Analyse : France-Espagne à la loupe

Thomas Drouot revient en détail sur la large victoire de l’Espagne face à la France hier soir.

L’équipe de France affrontait une équipe d’Espagne déjà bien en jambes pour son premier match de préparation. En effet, les champions du monde 2006, ont eu beaucoup de réussite en première période avec 45 points inscrits grâce à une belle adresse à 3 points et un jeu rapide efficace.

L’attaque espagnole était très rythmée grâce à un jeu simple, rapide et sans rupture. Pau Gasol très impressionnant en cette première période avec 17 points dont 2 paniers à 3 points. La deuxième mi-temps fut plus « équilibrée », Scariolo faisant tourner son effectif et l’Espagne a développé moins de jeu rapide.

Quels enseignements pouvons nous tirer de cette défaite française ?

Au niveau défensif, l’équipe de France a encaissé 45 points sur les 20 premières minutes. Les extérieurs français ont manqué d’agressivité et perdu de trop nombreux duels. Cela a créé des décalages et a permis à l’Espagne de trouver des tirs ouverts avec beaucoup de réussite.

Les intérieurs français ont eux aussi connu des difficultés, laissant « les Gasol » recevoir des ballons au cœur de la raquette tricolore. Avec des joueurs de ce niveau, il est ensuite presque impossible de les arrêter.

En n’encaissant que 32 points en deuxième période, les Français ont bien réagi même si l’opposition en deuxième mi-temps était moins forte. Les Espagnols ont marqué beaucoup de points sur jeu rapide. Certains replis défensifs français auraient pu être plus performants mais c’est surtout les difficultés offensives de l’équipe de France qui ont alimenté le jeu rapide espagnol.

En attaque, les Bleus se sont montrés très appliqués avec beaucoup de bons ballons intérieurs pour Turiaf, dans les premières minutes du match. Malgré une bonne circulation de balle, les Français ne sont pas en réussite. De Colo rate 2 tirs à 3 points bien amené, et Turiaf rate 2 lancers.

Ensuite, les Français ont montrés une certaine frustration et ont moins partagé le ballon. Ils ont subi la pression défensive des espagnoles et n’ont pas pu « bouger » la balle. Ils ont eu des difficultés à trouver des espaces pour le jeu en pénétration. Ce qui a entrainé certaines actions forcées. Des tirs moins bien construits et des balles perdues ont permis aux Espagnols de développer leur jeu rapide.

En seconde période, le décalage de Diaw en poste 3 a amené des solutions grâce à son avantage physique en poste bas. Un bon passage de Gélabale (9 pts) et un Parker plus agressif (15 pts) ont permis aux Français de faire jeu égal avec les Espagnols.

Au niveau des rotations de joueurs, ce match peut marquer un tournant avec notamment l’utilisation de Diaw au poste 3. Vincent Collet a aussi essayé d’associer ses deux postes 5 (Noah et Turiaf) en début de troisième quart avec une certaine réussite.

Séraphin a pris un avantage sur Traoré qui n’est pas entré en jeu et Kahudi a été utilisé comme joker défensif lors de la première période. M’Baye et Albicy ne sont pas entrés en jeu alors que Diot, sans être brillant, a été appliqué et a bien pris en main son rôle de deuxième meneur.

Les 5 matches du tournoi de Londres devront nous donner un meilleur aperçu du niveau réel de cette équipe de France et nous en dire plus sur les options choisies par Collet.

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