Amara Sy : « Je veux signer un contrat à long terme »

L’Amiral revient sur sa saison avec Orléans et son retour sur le bitume pour la 10ème édition du Quai 54 ce week-end.

BasketActu : Tu sors d’une saison pleine avec Orléans. Une place en demi-finale, une nomination dans les MVP Français. Quelle analyse fais-tu de ton année ?

Amara Sy : Je me suis pas mal épanoui cette année à Orléans. Tout le monde sait qu’on était une équipe de potes et on a réussi à surprendre. Les gens ne nous voyaient pas aller si loin. Individuellement, je suis très content de ce que j’ai fait cette année. Et je sais que cette réussite est due au fait que collectivement ça s’est bien passé. J’ai besoin que ça fonctionne bien collectivement pour être bien dans une équipe. Je me fonds dans le collectif et j’en profite pour briller. Si y’a pas de jeu collectif, je ne peux pas jouer.

BasketActu : On t’a vu épouser le costume de capitaine alors que l’année dernière tu avais un peu plus de mal à t’imposer en tant que leader. Qu’est-ce qui a changé ?

A.S. : C’est venu naturellement. Quand tu joues avec des gens que tu connais, c’est beaucoup plus facile. Cette année, j’étais entouré de personnes à l’écoute. On avait un vrai noyau solide. On pouvait se dire les choses clairement, on savait que c’était pour le bien de l’équipe. On s’aidait mutuellement et ce genre d’environnement, c’est ce que j’aime. Depuis que je suis pro, je ne suis jamais tombé sur une équipe comme ça.

BasketActu : Votre défense a été votre carte à jouer pendant toute la saison.

A.S. : Philippe Hervé a toujours été porté sur la défense. Mais c’est bien beau d’avoir un système défensif solide, si tes joueurs savent pas défendre, tu vas nulle part. Dans notre équipe, on avait 70% de très bons défenseurs. Ça aide bien. Entre Georgi, Yohann, Marco, Maleye, Moi, Bryan… On n’est que des défenseurs dans l’équipe.

BasketActu : Mais du coup offensivement, on a souvent eu l’impression que vous n’aviez personne pour prendre les choses en main quand il le fallait.

A.S. : C’est le système offensif de Philippe qui veut ça. C’est un système de jeu très précis. La balle doit arriver là ou là. La chance qu’on a eu c’est que personne ne voulait tirer la couverture sur lui. Tout le monde a adhéré à cette philosophie et c’est pour ça que ça a marché.

BasketActu : Vous terminez la saison en beauté, vous atteignez les playoffs et allez jusqu’en demi-finale alors que les gens ne vous attendaient pas forcément à ce niveau.

A.S. : Toute l’année, ça nous a servi de motivation. Personne n’a cru en Orléans. Même quand on a joué le PL au premier tour, les gens nous parlaient encore du match aller de la saison. C’était 50-50. Nous on savait qu’on pouvait gagner et les gens parlaient plus de notre potentielle défaite.

BasketActu : Qu’est-ce qu’il vous a manqué contre Chalon en demi ?

A.S. : Sur les trois matchs, défensivement, on a laissé trop d’énergie. On avait une rotation en moins avec l’absence de Monds. Dès qu’un des joueurs intérieurs sortait, on voyait la diff. Même dans les autres rotations, on était fatigué. On donnait tout ce qu’on avait en défense, on était à 200% et on a eu le même scénario sur les trois matchs. On domine le match et sur la fin on se fait rattraper. Chez nous, on a eu la chance de pouvoir l’emporter. Chez eux pour la belle, on sait tous ce qui s’est passé. On a fait des erreurs, les arbitres aussi et Chalon a tout mis quand il fallait. C’est le mauvais cocktail qui fait qu’on perd le match et on ne va pas en finale.

BasketActu : C’est vrai que défensivement, vous misiez tout sur l’intensité. Mais vous avez perdu pas mal de matchs dans les derniers quart-temps. Tu penses qu’il est possible de tenir tout un match à ce rythme ?

A.S. : C’est possible, on l’a fait 3-4 fois. Et quand on l’a fait, y’a eu des cartons. En playoffs, c’est impossible. Les matchs s’enchaînent, on met trop d’intensité et à la fin on est cramé. On a quand même réussi à bricoler. On était à deux doigts d’aller en finale.

BasketActu : La suite c’est quoi pour toi ?

A.S. : Je suis encore dans la réflexion. J’ai des propositions. J’attends que ça se clame un peu. J’ai pas envie de sauter sur une offre et de me précipiter. Mais je ne veux pas non plus faire trop attendre parce que les équipes ont leur effectif à faire. Je me suis donné un temps de réflexion mais ça ne devrait plus tarder.

BasketActu : Tu as ciblé des équipes ?

A.S. : Je veux une équipe qui joue le titre mais bon tout le monde dit « Je joue le titre » (rires). J’ai trois critères : l’aspect sportif, financier et la durée du contrat. Si on arrive à s’entendre sur les trois, y’a de grandes chances que ça se fasse. Je veux signer un contrat à long terme. Tout le monde veut assurer sa sécurité. Les temps sont durs donc si on a l’occasion de signer sur de la longue durée, on réfléchit moins.

BasketActu : Tu étais présent au Run Ball 3×3 à la Réunion la semaine dernière.

A.S. : Oui c’est Georgi qui m’en a informé. Il était déjà en contact avec l’organisateur, il m’a donné de bons retours donc j’ai accepté volontiers de participer. Le but c’est d’en faire un évènement sur du long terme. On voulait promouvoir le basket à La Réunion. Ça s’est bien passé, je m’attendais à voir beaucoup moins de monde.

BasketActu : Tu vas faire ton grand retour au Quai 54 pour la 10ème édition.

A.S. : Exactement avec la Fusion. On a la base mais comme tous les ans, on a des joueurs qui ne peuvent pas être présents. On essaye de les remplacer mais on veut prendre les meilleurs. On a ceux qui partent en équipe nationale, tant mieux pour eux. On est fier de nos frères qui jouent en équipe de France.

BasketActu : Quelle est la composition de ton équipe ?

A.S. : Pour l’instant, bah y’a moi déjà, Sacha Giffa, Mamadou Dia, Yannick Gaillou, William Gradit, Tony Ramphort. Pour le moment, c’est ça. Cette année, c’est l’anniversaire, on sait que ça va être exceptionnel. Hammadoune a toujours fait mieux, années après années. De notre côté, on va devoir remettre les points sur les « i ». L’année dernière, La Relève a gagné, ils ont une très belle équipe et ils ont fait beaucoup de boucan, notamment mon ami Georgi. Toute l’année il a parlé. On a des comptes à régler sur le terrain. Mais y’a aussi d’autres bonnes équipes donc va falloir faire attention. A nous d’être au niveau et de récupérer notre trophée.

BasketActu : Tu fais partie des joueurs qui ont vu naître le Quai 54. Comment l’as-tu vu grandir cet évènement.

A.S. : On était là dès le début. C’est le genre de tournois que tout le monde attendait à l’époque. Y’a pas mal de joueurs pros originaires de la banlieue parisienne et on cherchait tous un endroit où se retrouver pour jouer l’été. On allait à Carpentier et Laumière et y’a eu le Quai 54 ; On a tous accepté de participer à la première édition. Ça a été une énorme surprise, on s’attendait pas à un tel niveau. Et après chaque année, le niveau, l’ambiance, tout a progressé. En 10 ans, Hammadoune a fait du très bon boulot. On est passé d’un tournoi inconnu à un tournoi qui fait l’unanimité.

A la base, c’était payant pour les joueurs. Nous shows ou pas, on est là. On était là hier, on est là aujourd’hui et j’espère qu’on sera là demain. On ne vient pas chercher la notoriété au Quai, on joue en Pro A. On n’a pas besoin de ça pour se faire un nom. Le show, c’est ce qui attire un autre public, ça remplit les gradins. Mais je pense qu’une grande majorité vient quand même voir le basket. On est d’ailleurs les premiers à profiter du show. On l’apprécie comme tout le monde.

BasketActu : Tu es l’une des figures emblématiques du Quai mais tu es également l’un des joueurs majeurs du championnat Pro A. Ce sont deux distinctions qui comptent pour toi ?

A.S. : Ce n’est clairement pas la même chose mais ça a aussi son importance pour moi. Je suis issue de la rue, tous les étés je joue en playground. Je ne me suis jamais caché, j’ai prouvé dans les deux secteurs, que ce soit dans la rue ou en club. J’ai appris énormément dans la rue et en club. Le bagage que j’ai, je l’ai acquis grâce à ces deux univers. Bon, je suis quand même beaucoup plus fier d’un titre de MVP de Pro A parce que j’ai travaillé pour devenir à la base.

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Comments

Commentaires (1)

  1. fishon87

    les temps sont durs. laisse moi rire.