Billy Donovan (Coach USA U19): « Fier de mes joueurs ! »

Réactions et analyse de l’entraîneur de Team USA, qui a ramené la Médaille d’Or du Championnat du Monde U19

Billy DonovanC’est un Billy Donovan fatigué mais heureux de la victoire de son équipe contre la Serbie (82-68), qui s’est rendu en zone mixte, après la remise du trophée et des médailles.

Il y a abordé ce qui a constitué pour lui une clé du match mais y a aussi parlé des variables étant entrées en compte dans la constitution de l’effectif américain (où deux joueurs, Aaron Gordon et Jahlil Okafor, faisait partie du Meilleur Cinq du Tournoi).  Il a pu aussi donner son avis sur le basket international en général, après cette finale contre la Serbie du génial meneur, Micic, et sur l’impact de cette victoire sur les fans aux Etats-Unis.

Vous avez pu lire la première partie de sa réaction ce matin dans le report de la finale.

 

Coach Donovan, quelles sont vos impressions sur cette finale et quelle fut la clé de votre victoire?

Billy Donovan: Je pense que la différence pour nous dans le match a été que Gordon, Smart et Winslow ont eu un problème de fautes dès la première mi-temps. On n’a pas donc pu presser de la façon dont on voulait. En 2ème mi-temps, nous avons aligné un 5 plus petit avec Gordon, Harrell et Winslow et j’ai trouvé que nous étions beaucoup plus embêtant pour l’adversaire en défense. On les a un peu sortis de leur rythme, on a pu switcher en défense. J’ai trouvé que notre rapidité et notre vitesse ont été des facteurs déterminants en deuxième mi-temps.

Gordon_U19

Que dire d’Aaron Gordon, le MVP du Tournoi?

Il a très bien joué. Le truc c’est que cette génération des Moins de 19 a été un vrai challenge pour les USA. Il y a beaucoup de joueurs qui partent en NBA. Marcus Smart aurait pu être l’un d’entre-eux mais il a décidé de refaire une année. Puis vous avez aussi des joueurs qui doivent faire des classes d’été, à cause de leurs résultats scolaires. Donc, ça a toujours été difficile pour les Etats-Unis de rivaliser au plus haut niveau dans cette catégorie d’âge. Gordon, Okafor, William-Goss et Winslow, ces 4 joueurs surclassés, ont changé la dimension physique de notre équipe.

 

Beaucoup d’Américains ne suivent pas vraiment ce qui se passe en lors de ces Championnats d’Europe ou du Monde. Quel est l’aspect sur lequel vous voudriez insister pour que les Américains les apprécient à leur juste valeur?

On peut voir que, par exemple, pendant la draft NBA, beaucoup de joueurs étrangers qui sont choisis et que même les fans ne connaissent pas. Et ce que vous réalisez lorsque vous participez à ces Championnats du Monde, c’est à quel point le monde entier joue bien au basket et combien d’excellents joueurs se trouvent en dehors du territoire américain. Vous pouvez voir Saric jouer ou le meneur de Serbie (Micic, ndlr), ou bien Exum, un grand nombre de joueurs très talentueux ici qui seront certainement draftés dans les années futures et que pas mal de fans aux Etats-Unis ne connaissent pas. Donc, ce que j’espère, c’est que, tout autant qu’ils regardent les Jeux Olympiques avec la Dream Team, les Américains suivent ces Championnats du Monde pour pouvoir s’identifier avec ces joueurs qui joueront en NBA mais qui ne sont pas Américains.

 

Contrairement à 2011 (La Lituanie de Valanciunas avait gagné, les Etats-Unis étaient arrivés 5ème, ndlr), les Etats-Unis ont vraiment dominé cette année. Est-ce que cela avait un parfum de Dream Team?

Je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre en venant ici. Je n’en avais aucune idée. J’avais entendu parler de quelques équipes. On m’avait dit que ce serait totalement différent du Tournoi des Amériques que l’on avait gagné assez facilement. On a pris un excellent départ et on a eu une vraie piqûre de rappel avec ce match contre le Brésil parce que, jusque-là, on gagnait nos matches de 50-55 points. Et on a pas vraiment bien joué contre le Bresil, avec une avance de seulement 6 points à la pause. On a fini par gagner de 26 points mais ce n’était pas l’un de nos meilleurs matches. Je trouve que l’on s’est amelioré après ce match jusqu’à la fin du Tournoi. Mais j’avais entendu parler de la Croatie, de la Lituanie, de la Serbie, on m’avait dit que ces équipes étaient vraiment très fortes. On n‘a pas joué contre la Croatie mais la Lituanie a été bonne et la Serbie a vraiment une super équipe. Ils font de l’excellent boulot. Et ce dont je suis le plus fier par rapport à notre équipe, c’est que ces équipes étrangères ont eu une longue préparation pour ce Championnat du Monde, alors que nous n’avons eu que 10 jours pour nous entrainer. Le fait que nos joueurs aient vraiment constitué une equipe, aient adhéré au projet en étant collectif et en essayant de jouer ensemble, en courant et en pressant ensemble, j’ai trouvé cela fabuleux.

 

 

Donovan_HarrellA ce propos, ces autres équipes, elles jouent ensemble depuis les U15-U16. Même en étant jeunes, ils jouent ensemble depuis des années, alors que, vous, vous constituez seulement votre équipe pour ce Championnat.

C’est dur. Il faut avoir un sacré groupe de garçons pour comprendre ce qu’est la durée du Tournoi, mais aussi combien de temps vous allez être loin de chez vous, l’effort que cela va demander, et combien il va être dur de s’imposer aux autres équipes qui jouent ensemble depuis déjà quelques années. On ne va pas pouvoir être plus rodés qu’eux donc je pense que ce qu’il faut faire, c’est de jouer un style de jeu perturbateur pour eux, un style de jeu auquel ils n’ont jamais vraiment été confrontés. Vous choisissez vos joueurs en fonction de leur qualités athlétiques et de leur rapidité d’execution pour pouvoir proposer ce style de jeu perturbateur pour vos adversaires.

 

C’est dans cet état d’esprit que vous avez donc choisi votre effectif? Est-ce que vous avez eu beaucoup d’influence sur la sélection des joueurs?

Vous savez, c’est Team USA, donc il y a beaucoup de gens impliqués dans le processus de sélection. Il y a quelques très bons joueurs qui auraient pu être selectionnés mais la chose qui m’inquiétait le plus, ce n’était pas notre talent, je pense que l’on en avait,  mais c’était de choisir des joueurs mûrs, capables de comprendre les sacrifices à faire et d’être collectif mais aussi d’avoir le sérieux nécessaire pour rester concentré à chaque match alors que vous êtes loin de chez vous depuis si longtemps. Je suis vraiment fier de la façon dont nos garcons se sont comportés, ils ont montré de la classe.

 

Le coach de la Serbie, Mijatovic, est un homme extraordinaire, très intelligent. Avez-vous eu la chance d’échanger avec lui? Qu’allez-vous ramener avec vous à Florida de cette experience?

Je vais rester en contact avec lui. Voir la facon dont ces équipes jouent en attaque, la pureté et l’agilité dont il font preuve dans leurs mouvements vers le panier, les differents systèmes qu’ils ont en attaque, c’est vraiment du beau travail. Je pense que l’on peut s’en servir et l’appliquer à notre jeu universitaire. J’ai vraiment appris beaucoup, des choses que l’on n’apprend pas aux Etats-Unis. C’était une expérience enrichissante. J’ai dit au coach serbe qu’il faisait un travail formidable. Son equipe est très disciplinée et bien coachée, elle joue très dur et cela a été très dur pour nous de les battre. J’ai énormément de respect pour lui.

 

Pour les joueurs, qu’est-ce toute cette expérience de venir jouer un tournoi à l’étranger a pu leur apporter?

C’est pour ca que vous devez avoir des joueurs assez mûrs. C’est probablement pour eux le plus long séjour loin de chez eux qu’ils aient eu à faire dans leur vie jusque-là, pour ceux qui n’étaient pas à l’université. Vous devez le comprendre et faire preuve de maturité. C’est une routine monotone, un tournoi comme ça.  Pendant 15 jours d‘affilée, on a pris le petit-déjeuner à 10h du matin, à 10h30 c’était la reunion du staff, à 11h30 le shootaround, on avait le match ensuite. On a passé 15 jours à l’hôtel avec 6h de décalage horaire. On y a donc pensé lorsque l’on a choisi les joueurs pour pouvoir choisir ceux qui pourraient maîtriser ces variables.

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