La Bundesliga : un modèle pas si intéressant que ça ?

La Bundesliga semble avoir dépassé la Pro A, mais l’Allemagne n’est peut être pas un bon exemple à suivre.

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On a tous déjà entendu un fin connaisseur de notre entourage déclarer : « La Bundesliga c’est le championnat du futur ». Il est vrai qu’au foot, ce championnat a le vent en poupe. Le Bayern Munich a remporté la Ligue des Champions, les stades sont magnifiques et de plus en plus de stars rejoignent le pays où Franck Ribéry est une idole.

Au basket, on assiste au même phénomène. Plus lentement certes mais la Bundesliga est appréciée par les grandes instances du basket européen. L’O2 World de Berlin a déjà accueilli le Final Four de l’Euroleague et est l’un des plus beaux écrins de notre continent (14 500 places). Bamberg joue également la prestigieuse compétition dans sa Stechert Arena (6800 places) et les salles d’Oldenburg, de Bonn ou du Bayern de Munich dépassent elles aussi les 6000 places. Largement aux normes pour obtenir les faveurs des instances européennes. Lors de la dernière Euroleague, l’Allemagne a d’ailleurs placé ses deux représentants au Top16 (Bamberg 0V-14D et Alba Berlin 4V-10D). Tout à l’air d’aller bien pour les descendants de Goethe qui ont les structures et les financements adaptés pour se faire une place en Europe.

Sauf que lorsqu’on y regarde de plus près, ces clubs ont un petit souci : les joueurs allemands, dont le rôle est restreint. Ils n’ont que trop peu d’impact sur le jeu. Là où le foot a très bien su redresser la pente en se basant sur la formation d’une génération exceptionnelle (Müller, Götze, Kroos, Reus, etc.), le basket ne laisse que trop peu de place aux Allemands. On le sait, dans ce cas là, il est difficile de suivre un championnat. Bien sûr, il y a le contre exemple Dennis Shröder performant avec Braunschweig (12 points par match la saison dernière), mais le néo-Hawk s’apparente plutôt à un Tony Parker. Le type de joueur que l’on ne forme qu’une fois par décennie. Les jeunes (Kleber, Neumann, Theis et même Staiger même s’il est plus vieux que les précédents) sont intéressants mais trop peu nombreux.

A titre d’exemple, le Bayern et Brose Baskets Bamberg se sont affrontés en finale des play-offs avec 6 étrangers chacun sur la feuille de match. Et dans le Top 10 des meilleurs marqueurs du championnat la saison dernière, seul Anton Gavel avait un passeport allemand. Inutile de préciser que la même statistique existe avec les rebondeurs (Johannes Lischka est le 1er allemand et se trouve à la 10e place du classement).

La Pro A a enclenché le processus pour réduire le nombre d’étrangers et donner plus de place à ses JFL, une obligation de moyens pour redonner de l’importance aux joueurs locaux. Quant à la Bundesliga, elle ne peut plus se réformer et surtout elle ne le veut pas. Il est trop tard pour changer, les représentants allemands ont eu des résultats en EuroCup et en Euroleague, ce que la France n’a pas eu depuis 2007. Le Bayern réalise de plus un excellent mercato (arrivées des joueurs américains John Bryant, Bryce Taylor et Malcolm Delaney). Réduire le nombre d’étrangers maintenant serait nocif pour la qualité de la Bundesliga et pour leurs résultats au niveau européen. De plus, il ne faut pas oublier qu’il n’y a pas si longtemps, Göttingen a remporté l’EuroChallenge avec 9 américains… Bref, il y a déjà du progrès !

 

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Comments
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Commentaires (17)

  1. Brad_Law

    Quand on voit la politique qu'a mis en place le Partizan de Belgrade je pense que l'on pourrait s'en inspirer. Vue ce que les clubs français font en Coupe d'Europe de toutes façon… Le Partizan fait mieux! Avec uniquement des jeunes…

  2. someone

    Un article sur la Bundesliga où on cite quelques jeunes joueurs , c'est super intéressant pour comparer avec la Pro A qui opte pour des changements notamment sur les JFL,JFNL.

    Sinon que devient Robin Benzing ?

  3. Bonstre

    en même temps si c'est pour former des joueurs qui partent en NBA et qui refusent l'équipe nationale dérrière …

  4. EF.

    Sympa ton article. Par contre tu nous parles des salles, mais quid du remplissage ?

  5. John

    Rectif, Rice est parti au Maccabi.

  6. Steven

    je vois cet article avec pas mal de semaines de retard mais il me touche directement parce que je coach en Allemagne