ASVEL vs Paris-Levallois : l’effet Parker

Ce vendredi Tony Parker effectuera son grand retour sur les parquets de Pro A. Un match à la saveur particulière, lui qui affrontera Paris-Levallois, sa précédente formation en France.

Un peu plus d’une décennie, c’est le temps qu’il aura fallu pour voir Tony Parker fouler à nouveau un parquet du Championnat de France en match officiel. Le Lock Out fait des heureux et, disons-le clairement, la Pro A et les supporters français en font partie. Déjà gâtée par le retour de Nicolas Batum, l’élite du basket français aura l’occasion de voir son enfant prodige au moins jusqu’à la fin novembre. Presque un luxe.

Une véritable « Parkermania »

L’emballage médiatique autour de la signature de Tony Parker à l’ASVEL ne s’est d’ailleurs pas faite attendre. La conférence de presse annonçant la signature du meneur de l’équipe de France ne laissait pas de place aux doutes: Parker va remplir les salles. A commencer par l’Astroballe ce vendredi soir. Les billets permettant l’entrée dans l’enceinte villeurbannaise se sont arrachés comme des petits pains, et notamment chez les journalistes. Une donnée rendue public par Bertrand-Régis Louvet dans son blog sur Le Parisien en dit long sur l’engouement médiatique suscité autour de ce match : si habituellement 44 places sont réservées à la presse, le club a reçu 75 demandes d’accréditation. Finalement, ce sont quelques 59 personnes accréditées (dont nous faisons évidement partie) qui seront présentes à l’Astroballe pour couvrir un match ASVEL – PL qui se serait habituellement déroulé dans l’anonymat le plus complet des principaux médiats nationaux. Preuve de ce succès, une équipe du magazine dominical de TF1 « Sept à Huit » sera même présente sur place pour suivre les premières foulées de Tony Parker pour son retour sur un parquet français. Nul doute sur le fait que Stade 2 devrait aussi y consacrer un reportage. Enfin peut être…

Emballement médiatique certes, mais engouement populaire surtout. Les esprits les plus taquins l’auront assurément remarqué : le match se déroulera à guichets fermés, chose que le club villeurbannais n’a que trop peu connu ces dernières années. Même la venue de l’idole américaine Allen Iverson n’avait pas eu droit à un tel privilège. La faute, il faut l’avouer, à une tempête de neige qui avait découragé beaucoup de fans. Toujours est-il que l’atmosphère au sein de l’Astroballe devrait être des plus chaleureuse pour accueillir l’actionnaire-joueur du club. Mascotte funky, ambiance feutrée (malgré quelques fans « ultras » ayant eu, par exemple, le courage d’aller défier les supporters roannais dans la Halle Vacheresse), canons à t-shirts, pom-pom girls… Qu’on se le dise, Tony Parker ne sera pas dépayser. A vrai dire, il fera même office de star américaine venant magnifier le travail marketing de l’équipe dirigeante villeurbannaise ces dernières saisons. Comme quoi, on n’est effectivement jamais aussi bien servi que par soi-même.

Pour fidéliser ce public enfin retrouvé, Tony Parker et l’ASVEL Basket ont vu les choses en grand. Quelques 2.000 maillots à son nom seront distribués aux premiers fans qui investiront les tribunes d’une salle ouvrant 2h30 avant le début du match. L’occasion pour ces supporters d’observer les jeunes espoirs de l’ASVEL et du Paris-Levallois s’affronter pour un match de levée de rideau. Une initiative qu’il convient de saluer car le club met en avant ses jeunes, mais qui annonce aussi une belle marrée verte dans les gradins à l’image de ce qu’il a été possible d’apercevoir la semaine passée du côté de Limoges.

Toutefois, plus qu’un simple match, cette rencontre fera office de vitrine pour le championnat. S’offrant le luxe d’avoir lieu sous le regard de quelques médiats nationaux généralistes, en plus des habituelles caméras de Sport+ nous offrant quant à elles quotidiennement le droit de regarder le basket Pro A, ce « show Parker » si intelligemment orchestré se devra de plaire. Non seulement parce les plus espiègles seront à l’affut du moindre accroc mais aussi parce que ce match sera une formidable publicité pour un championnat à la recherche de son lustre passé.

 

La victoire par le jeu

Pour que ce retour soit une vraie réussite, il faudra que le spectacle soit au rendez-vous. Victoire de le bande à Parker ou non, puisque c’est avant tout l’intérêt du championnat qui nous intéresse, il faudra que le jeu soit au rendez-vous sur le parquet. Presque plus médiatisée que la Finale du dernier Championnat, c’est surtout le contenu du match, encore plus que ses accotés, qui devront convaincre. Loin de cet esprit All-Star Game suscité par l’ambiance entourant le match, c’est avant tout une vraie rencontre de championnat qui aura lieu ce soir.

N’ayant pu prendre part à la défaite encourageante de Lyon-Villeurbanne chez l’ennemi roannais, le meilleur meneur de l’Eurobasket lituanien tentera de lancer la saison de son club dès ce soir.

C’est donc après seulement 5 jours d’entrainements collectifs que Tony Parker va devoir disputer son premier match officiel cette saison. Interrogé par asvelbasket.com, celui-ci semble pourtant plutôt confiant sur son intégration dans la rotation villeurbannaise :

« Je connais un peu le jeu de Pierre (ndlr: le coach Pierre Vincent), je pense donc que je vais trouver ma place facilement. Pour l’instant, c’est à moi de m’adapter au groupe. Je connais déjà tous les joueurs de l’équipe. Les choses se sont faites très simplement ce matin lors de mon arrivée. (…) Je vais essayer d’apporter mon leadership, mon vécu et l’expérience que j’ai pu avoir en NBA et en Equipe de France. »

Plutôt impressionné après un premier entrainement collectif avec son nouveau coéquipier, Kim Tillie confiait, lors d’une interview livrée à Basketnews, être presque dérouté par le niveau de jeu très élevé de son nouveau coéquipier :

« Il faut être attentif: il fait des passes dans de petits intervalles où on n’est pas habitué à attraper la balle. Il m’a fait beaucoup de très bonnes passes dans des situations où j’ai été un peu étonné que la balle arrive dans mes mains. C’est un vrai meneur de jeu avec une très bonne vision de jeu. Dans sa manière de comprendre le jeu, de mener le jeu, il est au dessus. »

Un vrai meneur de jeu, sans doute ce qu’il manquait jusqu’ici à l’ASVEL. Si Phil Goss se devait d’être le nouveau maître à jouer des greens, celui-ci s’était plutôt montré décevant dans ce compartiment du jeu. Le jeune, et extrêmement talentueux, Léo Westermann avait apporté certaines garantis à la mène mais l’arrivée de Parker devrait être salutaire pour le collectif créé par Pierre Vincent. Bien qu’un peu à court  de repères aussi bien physiques que collectifs après les quelques jours de repos bien mérités qu’il s’est attribué à la suite d’un Eurobasket argenté, le nouveau numéro 9 villeurbannais a tout pour déstabiliser les joueurs du Paris-Levallois.

Des joueurs franciliens prévenus et qui s’avancent déterminés en banlieue lyonnaise. Loin de vouloir jouer aux victimes expiatoires, Christophe Denis et ses hommes entendent bien repartir de l’Astroballe avec la victoire. Ce qu’ils avaient d’ailleurs fait lors des deux dernières saisons. Interrogé par nos soins, Trenton Meacham nous confiait d’ailleurs, mercredi dernier, sa vision sur le déroulement de la rencontre de ce soir :

« L’ASVEL est une bonne équipe et maintenant ils ont l’un des meilleurs joueurs au monde sur le terrain avec eux. Ça va être un vrai challenge pour nous. Ça va être dur mais je pense qu’on peut faire quelque chose. »

Absent lors de la première journée de championnat, Philippe Da Silva sait lui à quoi s’attendre  puisqu’il s’est déjà frotté à TP avec l’équipe nationale du Portugal :

« Il est très difficile à défendre, il va très très vite, il a beaucoup d’expérience. Il sait quand il faut amener le danger et quand il faut jouer pour les autres » confiat-il à L’Equipe tv.

Quoiqu’il en soit, le coach du Paris-Levalloirs a les armes  pour faire plus que bousculer le bloc villeurbannais. La semaine passée, l’ASVEL avait souffert à l’aile et au poste de pivot face aux musculeux John Holland et Uche Nsonwu-Amadi. En s’appuyant sur Lamont Hamilton et Jawad Williams, le P-L a les moyens de poser une nouvelle fois des difficultés aux hommes de Pierre Vincent dans ce domaine. Aussi solide que complémentaire, cette équipe de Paris-Levallois a tout pour faire oublier ses déroutes passées. Gare donc à l’excès de confiance côté villeurbannais car c’est en trouble-fête qu’Eric Chartfield, insolent d’adresse face au Havre la semaine passée, et ses coéquipiers se présenteront ce soir à l’Astroballe.

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Comments
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Commentaires (10)

  1. OscarAbine

    C'est Rick Johnson qui est musculeux et pivot, pas John Holland…

  2. Jah

    Il aura le Numéro 9 au moins ?

  3. Q

    dire que j'ai des places et que j'ai même du refuser les places que mon coach me donnait.. J'espère que livio jouera avec les espoirs au moins! Il parait qu'il en a planté 28 a Roanne. Allez j'y vais à toute à l'astroboule! C'est négrita qui fait le déplacement?

  4. hyperoots

    "pour un championnat à la recherche de son lustre passé."

    et moi je recherche mon hallogène …

  5. Gohn

    Prewiew très réussie !

  6. AND11

    Allez PARIS !!!

  7. ti-tony

    quelqu'un a t'il un lien pour le match de TP ce soir?

  8. OJ Tatteo

    Un lien svp?