Camp SNB : Une semaine au service des joueurs en recherche de club

Pendant une semaine, douze joueurs en recherche de club se sont retrouvés lors du Camp SNB.

Dans un peu plus de deux semaines, la Pro A et les autres championnats vont reprendre leurs droits. Mais l’heure de la reprise ne sonnera pas pour tout le monde. En effet, certains joueurs sont toujours à la recherche d’un club. Le SNB (syndicat national des basketteurs) a réuni la semaine dernière une douzaine d’entre eux lors d’une stage à la Hoops Factory d’Aubervilliers conclu par le Tournoi des As de Brest. Lorsqu’on s’attarde sur la liste des joueurs qui y ont participé, on se rend vite compte qu’il n’y a pas un profil-type. « Il y’a des gens comme Ali Traoré étiqueté Euroleague ou William Mensah qui est moins de 23 ans en Pro B et qui n’arrive pas à trouver un club. On a encore Nicolas Hilaire qui avait fait un bon camp LNB et qui se retrouve ici. Armand Charles, lui, sa femme est basketteuse dans le Nord de la France donc il a des objectifs précis et veut signer dans le Nord. Il ne peut pas s’éloigner de sa famille ce qui est normal » détaille Jean-François Reymond, le directeur du SNB.

Pour ces joueurs, le camp SNB a été l’occasion de se retrouver dans une dynamique de groupe et de garder un pied avec un contexte plus professionnel qu’un entraînement en solo comme l’explique l’ancien rennais Samba Dia. « S’entraîner de son côté c’est bien mais là je suis avec des gars qui sont dans la même situation que moi. On se comprend plus facilement ». « Les objectifs étaient de permettre aux joueurs qui n’ont pas de club de s’entraîner dans des conditions cohérentes et de IMG_20170908_212823leur donner un cadre qu’ils n’ont pas quand ils s’entraînent tout seul. Ils perdent un peu vite leurs repères et on voulait leur donner ce cadre » rajoute Reymond. Pour les aiguiller, ils ont pu compter sur les conseils d’Antoine Michon (ex-Boulazac) et de Miguel Calero (ex-Nancy), eux aussi en recherche d’une nouvelle équipe.

Mais le camp SNB ne s’est pas attaché qu’au basket. Plusieurs ateliers (communication, reconversion…) ont été proposés afin de les ouvrir sur des horizons plus larges. « Quand on est au chômage ça n’est pas un moment facile. Ils l’ont tous dit c’est un moment qui les fait réfléchir sur pleins de choses que ça soit les joueurs ou les entraîneurs. Antoine (Michon) ça fait 20 ans qu’il coache et c’est la première fois qu’il a six mois/sept mois de break pour se poser des questions et réfléchir à son avenir. Aldo Curti a commencé avec les sélections jeunes et aujourd’hui il se retrouver à 28/30 ans au chômage. Il y’a besoin de retrouver un équilibre, des automatismes, de se poser les bonnes questions. On a travaillé avec Benoît Dujardin, MGS Reconversion… Pour nous ce sont des choses évidentes. Ils ont besoin d’avoir d’autres centres d’intérêts, de réfléchir différemment pour utiliser cette période du mieux possible. On ne leur dit pas de réfléchir à l’après-carrière , on ne leur dit pas que demain ils vont arrêter le basket. On leur dit de garder en tête qu’ils sont peut-être dans un moment compliqué, le basket c’est ce que vous aimez et que vous avez envie de faire mais il y’a des choses à préparer ». Pour Samba Dia « au niveau des ateliers le syndicat a vraiment bien fait les choses. On avait des séances collectives basket, du travail prépa physique et pas mal de petits ateliers. C’est juste un peu court mais bien. Avec un truc sur la durée on aurait été beaucoup mieux mais c’est une question de moyens et ça ne dépend pas que de nous ».

Ces échanges, le SNB n’a pas forcément le temps de les avoir pendant la saison lorsqu’il fait sa tournée des clubs alors que pendant cette semaine les joueurs « ont été à dispo » et avaient « envie de faire les choses ». Le contexte aide aussi à avoir cette réflexion car ils sont davantage « confrontés à la réalité » rappelle Dia.

Mais le moment de la reconversion n’est pas encore venu pour ces joueurs. Les deux rencontres face au CEP Lorient et l’UJAP Quimper leur ont permis de mettre en application le travail effectué pendant la semaine. Le manque d’automatismes a cependant logiquement joué en leur défaveur. « On a craqué à la fin (contre le CEP) car on a un manque de vécu. Eux sont ensemble depuis plus d’un mois et nous que depuis une semaine. C’est sur ça que la différence s’est un peu vue. Après on a eu ce côté où on est resté très soudé. J’espère qu’il y’en a quelques uns qui vont retrouver quelque chose à travers ce camp moi y compris ». C’est tout le mal qu’on leur souhaite et qui permettrait de dire que ce camp SNB aura été une réussite sur tous les plans.

L’avis d’Étienne Joumard :

« A travers le camp, je recherchais une remise en forme physique même si on a tous bien bossé cet été. Je voulais aussi retrouver un peu le rythme du professionnalisme entre guillemets et avoir une exposition qui sera bien plus importante que si on était resté à la maison à s’entraîner tout seul. S’entraîner dans un contexte de groupe n’était pas la chose la plus importante, mais une fois que tu es là ça fait vraiment du bien. Tu sens que c’est quelque chose qui manque quand tu n’as pas d’équipe. Les ateliers ont été super bien faits, c’était intéressant. Il n’y a pas que la remise en forme physique et basket, c’est vraiment un tout ».

Crédit photo : Ann-Dee Lamour (une)/DR

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