Christophe Denis : « le Paris Levallois est une équipe »

Satisfait de cette victoire, le coach francilien a surtout insisté sur sa valeur collective louant le travail des « hommes de l’ombre ».

C’est encore une victoire au mental ?

Je ne vais pas dire comme d’habitude parce que ça serait manquer d’humilité, mais parfois les choses se passent comme prévues, parfois non. Je pense que le Paris Lavallois oui encore une fois a fait preuve de force mentale. Parce qu’on joue à 7 ½, 8. Giovan, en ce moment nous apporte beaucoup d’énergie et c’est une rotation qui nous apporte énormément de bien. en l’absence de Lamont, comme l’a dit Jean-Luc, on n’avait de toute façon pas d’autre choix que de faire preuve de grande cohésion. On savait que ça allait être dur, qu’on allait mettre énormément d’énergie sur le terrain. Il ne fallait pas jouer à l’économie. On ne peut pas jouer à l’économie contre Nancy. On allait jouer à 7 ½, 8 et en plus de ça, pendant 40 minutes il fallait accepter d’avoir mal partout, de mettre ses fesses par terre et de faire preuve d’intensité. On gagne le match, peu importe le scénario ; à partir du moment où vous gagnez le match après prolongation à 7/8 joueurs, forcément vous vous dites que cette équipe elle a un gros mental. On ne peut pas dire autre chose que ça.

 

A un moment donné, l’équipe a quand même eu plus de quinze points de retard…

Pour faire du beau basket, défendre, attaquer correctement, il faut s’attendre à un moment donné qu’il y’ait un petit trou. Je veux dire, on n’est pas des surhommes. On est juste des gens qui, comme les autres, ont un certain potentiel physique. Il ne fallait pas s’attendre à ce qu’ont finisse à +30. On savait très bien que si on les amenait comme ça dans les cordes que derrière avec des rotations limitées, ça allait être très dur au niveau du secteur intérieur, qu’on allait perdre des rebonds qu’Akingbala allait se mettre tout à coup à se mettre à jouer poste bas, que Moerman au-delà des intervalles allait prendre des shoots à 3 points. Ce sont des joueurs intelligents qui ont joué l’Euroleague, qui ont plein d’expérience. Quand ils ont vu qu’on était physiquement un peu moins frais et bien ils en ont profité. Ça c’est tout à fait normal.

 

On a vu que David Noel avait eu une petite alerte à un moment ; qu’en est-il ?

Il a toujours mal à son pied. Il sort d’une entorse du pied et pas de la cheville. Chaque fois qu’il y’a une torsion, ça repart. Il en a, à mon avis, encore pour quelques mois des galères avec son pied. On va le maintenir à flot. Mais voilà j’ai David physiquement pas top, Michel qui était grippé toute la semaine et qui s’est entraine juste hier et qui a transpiré un peu, on n’a pas Lamont… Heureusement que Giovan il met le nez à la fenêtre. Il nous donne 8/9 minutes précieuses aujourd’hui (hier). Vous avez Vincent Masingue qui a 36 ans et qui est cassé de partout, Philippe Da Silva qui n’est pas non plus physiquement un modèle… donc vous ramez. Donc ça ne m’étonne pas qu’à un moment donné on ait eu un petit trou d’air. Par contre je suis très heureux qu’on ait su se remobiliser, qu’à -4 on puisse trouver les solutions pour les amener en prolongation. La prolongation, alors est-ce-que c’est physique ou mental ? C’est un peu des deux mais on a suffisamment de ressources pour leur mettre la tête sous l’eau et ne pas lâcher le match. C’est très bien.

 

En quoi cette victoire est importante ?

Elle est importante mais au même titre que les douze précédentes. Ça c’est clair.  Oui la victoire face au HTV a été laborieuse mais elle est précieuse cette victoire. Cette victoire elle est à mettre au même niveau que celle de Nancy à domicile. Les victoires sont toutes laborieuses. Cette année, on en a gagné treize et elles n’ont toutes pas été faciles. Demain (ce soir), on est peut-être troisième tout seul mais la saison ne s’arrêtera pas. On tape Nancy chez nous, on est encore invaincu à domicile mais elle n’est pas plus importante que les autres. Maintenant, on arrive à un moment de la saison où ce mois de février pour les internationaux notamment c’est très difficile. Ce sont des joueurs qui ont fait tout l’été, comme Philippe Da Silva, des compétitions internationales. Des mecs qui n’étaient pas en sélection arrivent après 5/6 mois de travail intense ; il fait froid, il fait -10 degrés ; c’est une période très délicate. Et le calendrier fait qu’on a des matches très importants à jouer. On reçoit les gros chez nous et on va chez les petits. Et en plus on a une Semaine des AS qui est clairement un objectif. Donc on est dans une période où gagner, dans ce sens-là, a un peu plus d’importance qu’en début de saison.

 

C’est important pour vous d’avoir trouvé d’autres solutions que Lamont comme Michel Morandais qui émerge depuis deux matches ?

C’est un long combat mais avec vous aussi. On a toujours dit Eric Chatfield. Paris Levallois c’est Eric Chatfield. Il y’a même des coaches, des joueurs pros qui ont dit que le Paris Levallois sans Eric Chatfield ça n’est plus la même chose. Après ils ont dit tiens y’en a un autre c’est Jawad Williams. Et après on a dit tiens y’a le trident Hamilton/Williams/Chatfield. J’étais le premier à dire une vraie équipe ça n’est pas Chatfield, ça n’est pas un trident. Sans Hamilton on peut jouer. Merci de bien reconnaitre ça ce soir, le Paris Levallois est une équipe avec des vieux soutiers comme Masingue. On a dit Masingue il ne sert pas à grand-chose : 12 minutes, 2 pts par match, 3 rebonds. En fin bref il est là pour amuser la galerie, pour mettre des coups à Hamilton tous les jours. Mais ce soir (hier), Masingue c’est 29 minutes. Alors oui il est sorti pour 5 fautes, il a fait des antisportives mais il y’a un travail dessous.  Il faut aussi reconnaitre que les joueurs sont dans l’ombre parce qu’on leur demande d’être dans l’ombre. On leur demande de faire briller les autres. Les autres brillent mais il faut savoir le faire aussi car il y’en a pleins qui n’y arrivent pas. Et quand il y’en a un qui se blesse à l’épaule et qu’on va dire au soutier tiens tu vas sortir du marécage, et bien ils sont capables. Et Morandais c’est un exemple qui illustre très bien ce que je viens de vous dire.

 

Sur l’arbitrage vous avez eu l’impression d’être aussi avantagé que Jean-Luc Monschau ne l’a dit ?

Il y’a eu 2/3 coups de sifflet qui ont été très durs pour Nancy, ça c’est vrai. On est content de les avoir pour nous. après, ça m’est aussi arrivé de dire ce soir (hier) qu’il y’avait un manque de cohérence sur certains coups de sifflet. Je ne sais pas si la victoire ce soir (hier) est exclusivement due au corps arbitral. Chacun est juge et pense comme il veut. J’ai poussé des gueulantes sur l’arbitrage en début de saison. Maintenant, on nous donne des coups de sifflet. Peut-être que le fait d’être troisième fait que l’on nous respecte un peu plus. Il y’a eu deux/trois coups de sifflet avantageux pour nous ce soir mais de là à remettre en question la victoire, je n’en suis pas certain.

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Comments

Commentaires (1)

  1. OscarAbine

    J'aime bien son passage sur les "soutiers qui font briller les autres", c'est l'essence de ce sport…

    Et sa façon polie de rappeler que non, c'est pas l'arbitrage qui fait gagner le PL… (on notera du reste qu'il ne discute pas les deux anti-sportives de Masingue, lui…)