Boris Diaw : « On espère que ça va déclencher quelque chose »

Boris Diaw a livré ses impressions à la presse sur le titre et sur l’engouement autour des Bleus depuis leur retour en France, hier.

boris-diaw-france-EDFA peine rentré en France, Boris Diaw n’a pas encore eu le temps de s’accorder du repos. Le capitaine de l’équipe de France enchaîne, au même titre que son coéquipier et ami Tony Parker, les conférences de presse. Nous avons ainsi pu rencontrer le joueur des San Antonio Spurs pour une session d’interviews organisée par Nike.

Deux jours sont passés depuis la finale, est-ce que tu as pu réfléchir à ce titre et à ce qu’il représente pour toi ?

« Je ne suis pas sûr que l’on ait complètement réalisé même si ça fait déjà deux jours. On n’arrête pas, on est à gauche, à droite. Je pense qu’il va falloir que je me pose chez moi pour vraiment prendre conscience. On a vu l’engouement des gens, on était attendu à l’aéroport, à l’hôtel, au resto puis au Queen. On a ressenti une grosse fierté par rapport à tout ça. »

C’était une surprise de voir un tel engouement en France ?

« On avait déjà commencé un peu y’a deux ans, c’était déjà historique d’être en finale donc c’est vrai que le fait de gagner ça l’est encore plus. Maintenant on ne sait pas jusqu’où va s’étendre cette médiatisation car on sait qu’on a touché les fans de basket mais maintenant y’a le plus grand public. Le but c’est de toucher le plus de monde possible. »

Comment le basket français peut-il profiter de ce titre pour se développer ?

« Il faut se rendre disponible pour en discuter, pour faire partager cette passion. C’est ce genre de victoire qui peut inspirer les jeunes, les gamins qui peuvent rêver en voyant ces moments-là. C’est le but aussi, de gagner des titres en équipe nationale pour que le basket se développe. Aujourd’hui c’est fait. On espère que ça va déclencher quelque chose, y’a quand même plusieurs joueurs de l’équipe qui joue en pro A donc le but c’est que ça se médiatise de plus en plus. Il faut donner envie aux gens de voir plus de basket à la télé. »

Le titre dépasse t-il le cadre du sport ?

« Oui je pense, rien que le fait que l’on soit reçu à l’Elysée, c’est la preuve que l’on représente la France dans son ensemble. C’est aussi ça le fait de jouer en équipe nationale, plutôt que de gagner un titre dans son championnat national ou aux Etats-Unis, là on représente toute la France. »

On t’as senti beaucoup plus agressif en attaque durant cet Euro, comment l’expliques-tu ?

« Je suis un peu un couteau suisse donc j’essaye de m’adapter aux besoin de l’équipe. J’ai senti le besoin d’amener des points à l’intérieur et de provoquer des fautes. Je me suis surtout adapté aux besoins de l’équipe de France. »

Quand on voit la dimension qu’à pris Alexis Ajinça, est-ce que ce n’est pas dommage pour Kevin Séraphin d’avoir privilégié le fait de s’entraîner dans son coin ?

« Chacun choisit sa route, son chemin. C’est vrai qu’Alexis a beaucoup progressé durant l’Euro. Moi, personnellement – mais ce n’est qu’un avis perso – je pense que c’est un sport d’équipe. On progresse en équipe, pas tout seul avec un ballon. On progresse dans un jeu, dans un collectif donc le fait de jouer sur la grande scène européenne, dans un championnat d’Europe, c’est ce qu’il y a de mieux pour évoluer. »

Conseilles-tu à un jeune joueur de rester en pro A pour emmagasiner du temps de jeu ou de tenter sa chance en NBA quitte à ne pas jouer ? 

« Il faut venir quand on est prêt. Après ça prend plus ou moins de temps. Tony était prêt à 18 ans. Un garçon comme Alexis Ajinça est venu trop tôt et il est reparti en Europe. Il est un joueur bien différent de celui qui était avec moi à Charlotte. Il faut rester en Pro A pour arriver à maturité. Il y a environ 400 joueurs en NBA, 60 nouveaux arrivent chaque année donc on sait qu’il y en a 60 qui doivent partir, c’est très compétitif. »

Comment qualifies-tu la progression de l’équipe de France depuis dix ans ?

Je pense pas qu’il y ait eu un déclic cette année par rapport aux campagnes précédentes, c’est une progression linéaire. Après, il y a des hauts et des bas mais tant que ça monte, ça va. On peut monter trois marches puis en descendre une, l’essentiel c’est de ne pas descendre tout en bas. Il y a eu des victoires et des défaites et ça nous a servit d’expérience. On a gagné une médaille de bronze, une médaille d’argent et maintenant c’est la consécration mais c’est vraiment le travail d’une décennie.

Le départ de Vincent Collet aurait-il cassé quelque chose ?

« Forcément car chaque entraîneur a une manière différente de travailler. Depuis 2009 on a pris des habitudes de travail avec Vincent, donc oui ça aurait changé quelque chose. Maintenant, le groupe France doit perdurer. Il arrêtera bien un jour (rires). Il y aura aussi des départs de certains joueurs à la retraite mais le groupe doit perdurer. »

Tu penses parfois à la retraite ?

« Ben forcément, je suis plus proche de la fin que du début mais je ne met pas une date en tête. Je n’ai pas encerclé une date sur le calendrier, c’est plus physiquement, tant que je pourrais apporter quelque chose dans l’équipe je vais continuer à jouer. »

Comment fait-on pour tenir le coup physiquement avec des saisons aussi longues ?

« C’est aussi mental. Faut savoir couper. Moi par exemple j’aime bien aller en safari en Afrique du Sud, pas de portable, pas d’appels… moi, c’est comme ça que je coupe. »

Quel est ton programme avant la reprise de la saison ?

« On reprend lundi… donc demain je pars à Bordeaux et je reste deux, trois jours là-bas. Je vais assister au premier match de la saison de Bordeaux puis dimanche matin je repars à San Antonio. »

Quel est l’écho de ce titre européen aux Etats-Unis ?

« Ils regardent de plus en plus les matches. La compétition était notamment retransmise sur ESPN 3. C’est de plus en plus médiatisé, ils passent même les finales de l’Euroligue maintenant et ce n’était pas le cas avant. »

 

 

 

 

 

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Commentaires (1)

  1. GW

    Premier élement de réponse avec le sondage de l’Equipe « Le titre européen de l’équipe de France de basket vous donne-t-il plus envie de suivre la Pro A ? »

    75% des votants ont répondu NON

    On espère que la FFBB fera le plein de licences, le reste profitera à BeInSport et à la NBA malheureusement…