Boris Diaw : « Popovich partage la même philosophie de basket que moi »

La suite de l’entretien avec Boris Diaw.

Est ce que tu peux nous parler du fait que Popovich disait qu’il avait été surpris par ta qualité défensive ? De plus, on t’a souvent reproché par le passé de ne pas assez shooter, dans cette équipe il semble que ton rôle décrit comme celui d’un facilitateur soit vraiment apprécié…

Boris Diaw : Ça fait plaisir, je suis content de voir que Popovich voit que je peux défendre, apparemment il n’était pas au courant. Je pense que c’est peut-être parce que les fois où il m’avait le plus vu c’était avec Phoenix et qu’on n’avait pas la réputation d’être une équipe défensive, même si je pense que c’était une fausse réputation c’est juste qu’on avait un tempo de jeu qui faisait qu’on encaissait beaucoup de points même si on défendait quand même. Donc je suis content qu’il ait vu que je puisse défendre, et puis ensuite je pense que dans ce schéma d’équipe on a déjà beaucoup de créateurs, beaucoup de finisseurs. Tim Ducan qui est capable de scorer à l’intérieur, on a Tony qui score sur toutes les pénétrations et les pick-and-roll, Ginobili aussi. On n’a pas vraiment besoin de scoring. Donc ça me permet de rester dans un rôle de facilitateur et de prendre un shoot de temps en temps quand je suis ouvert.

Est-ce que tu prends vraiment du plaisir avec cette équipe ? C’est l’impression qu’on a de l’extérieur…
Oui, bien sûr beaucoup de plaisir. C’est vrai, c’est une équipe qui joue très bien au basket et c’est vraiment en adéquation avec ma philosophie et c’est pour ça que j’ai choisi San Antonio. A partir du moment où j’étais libre de mon contrat, j’avais plusieurs choix et j’ai choisi San Antonio parce que je savais que Popovich partageait un petit peu la même philosophie de basket que moi.

Comment est-ce qu’on se sent dans la peau d’ancien dans un cinq quasi uniquement composé de trentenaires ?
Il y a un bon équilibre dans cette équipe justement entre l’expérience des anciens et les nouveaux qui arrivent. Dans le cinq majeur il y a Kawhi Leonard qui a 19 ans et qui vient d’être drafté donc il est rookie. Il y a Danny Green qui est assez jeune aussi. Il y a un bon équilibre à mon avis entre la jeune et l’ancienne génération.

Est-ce que vous parlez encore de l’expérience de l’an passé, du 1er tour des playoffs ?
C’est vrai que ça reste pas mal en tête le premier tour de l’année dernière. Il faut que l’on aborde sérieusement le premier tour et ne pas se dire que parce que l’on est premier à l’Ouest et que l’on affronte les huitièmes, ça va être un match facile puisque ce n’est jamais facile de toute façon. Il y a vraiment une concentration je pense par rapport à ça, à cause de l’expérience de l’année dernière. On sent également une certaine rancune envers Memphis qui avait créé la surprise de l’année dernière et qui avait sorti San Antonio. Les anciens se souviennent bien de cette série-là.

Est-ce que tu peux dire les forces en présences à Utah ?
Utah c’est une équipe qu’il faut que l’on arrive surtout à battre à l’intérieur, ils ont deux très forts joueurs à l’intérieur et d’expérience avec Jefferson et Millsap. Donc il faut déjà que l’on arrive à gagner la bataille du rebond et après éviter les contre-attaques. Je pense que c’est ça, sur le premier tour, qui nous a surtout fait mal. Si on arrive à faire ça, on devrait gagner les matches.

Quand tu vois la saison que fait Tony Parker aux Spurs, est-ce que tu as l’impression qu’il est au sommet de son art, que c’est la saison la plus aboutie pour lui en ce moment ?
Oui je le pense, on arrive vraiment à l’âge où la courbe de l’expérience croise celle des qualités athlétiques, donc c’est vrai que Tony à ce moment de sa carrière arrive au sommet des deux. Ça se voit sur le terrain qu’il a gagné en maturité et donc c’est pour cela qu’il fait une aussi belle saison.

Comment as-tu vécu les premiers mois de la saison à Charlotte, as-tu été démoralisé ? Est-ce que tu as été soulagé de pouvoir partir de Charlotte ? Est-ce que tu en veux à ton ancien coach Paul Silas pour les commentaires qui n’avaient pas été très sympathiques pendant les derniers temps où tu étais là-bas ?
Démoralisé non, il faut toujours garder la tête haute. Ce n’est jamais facile de gagner de toute façon. Il faut le dire, on a perdu beaucoup de matches mais il faut toujours garder la tête haute, toujours continuer et ne pas se morfondre. J’ai la chance de faire le métier que j’aime mais on espère toujours être dans une équipe qui gagne, qui joue le titre et donc oui je suis content de pouvoir aider ici à San Antonio en fin de saison. Après, le but ce n’est pas de pointer du doigt les choses qui n’allaient pas. J’accepte de toute façon les critiques à mon égard, qu’elles soient bonnes ou mauvaises. Donc ce n’est pas une chose qui m’a affecté particulièrement.

Claude Bergeaud est en contact avec Antibes et Pau. Qu’est-ce qu’il en est de ton côté ?
On ne s’est pas encore prononcé là-dessus. C’est normal que Claude Bergeaud ait des contacts, c’est un coach d’une très grande qualité. On a encore vu ce qu’il a fait cette année, ce qu’il a réussi à apporter au club. De toute façon, on savait au moment où on a signé qu’il aurait des propositions à droite et à gauche. Il en avait déjà quand il a choisi de signer ici à Bordeaux. On verra, on attend quand même que la saison continue et puis on verra ce qu’il en est.

Es-tu optimiste ou pas pour qu’il reste ?
Optimiste je ne sais pas, ça dépend des propositions, etc. On verra, mais de toute façon ça sera un bon choix quel qu’il soit.

Comptes-tu rester à San Antonio la saison prochaine ? Est-ce qu’il y a des discussions dans ce sens ?
Je ne sais pas trop, on va voir. On va attendre déjà la fin de saison, voir comment ça se passe. Maintenant, c’est sûr que je suis bien à San Antonio et que ça se passe bien pour l’instant. Après, je ne sais pas si je serai dans leurs plans et puis on verra bien sûr en fonction des propositions à la fin de la saison.

Comment as-tu été accueilli à San Antonio ?
Très bien, ça se passe très bien depuis le début. C’est vrai que ça facilite les choses d’avoir Tony ici à San Antonio avec moi. Ça se passe très bien au niveau de la vie, de la ville et de l’équipe. Les joueurs sont sympas.

Qu’est-ce que tu penses des premières journées des playoffs ? Est-ce que tu penses qu’avec la blessure de Derrick Rose, Miami est sur un boulevard à l’Est ?
A l’Est, la blessure de Derrick Rose change quand même pas mal de choses à mon avis pour Chicago, puisque c’est quand même l’une des pierres angulaires de cette équipe. Donc oui, forcément, Miami devient favori à l’Est mais bon je pense qu’il faut attendre pour voir ce qui se passe. On ne sait jamais ce qui se passe avec les playoffs. Il y a toujours des surprises de toutes façons donc on verra au fur et à mesure.

Qu’est-ce qui t’a le plus impressionné en arrivant à San Antonio ?
Je pense que ce sont les fans. Ils sont vraiment à fond derrière l’équipe, on le sent bien. Il n’y a pas de sport majeur, il n’y a pas d’équipe de foot et de baseball donc la ville vit un peu au rythme de l’équipe. On le voit surtout là sur les premiers matches des playoffs, il y a vraiment une grosse ambiance dans la salle.

Niveau confiance et sérénité, c’est quelque chose de jamais vu ailleurs pour entamer ces playoffs ?
Oui, c’est vrai qu’il y a beaucoup de confiance et de sérénité, que ça soit au niveau du staff ou que ça soit au niveau des joueurs. Maintenant, il faut quand même toujours une partie d’appréhension saine de l’équipe adverse. Il faut toujours la redouter pour ne pas justement se faire piéger. Il faut être présent et Popovich nous le rappelle toujours, il faut être humble et attaquer les matches avec beaucoup d’humilité.

Est-ce qu’un mois ça te parait suffisant pour préparer l’échéance des JO si un joueur va en finale NBA ?
Ça dépend ce que l’on appelle préparation. Je pense que les préparations à rallonge sont de moins en moins fréquentes. On l’a vu sur nos préparations passées : il y a déjà la préparation physique dans un premier temps pour pouvoir arriver au top niveau au moment des JO et ensuite la préparation au niveau de l’équipe. Je pense que pour la préparation technique, il n’y a pas besoin de plus d’un mois. Au bout d’un mois, on arrive à se connaitre pour les joueurs qui ne se connaissent pas. On a la chance quand même d’avoir une grosse ossature avec les joueurs qui ont déjà joué ensemble l’année dernière. Ensuite, pour la préparation physique c’est sûr que pour ceux qui vont arriver fin juin, ils seront prêt physiquement donc il n’y aura pas de problème à ce niveau-là à mon avis.

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