Kostas Papanikolaou, le chaînon manquant à Barcelone ?

Après avoir remporté deux Euroligue avec l’Olympiacos à seulement 22 ans, Kostas Papanikolaou va tenter voler de ses propres ailes à Barcelone.

Le Barça s’est vengé. Quelques jours après avoir vu Vassilis Spanoulis retourner sa veste, les Blaugranas sont parvenus à chiper au champion d’Europe Kostas Papanikolaou, dont la présence au Pirée avait pourtant été exigée par V-Span au moment de sa prolongation de contrat. En dépit de la renonciation des Houston Rockets, propriétaires des droits du « Pap », à le faire signer cet été, il a suffi d’une petite étincelle. La rumeur court, les Hawks d’Atlanta visent le Grec de 22 ans et sont prêts à y mettre le paquet : 4,7 millions de dollars. Le brasier prend forme. Papanikolaou n’a rien contre le fait de rester au Pirée mais il veut être prolongé. Ou plus exactement : être augmenté. L’Oly n’a plus les moyens, V-Span a tout pris.

Le CSKA Moscou sort le chéquier puis se heurte à sa clause libératoire chiffrée au million et demi d’euros. Les Russes reculent, le Barça profite de l’appel d’air pour s’engouffrer dans la brèche. Le meilleur espoir de l’Euroleague 2012-13 signe un bail de trois ans à 5,5 millions d’euros, assorti d’un bon de sortie à un million d’euros en fin de saison prochaine, 750 000€ pour celle d’après. Rien que ça.

Fear the Beard

Déjà connu par les fans hellènes à 16 ans, le gamin a fait ses classes avec la fameuse génération 89-90. Champion d’Europe U18 en 2008, Vice-champion du monde U20 et d’Europe en U19 l’année suivante, K-Pap brille aux côtés des Koufos, Pappas et autres Sloukas. Tantôt ailier-fort, tantôt poste 3, le gaucher reçoit le titre de meilleur espoir de l’A1 2008-2009 alors qu’il n’a disputé que deux petits bouts de match avec l’Aris Salonique. Logique.

Le Panathinaiks lui fait les yeux doux mais ne veut offrir le million d’euros demandé par le club de Mars. L’Olympiacos rafle la mise. Le gamin de Trikala part achever sa formation dans le port d’Athènes, ne devant se contenter pour ce faire que des miettes de temps de jeu laissées par Josh Childress et Linas Kleiza.

Giannakis est dégagé, les frères Angelopoulos retirent peu à peu leurs billes et Dusan Ivkovic débarque.

« Au début de la saison, il était tellement nerveux que je pensais qu’il allait faire des convulsions. Il avait des problèmes avec son métabolisme. Il devait faire 107 kilos et ses mains tremblaient quand il était sur le parquet. Un jour, je l’ai pris à part et je lui ai dit ‘si je te revois un jour te tirer les cheveux après un shoot manqué, je te tue !’ », avouait Ivkovic à Sentragoal.

Duda a son franc parlé et l’œil bienveillant. Le vieux serbe a coaché des générations de joueurs qu’il a conduit au sommet. Avec lui, c’est « marche ou crève ». Milos Teodosic et Mario Keselj, deux de ses chouchous, l’ont souvent appris à leurs dépens.

« On l’a fixé au poste de small forward, il a beaucoup travaillé, il s’est grandement amélioré. Il a été très important dans tous nos succès. Il n’est pas Toni Kukoc, mais il peut encore énormément progresser ».

Le Pap s’impose une ligne de conduite dont il ne dévie pas. Proche du stakhanovisme de Dimitris Diamantidis, l’ailier squatte le SEF l’été pour bosser son shoot et n’hésite pas à faire du rab avant et après les entraînements collectifs. Il n’a pas le génie de Toni Kukoc mais est, à l’instar d’Andres Nocioni, animé par ce soupçon de folie frénétique que l’on appelle « la Grinta ».

Le nouveau Pete Mickeal ?

Chargé d’apporter son énergie et sa défense à l’aile, adoré par des fans qui louent à qui mieux-mieux son sens du sacrifice, il semble se transfigurer dans la touffeur du SEF pour enfin montrer toute l’étendue de son talent. Spectaculaire à souhait, agressif dans l’attaque du cercle, d’une adresse diabolique derrière la ligne à trois points, le Pap devient, lorsqu’il arrive dans la zone rouge, l’un des joueurs les plus inarrêtables du vieux continent. Le CSKA Moscou a payé cher pour l’apprendre en finale de l’Euroleague, le BC Khimki en a été écœuré dans un match aussi somptueux que décisif en avril dernier.

Xavi Pascual est un coach extrêmement intelligent. En misant sur Papanikolaou, il a tapé sur un ailier apte à contenir Rudy Fernandez et Tremmell Darden, deux joueurs qui, grâce à leurs qualités athlétiques, avaient mis à mal le FC Barcelone en finale du dernier championnat.

Reste que, dans un Barça en quête de renouveau, après une année marquée par les blessures à répétition, Pap aura la lourde tâche de remplacer Pete Mickeal.

L’Américain de 35 ans a connu la fin de carrière qu’il ne méritait pas. Remplacé au bout de huit petites minutes de jeu par Xavi Pascual, celui qui est pourtant le chouchou du coach fait savoir son mécontentement face caméras. Benché le reste du match, il se verra contraint, quelques heures plus tard, de mettre sa carrière entre parenthèses à cause de soucis pulmonaires.

L’ancien ailier de Saski Baskonia était la clé de voûte du système blaugrana, de par sa faculté à pénétrer « en force » pour libérer de l’espace pour Erazem Lorbek ou sanctionner dans la peinture grâce à sa petite patte gauche. Un joueur, aussi, capable de défendre le fer, de suivre les jeunes jambes des swingmen adverses et de sanctionner en isolation. Un scoreur devenu une sorte de « key rôle player ».

Pour vraiment prendre sa place dans le jeu azulgrana, Papanikolaou va, lui, devoir faire le chemin inverse et apprendre à se faire violence. La seule interrogation autour de l’intégration du Grec dans son nouveau club se situe très certainement ici.

Papanikolaou vient pour découvrir un nouvel environnement et achever sa formation avant de découvrir la NBA.

« L’opportunité de jouer en NBA m’intéresse, ça me permettrait de tester mes qualités dans le modèle américain. C’est quelque chose que je me dois de faire. Mais je ne suis pas pressé ! Mon agent et les scouts NBA qui m’ont approché pense que je m’améliorerais à tous les niveaux en restant en Europe. C’est aussi mon opinion. Je vais devenir bien meilleur, » déclarait-il peu avant sa draft en 2012. « Quand j’irai en NBA, je serai prêt ».

Les Rockets tiennent là une perle. N’en déplaise aux Knicks ou aux Blazers qui se sont séparés de ses droits.

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Comments
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Commentaires (1)

  1. yome

    Le problème a Barcelone est que ça a vite tendance à être déséquilibré et à ne jouer qu'extérieur en attaque. Quand Mickeal était là, le jeu était un peu mieux équilibré. Papanikolaou étant plus un shooteur, le jeu Barcelonais restera déséquilibré.
    Pourtant y a toujours eu du monde dessous au Barça. Pour moi, le problème vient clairement de Pascual. Un bon coach, mais pas un grand coach.