aussi.. Il le démontre une fois de plus à travers cette situation.

    Et c'est bien que lui et les joueurs jouent le jeu. Même si ils perdent, ça ne fausse pas le championnat, ils donnent le maximum.

  2. Bruno

    gros gros challenge … respect Mr Alain

  3. Q

    Il était sous ecsta ou les propos sont mal retransmis?^^ on dirait qu'il manque des connecteurs logiques et de la ponctuation un peu.

  4. Bichounette

    Un coach qui donne envi de se battre pour son équipe …

  5. OscarAbine

    Moi, ce qui m'épouvante, c'est de le voir dire "on a pas vu les dirigeants depuis le 4 octobre, c'est des gens invisibles".

    C'est pas vraiment l'idée que je me fais d'un patron responsable…