Carnet de bord : Les Italiens à la loupe, la Lettonie impressionne

Thomas Drouot analyse les adversaires du jour, l’Italie, et revient sur les quarts de finale.

Tout au long de l’Euro U20, Thomas Drouot (Paris-Levallois), coach espoir de l’année présent sur place à Bilbao, vous propose ses résumés de matches mais également ses analyses et ses coups de cœur, et livre son regard d’insider sur la compétition.

1er quart : France/Allemagne

Début mitigé de l’équipe de France, le pressing tout terrain des Allemands gène la montée de balle française. Nous ne retrouvons pas le rythme dans les déplacements des joueurs et du ballon que cette équipe avait trouvé contre la Russie. De même, la défense française est moins agressive que d’habitude et laisse des espaces pour les drives allemands. Le score est de 7 à 7 au bout de 5 minutes dont 5 points sur rebonds offensifs pour les Français (2+1 de Westermann et 2 points de Yeguette). La fin du quart-temps est dans la continuité avec des balles perdues françaises et de nombreux tirs à la limite des 24 secondes (dont un marqué par Kahudi).  Deux joueurs français se sont mis en valeur au cours des 10 premières minutes : Yeguette avec 6 points et 3 rebonds et toujours une grosse activité défensive et Westermann avec 6 points et un rôle de patron affirmé.

Le début du deuxième quart confirme les difficultés offensives des Français face à l’agressivité défensive allemande. Kahudi inscrit un panier à 3 points au buzzer de la première possession (19-13). Les Bleus resteront ensuite muets pendant plus de 4 minutes. Par contre, la défense française retrouve des couleurs, ce qui permet aux Tricolores de rester devant (19-17). C’est le moment que choisit Westermann pour prendre le match en main et creuser l’écart grâce à deux 3 points, aidé de Lauvergne qui inscrit deux tirs extérieurs dont un à 3 points.  La France remporte donc ce quart 16 à 10, ce qui lui permet de mener de 9 points à la mi-temps. A noter le bon pourcentage à 3 points (5/8).

La France commence cette deuxième mi-temps avec beaucoup plus de rythme offensif ce qui permet à Westermann de continuer son récital. Il inscrit successivement deux paniers sur pick n’roll, il est déjà à 17 points inscrits au bout de 23 minutes de jeu. L’amélioration de la circulation de balle française permet également à Fournier de se mettre en avant avec 5 points de suite. La France prend alors 18 points d’avance. C’est le moment choisi par le coach allemand pour prendre un temps mort et passer en boîte sur Westermann. De quoi perturber l’attaque française. Les allemands passent alors un 10 à 0 (46-38) grâce à du jeu rapide et à 2 paniers intérieurs de Theis. Toupane choisit alors de faire sortir Westermann pour faire entrée Kahudi. Les Allemands s’adapte et passent alors en zone 3-2, zone qui perturbe également les Français.  En fin de quart, les Français arrivent enfin à trouver des solutions grâce à 2 tirs à 3 points. Le premier de Lauvergne suite à un mouvement offensif bien exécuté et le second de Kahudi au buzzer du quart-temps. La France remporte ce quart 20 à 16 et aborde le dernier quart avec 13 points d’avance.

Le début de ce quart est équilibré. A 5 minutes de la fin, la France mène de 15 points (61-46) et se dirige tranquillement vers la victoire. C’était sans compter sur Kramer ! Le joueur intérieur allemand a « pris feu », infligeant un 11 à 1 (62-57) aux Français à lui tout seul grâce à 3 tirs à 3 points  et un panier intérieur. Le seul panier du match de Mendy a alors fait beaucoup de bien et une contre attaque de Kahudi a mis fin aux espoirs allemands.

Les Français se sortent bien de ce match piège. A noter la marque bien répartie avec Westermann à 19,  Yeguette à 13 et Fournier, Kahudi et Lauvergne à 10.

2ème quart : Italie/Monténégro

Victoire des italiens 78 à 67, grâce à un dernier quart dominé 28 à 29. C’est la première fois que nous avons eu l’occasion de voir ces Italiens, adversaire de la France en demi-finale. Nous allons donc vous présenter cette équipe.

Les Italiens ont une vraie volonté de courir et de trouver du jeu rapide. Ils ont souvent un ailier qui ne participe pas au rebond défensif et anticipe la contre-attaque. Sur demi terrain, cette équipe possède un jeu très structuré avec une alternance entre jeu intérieur et extérieur. Beaucoup de situations sont faites pour mettre Gentile en valeur notamment grâce à des écrans sortants ou des pick n’roll. Lorsque le Monténégro est passé en zone, ils n’ont eu aucun problème à s’adapter, grâce à une bonne circulation de balle et une bonne utilisation du poste haut. Cependant, ils ont déjoué par moment (ce qui a permis au Monténégro de revenir dans le match) à cause d’un manque de partage du ballon, nous avions l’impression que les Italiens regardaient Gentile jouer.

Gentile est leur leader, il tourne sur le tournoi à 18.4 points. Il est très complet offensivement, il tire à 3 points (45.5%), il peut shooter après dribble et aussi terminer ses percussions près du cercle. Il a même mis des paniers sur jeu posté. Ce poste 3 a carte blanche de la part de son coach et il en profite. Par contre, il ne paraît pas concerné par la défense.

Les autres joueurs italiens importants sont :

Melli : poste 4 de 2m05, très adroit au poste haut et capable de tirer à 3 points (5/9 sur le tournoi), il est aussi capable de marquer des paniers dans la raquette grâce à un tir crochet main droite efficace. Il a réalisé un gros match contre les Monténégrins avec 23 points et 11 rebonds.

De Nicolao : meneur de petite taille, met beaucoup de rythme dans les montées de balle, il s’engage beaucoup en défense et à un rôle d’organisateur en attaque. Plus driveur que shooteur, il marque essentiellement sur des pénétrations à droite.

Moraschini : joueur de devoir, il est la pour défendre sur les meilleurs extérieurs adverses. Il sort généralement du banc mais à un plus gros temps de jeu que Vitali. Il marque 9 points par match essentiellement en pénétration.

Cervi : pivot de 2m14, il joue le rôle de point de fixation, il peut marquer grâce à un bon tir crochet main droite et il peut également ressortir des ballons propres pour ses extérieurs. A des difficultés en défense à cause d’une mobilité réduite.

Polonara : rotation intérieure, ce gaucher peut jouer 4 ou 5. Il est très actif au rebond offensif (2 par match) et possède un tir très fiable à 5 mètres. Il tourne à 9 points de moyenne.

3ème quart : Russie/Turquie

Nous avons pu voir au cours de ce match les deux visages de cette équipe turque.

En première mi-temps une équipe en pleine réussite, avec un 6/10 à 3 points, très peu de balles perdues (3) et une domination aux rebonds. Le jeu proposé par les Turcs est très simple, ils sont toujours 4 à l’extérieur de la ligne à 3 points avec la « tour de contrôle » Aldemir dans la raquette.

Il joue énormément en fixation passe. Les joueurs extérieurs jouent leur duel 1 contre 1 et lorsqu’ils provoquent une aide, essayent de trouver le joueur libre. Cela peut être Aldemir pour une petite passe dans la raquette ou une passe au large pour un tir à 3 points. L’ailier Koksai est le principal créateur de cette équipe car il arrive fréquemment à faire la différence en 1 contre 1.

Les Turcs jouent aussi sur des systèmes dont l’objectif est d’amener la balle poste bas à Aldemir afin qu’il puisse jouer ses 1 contre 1. Ces formes de jeu ont permis à la Turquie de mener 34 à 23 à la mi-temps.

Le même plan de jeu a été mis en place pour la deuxième période, cependant les Russes sont revenus avec de meilleures intentions défensives et ont perdu beaucoup moins de duel. Les Turcs n’ont pas réussi à trouver d’autres alternatives à ce jeu en première intention et ils ont pris beaucoup de tir dans des situations délicates ce qui explique la baisse du pourcentage (1/11 à 3 points en deuxième mi-temps). Ils ont également perdus plus de ballons (11 en deuxième mi-temps) en forçant des passes difficiles ce qui a permis aux Russes de trouver du jeu rapide.

Au final, les Turcs s’inclinent 57 à 64, à cause de cette faillite offensive en deuxième période et du réveil de Korshakov qui inscrit ses 15 points après la pause.

4ème quart : Espagne/Lettonie

Tout le monde s’attendait à ce que l’Espagne remportent facilement ce match, et pourtant les Lettons ont été devant une bonne partie du match grâce notamment à un deuxième quart remporté 20 à 8.

L’Espagne commence idéalement ce match grâce à un 3/3 à 3 points. Sastre et Mirotic sont bien présents avec 5 points chacun au bout de 5 minutes. L’Espagne remporte ce quart (27 à 21) grâce à la réussite de ses joueurs extérieurs notamment Franch (7 points dans ce quart). Les extérieurs espagnols sont tellement en réussite que très peu de ballons arrivent dans les mains de leurs intérieurs.

Dans le deuxième quart, les extérieurs espagnols continuent de jouer avec agressivité mais avec beaucoup moins de réussite. Mirotic, frustré, commence à forcer ses tirs (2/6 aux tirs à la mi-temps). De l’autre côté, les Lettons jouent leur chance et ont beaucoup de réussite. Antrops réalise un joli 3/5 à 3 points en première mi-temps et 5 joueurs lettons marquent 5 points ou plus en première mi-temps. Les Lettons mène 41 à 35 à la mi-temps.

Au retour du vestiaire, les Espagnols reviennent vite à égalité (46 à 46) grâce à Sastre. Mais les Lettons tiennent bon et sont encore à égalité à la fin du troisième quart 59 partout. Cependant, avec 3 joueurs intérieurs à 4 fautes, la situation paraît compliquée pour la Lettonie.

Le début du quatrième le confirme, les Espagnols prennent vite 9 points d’avance grâce à deux drives de Sastre et 5 points de Pozas. Les Lettons ne lâchent toujours pas et reviennent à 4 points à 4 minutes de la fin grâce à 5 points de Osins. Les Lettons sont toujours à 4 points à 3 minutes de la fin avec un panier intérieur de Meiers mais sa cinquième faute sur l’attaque suivant met fin aux espoirs lettons. L’Espagne déroule et s’impose 77 à 70.

Nous retiendrons la superbe prestation de cette équipe de Lettonie qui a su élever son niveau de jeu pour faire mieux que résister à l’Espagne. A noter la performance de Sastre côté espagnole avec 27 points à 9/15. Côté Letton, le meilleur marqueur est Antrops avec 15 points.

Par Thomas Drouot


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Comments

Commentaires (2)

  1. SOLDI

    a mettre des coachs,en dessous du tres bon niveau on prend

    une pastille par les ritals qui n avaient pas une plus belle equipe

    mais qui ont ete plus tactiques.TOUPANE DEHORS

  2. antho86

    à l'arrivée défaite de l'équipe de France 77-66 avec un duo Westermann-Fournier à 11/37 aux tirs (dont 3/13 à 3 points). Sachant que la France a terminé à 25/66 aux tirs le duo a sans doute beaucoup trop shooté par rapport aux autres joueurs (ils ont pris 56% des tirs à deux). Bon au final il faut aussi voir que mis à part ces deux joueurs et peut être Jauffrey Lauvergne (10 pts – 9 rbds mais 4 fautes en 18 minutes) les autres joueurs n'étaient peut être pas au niveau à la différence de l'an dernier où le groupe était plus homogène (faut-il rappeler que le basket ets un sport d'équipe et qu'il ne suffit pas d'ajouter quelques individualités pour gagner?)