Ce que l’on a retenu de France-Brésil

De l’envie, de l’engagement, des problèmes aux rebonds et des petites erreurs. Voici ce qu’ont retenu Vincent Collet les cadres de l’équipe de France après la défaite face au Brésil.

Une broncha puis une douche froide. Accueillie sous les sifflets du public de Grenade, où la communauté brésilienne est bien installée, l’équipe de France a entamé sa Coupe du Monde de la même manière qu’elle avait débuté l’EuroBasket : par une défaite. Ambiance pesante, suspense et intensité étaient au rendez-vous. « C’était un vrai match d’ouverture. On a joué avec détermination et tous les joueurs étaient dans l’esprit demandé en termes d’investissement défensif. On a fait les efforts requis pour un match de ce niveau mais on a fait des petites erreurs que l’on a payées cash », expliquait le sélectionneur, Vincent Collet, à l’issue de la rencontre. Des petites erreurs. Le terme repris en chœur par les joueurs français en conférence de presse et en zone mixte, mais aussi une notion qui revient fréquemment sur le devant de la scène avec une défaite des champions d’Europe en titre. « Quand tu finis par perdre de deux points contre une équipe comme ça, c’est agaçant », notait Nicolas Batum.

Un début en fanfare

Malgré la chaleur du public espagnol, les Bleus ont bien débuté la rencontre, comme ce fut déjà le cas lors des matches de préparation pour la Coupe du Monde. Après dix minutes de jeu, ils étaient devant au tableau d’affichage (18-10). Solides en défense, plutôt inspirés en attaque, les joueurs de Vincent Collet laissaient entrevoir la promesse d’une rencontre peut-être bien aisée que l’on aurait pu le penser. « On n’a pas su profiter de notre belle entame », remarquait le coach tricolore. Encore fallait-il tenir le rythme face à des Brésiliens « qui pressent haut et défendent bien », dixit Collet. « Ils jouent dur », ajoutait Boris Diaw. Les coéquipiers d’Anderson Varejao ont su durcir le ton de la rencontre dès les premières minutes du second QT alors que les Bleus ont dû composer sans Joffrey Lauvergne – qui a écopé de deux fautes assez rapidement – et sans son capitaine, lui aussi rameuté sur le banc suite à un nouveau coup de sifflet en sa défaveur. « La deuxième faute de Boris constitue un moment important du match », remarque l’entraîneur de l’équipe de France. Déjà en préparation, ses joueurs ont parfois donné l’impression de baisser le pied après avoir pris un premier écart. Ce n’est pas ce qui s’est passé ce soir à Grenade. Les remplaçants ont eux aussi joué avec intensité, à l’image du jeune Rudy Gobert, auteur de deux dunks fracassants et très actifs des deux côtés du parquet. « C’est très bien ce qu’a fait Rudy. Charles (Kahudi) et Evan (Fournier) ont aussi fait de très bonnes entrées », soulignait Nicolas Batum.

Un manque de partage

DIaw-Edf-uneLe jeu s’est ralenti mais il fallait s’y attendre. « Les deux équipes avaient bien étudié le jeu de l’adversaire », remarquait Boris Diaw. C’est donc sur un tempo plus lent que l’équipe de France a attaqué la suite de la rencontre. Mais même en jouant plus lentement, elle n’a pas réussi à créer suffisamment d’opportunités en attaque. La faute à la défense brésilienne, évidemment, mais aussi aux nombreuses pertes de balles tricolores. Les Bleus ont alterné les belles séquences de jeu, conclues par des tirs ouverts ou des dunks puissants près du cercle, avec les longues périodes de dribbles, de passes ratées et d’isolations inévitables en fin de possession. « Il n’y a pas eu assez de mouvement. On doit se forcer à bouger la balle, à bouger leur défense. Il est essentiel de faire circuler la balle face à une équipe très forte sur les aides défensives avec de grands intérieurs », remarquait Diaw. Moins de passes et plus de dribbles. Le joueur des San Antonio Spurs et Nicolas Batum ont ainsi été contraints de porter la gonfle. Ils étaient recherchés par leurs coéquipiers lorsque l’équipe avait besoin d’un panier. Les deux cadres ont chacun eu leur moment. « Batman » a porté le groupe lors des trois premiers QT avant que Diaw ne prenne les commandes en fin de match (11 de ses 15 pts inscrit après la pause dont 7 dans les dix dernières minutes).

Un problème aux rebonds

On retiendra que l’EDF a manqué de rigueur dans l’ensemble et notamment aux rebonds. Les Français ont préféré se concentrer sur le repli défensif que sur les rebonds offensifs, une consigne de Vincent Collet bien appliquée par ses joueurs. Effectivement, ils ont ainsi empêché les dragsters brésiliens que sont Neto, Barbosa et Huertas (16 pts ce soir) d’enflammer la rencontre en annihilant les contre-attaques. En revanche, ils ont morflé dans leur propre raquette. Les intérieurs adverses s’en sont donnés à cœur joie avec 16 rebonds offensifs. Cinq pour Varejao, quatre pour Nene. De quoi offrir des secondes chances – 9 tentatives de plus dans le champ et 8 lancers de plus que les Français – aux joueurs de Ruben Magnano, l’entraîneur argentin du Brésil. « Ils ont gagné la bataille à l’intérieur. 16 rebonds, c’est un trop. Il aurait fallu en prendre trois ou quatre de plus », notait Vincent Collet. « On savait qu’il fallait se concentrer sur le rebond, on ne l’a pas assez fait. On ne l’a pas fait sur la durée », rappelait Boris Diaw. On en revient à cette notion de passage à vide et ce besoin de jouer toutes les possessions avec la même concentration.

Du positif, tout de même

Heurtel-EdFUn manque de rigueur, certes, mais pas d’envie. « L’engagement était là, l’intensité aussi », remarquait Nicolas Batum. Les Français ont su jouer physique et répondre à la puissance des Brésiliens. Ils ont couru après le score mais ils n’ont pas baissé les bras. Certaines jeunes équipes auraient pu craquer mentalement. Et on rappelle que cette équipe de France est privée de plusieurs de ses cadres. Certains joueurs moins expérimentés comme Gobert, Fournier ou Lauvergne et Heurtel ont répondu présents. Le dernier nommé a même pris ses responsabilités dans le money time avec quatre tirs tentés (pour deux réussis dont un trois-points) dans les trois dernières minutes de la rencontre. « On est déçu d’avoir perdu mais la compétition continue. Nous (le staff) avons félicité les joueurs pour leur respect des consignes lors de l’entame de match. On doit désormais être plus exigeants et gommer ces erreurs », concluait Vincent Collet. Si le résultat final n’est pas à la hauteur des espérances, le coach et ses cadres retiennent donc l’engagement de tout le groupe. « On aura besoin de tout le monde », insistait Batum. Une réaction est donc attendue dès demain face à la Serbie. Comme lors du dernier championnat d’Europe, on espère que cette défaite inaugurale aura pour conséquence de relancer l’équipe de France.

Tags : ,
Comments

Commentaires

Comments are closed.