Chalon sur un air de déjà vu

Écrasés par le Maccabi Tel Aviv, les Bourguignons sont venus s’ajouter à la (trop) longue liste des clubs français étrillés sur la scène européenne.

Largement défait par le Maccabi Tel Aviv hier soir, Chalon a affiché ses limites contre à une formation candidate aux quarts de finale. Désireux d’atteindre le Top 16, chose qu’aucune équipe française n’a réalisé depuis Pau-Orthez en 2006-07, les champions de France en titre ont reçu une leçon bien mérité face à ce qui devrait être leur lot commun dans les mois à venir, en cas de qualification.

Déjà avertis il y a deux semaines face à Gdynia, puis punis à Berlin, les Bourguignons ont cette fois-ci failli dans les grandes largeurs, car en plus d’être dominés dans le jeu, bon nombre de joueurs, à commencer par leur leader Blake Schilb, ont fait preuve d’une grande suffisance, voire même de je-m’en-foutisme. Cette incroyable tentative d’alley-oop à -21 en étant la preuve.

Rien de plus agaçant quand on sait que cette équipe, favorite à sa propre succession, a pu bénéficier du coup de pouce de la Ligue au moment de renforcer son effectif, de façon justement à éviter pareilles déroutes. Car si l’on savait que la bande à Steed Tchicamboud n’avait que très peu de chance de faire chuter le Club Nation, un tel affront vient rappeler les terribles Caja Laboral – SLUC Nancy de 2011 (-35) et Chorale de Roanne – Panathinaikos de 2007 (- 40).

Quoi de plus navrant, aussi, quand on sait que le match était mis en lumière par l’Euroleague, cette même ligue qui, depuis plusieurs années, et vraisemblablement à juste titre, boycotte notre championnat hexagonal au profit de la Bundesliga ou de cet infâme Asseco Prokom.

A l’heure où la participation des clubs français à la plus grande des compétitions européennes est remise en cause, il serait donc bon de ne pas savonner un peu plus une pente déjà très glissante.

Le Final Four de l’ASVEL en 1997 semble loin. La victoire de Limoges encore plus.

Quid du jeu ?

Outre le constat alarmant sur l’état d’esprit de certains joueurs – les jeunes mis à part –, le style de jeu pratiqué en Pro A est, encore une fois, à remettre en cause. Battus tactiquement et techniquement, les Français, habitués au « plus vite, plus haut, plus fort » prôné depuis plusieurs années, se sont aussi faire battre sur leur propre terrain.

Il n’y a qu’à observer les prestations de David Logan et Yogev Ohayon, deux joueurs dont les principales qualités se rapprochent des standards exigés dans notre élite (toute proportion gardée).

Mais le plus inquiétant vient assurément de cette incapacité chronique à trouver Shelden Williams. Venu justement pour aider Greg Beugnot et ses hommes à franchir un palier, l’ancien NBAer n’est cherché que trop sporadiquement par ses coéquipiers. En effet, trop souvent, celui-ci ne rentre quelques paniers qu’à la suite de rebonds offensifs, qu’il a lui-même capté grâce à ses indéniables qualités dans ce domaine.

Qui plus est détenteur de bonnes mains à mi-distance, le beau-frère d’Anthony Parker demeure une option vite oubliée après un ou deux échecs. Frustrant, pour ne pas dire plus, quand on connait l’importance du poste 5 à un tel niveau. Pour preuve, jamais l’Elan n’a autant fait jeu égal avec le Maccabi qu’au moment où Williams et Lauvergne étaient responsabilisés.

Un bon niveau au-dessus de la plupart de ses adversaires en Pro A, le collectif de Greg Beugnot gagnerait à directement envoyer la balle dans la boite avant de dérouler ses systèmes qui, à l’heure actuelle, semblent vus et revus.

Il est vrai peu épargné par les blessures lors de la préparation, il serait donc temps d’impliquer le pivot courtisé par le Real Madrid cet été. Une solution qui permettrait de faire souffler Schilb et Tchicamboud, tous deux contraints de jouer plus de 30 minutes par match depuis la reprise…

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Comments
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Commentaires (7)

  1. GW

    Mis à part Ohayon, Blatt n'a pas fait jouer un joueur plus de 20min, justement dans le but d'éttoufer Chalon dont le jeu ne peut reposer que sur 2 joueurs qui sont déja bien entamés physiquement.

    C'est d'autant plus facile d'étouffer Chalon que sans Schilb et avec un Tchicamboud émoussé, ils n'ont AUCUNE solution pour faire le jeu.

    Ils se sont pris la même punition que le MSB et son omniprésent Taylor Rochestie contre ces mêmes chalonais en finale de pro A ! ^^

    Et je suis convaincu que Shelden Williams ne vaut pas mieux qu'Aminu… dans les systèmes chalonais.

    En attaque, il ne joue pas assez les pick and roll et cherche uniquement à prendre la position sans jamais etre servi.

    S'il voulait qu'une grande tige capable de prendre des rebonds et d'intimider les attaquants, il avait qu'à choisir Elonu de Pau ou Massie du CSP…

    Williams c'est du gachis…

  2. Laurent Pousse

    Une confirmation de l'Analyse de Antoine Rigaudeau il y peu. La France est le 2eme voir le 3 eme niveau Europeen. Nous avons perdu notre IQ Basket que nous avions dans les annees 80/90 Limoges, Pau Orthez…! L'Athletisme c'est Sympa mais ca ne fais pas le poid en Euroleague surtout quand les autres equipes aussi ont des Kangourous, la difference c'est qu'ils ont aussi un cerveau et des mains.

  3. MrSam87

    Je pense qu'il y a une profonde remise en cause à faire quand à notre niveau du basket hexagonale.

    Au jour d'aujourd'hui trop peu de clubs français on cette flamme qui fait que cela peut s’enchaîner, dans les 80/90 quand un joueur signé en faveur d'un club, c'était pour son rayonnement mais aussi pour y passer plusieurs années, hors maintenant c'est du "one shoot" ou mieux 2 saison, mais aprés c'est "valises", mais cela vaut aussi pour les Présidents de clubs ils n’investissent pas sur le long terme, et ca cela fait cruellement défaut.

    Comment après de ce fait peut on être compétitif….!!!

    Pour en revenir a Chalon puisque qu'il s'agit du thème de l'article.

    C'est pas le tout de ce dire "On est en Euroleague….. yes", il faut en être digne, et la Chalon ne l'as pas été.

    Le plus malheureux, c'est très certainement G. Beugnot, car il n'y a rien de plus frustrant pour un coach que de ne pas voir ses consignes appliquer, et je suis convaincu qu'au fond de lui même, qu'au retour des vestiaires, a la mi-temps, que le match était plié.

    En aucun cas il y a eu de jeu en coéquipier, ou si il y en avais tout était prévisible, et cela se traduit par le nombres affligeants de BP.

    A jouer ainsi, ou plutôt à ne pas jouer….., le Top 16 c'est au revoir

  4. JO

    c'est la différence avec les clubs français quand ils jouent l'europe : quand ils sont menés de 15-20 pts , ils lachent le match contrairement aux autres clubs européens.

    exemple flagrant avec berlin.