Beugnot « Nous étions persuadés de tomber dans un traquenard »

Gregor Beugnot revient pour nous sur le quart de finale de l’EdF et sur ce qui l’attend désormais.

BasketSession : Quel est votre avis sur ce match ?
Gregor Beugnot : Match à énorme pression, ça s’est vu dès le début. Avec des Grecs comme on les attendait, c’est-à-dire en train de casser en permanence le rythme, d’éviter de jouer sur un gros score, ce qui aurait permis aux Français certainement de se libérer un petit peu plus en ayant plus de rentabilité. Mais ils sont restés dans leur ligne conductrice : défendre, des stratégies avec des zones, des situations où l’on voulait volontairement casser le timing de l’équipe de France et surtout des gestions offensives pour soit utiliser les points forts, ce qui était le cas avec Bourousis en position préférentielle et on a souffert sur le poste intérieur, soit en jouant le chrono, en provoquant des fautes et récupérant d’autres possessions. On s’attendait à un match serré, l’intérêt pour nous sur les matches à pression comme ça, c’est que ça demande que les joueurs aient une croyance énorme dans ce qu’ils font et, même si Tony Parker et Nicolas Batum à la fin ont été certainement les deux joueurs les plus rentables, on a quand même eu une équipe de France très solidaire, croyant dans ce quelle faisait, avec l’investissement nécessaire. Les trois dernières minutes, défensivement, sont extraordinaires pour créer le doute chez les Grecs et on a réussi à les faire douter, ce qui est quelque chose d’extraordinaire puisqu’ils ont l’habitude de jouer comme ça. Et puis le banc a encore bien apporté, on a eu un bon Flo Pietrus, il a apporté sa verticalité, ses rebonds, des situations où il a ressorti des ballons sur Batum pour des tirs.

« Nous étions persuadés de tomber dans un traquenard »

On a un De Colo qui attire, on a une équipe de France qui transpire la sérénité, parce que je pense que, pour ce match-là, ils ont dû se mettre énormément de pression. C’était le match le plus important pour crédibiliser les choix qui avaient été fait contre l’Espagne, pour se donner la possibilité de jouer une demi-finale. Aujourd’hui, ce n’est que du bonheur parce qu’ils sont arrivés à leur fin. Mais on a gagné le match avec d’autres qualités que les qualités que nous avions montrées sur les deux premiers tours, et je pense aussi que c’est très important.

BasketSession : Est-ce que ça peut être un tournant pour l’EdF de gagner de cette manière là ?
GB : Oui, dans le sens où, quand on a un comportement comme ça, c’est qu’on ne se voit pas aussi bon que l’on est et qu’on se met aussi à un moment dans la peau d’un outsider. On a eu le cas avant-hier de la Macédoine contre la Lituanie qui a mené une fois dans le match et qui est venu l’emporter à la fin. On voit que certaines équipes se mettent la pression, la Lituanie hélas est éliminée et c’est presque un deuil national. Ils se sont mis beaucoup de pression à la fin et quand il y a de la pression on est en général moins adroit. Curieusement, alors que « la force » de la France n’est pas dans le tir extérieur, on a vu à la fin hier que ce Batum et Parker ont su rentrer leurs tirs. Ça veut dire qu’il y a quand même cette forme de sérénité et qu’on n’a pas abordé le match en étant persuadé que nous allions battre les Grecs. Nous étions persuadés de tomber dans un traquenard, et nous étions fixés sur l’objectif, fixés sur la victoire. On n’a jamais senti le doute bien que les Grecs aient résisté jusqu’à trois minutes de la fin. Ça veut dire que l’approche est bonne, que l’équipe a cette volonté de vouloir rester unie dans les moments difficiles, qu’intrinsèquement il s’est passé des choses et que collectivement on a un groupe qui croit en lui. Ça veut dire qu’il doit y avoir une très bonne ambiance et que le message qui est passé est bien enregistré par tout le monde. Si nous n’avions pas été prêts dans les têtes pour ce match-là, nous l’aurions perdu.

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Comments

Commentaires (1)

  1. OscarAbine

    Chouette analyse, comme d'hab…