Christophe Denis : « On a besoin d’un leader »

Malgré la situation critique dans laquelle se trouve le PL, Christophe Denis continue de tenir le cap et nous livre son analyse.

BasketActu : Après la défaite face à Limoges, vous avez sorti un gros match contre Nancy vendredi dernier. Qu’est-ce qui a fait la différence ?
Christophe Denis : L’envie de bien faire les choses. On a la particularité d’être une très bonne équipe de basket quand on est tous sur la même longueur d’onde. On prévoit les choses, on les travaille à l’entraînement. On travaille sur des situations qu’on est amené à retrouver en match. On fait un plan. A partir de là, soit ton équipe reste disciplinée, près du texte et se donne à 100%. Soit tu retrouves trois bonshommes sur 10, voire quatre ou cinq mais ce n’est pas assez. C’est ce qui s’est passé à Limoges. Et donc pour Nancy, on a fait les choses simplement. On est revenu à ce qu’on faisait avant, tout le monde s’est senti concerné. L’investissement à été à la hauteur de ce que l’on attendait.

BasketActu : La marque a été bien répartie contrairement à d’habitude où il y a toujours un ou deux joueurs qui survolent le groupe.
CD : Ça aurait pu être le cas, mais Nancy a proposé des choses qui font que le jeu était ouvert. Tout le monde pouvait marquer. Un exemple simple : dans notre jeu offensif, il y a deux choses. Le jeu rapide et de transition et le jeu sur demi-terrain. Pendant des mois, on a oublié de courir. J’ai fait prendre conscience à Andrew (Albicy), mais aussi aux autres, qu’il fallait courir, mais courir à cinq. A Nancy, on a eu des grands qui ont finit les contre-attaques. Sur demi-terrain, on a beaucoup de choses pour Lamont (Hamilton), beaucoup de choses pour Eric (Chatfield), beaucoup de choses pour les postes 4 ou pour les shooteurs. Contre Nancy, on a pu développer tout ça. C’est Nancy qui fait que tout le monde a marqué.

BasketActu : On a l’impression que l’équipe répond plus présente lorsqu’il s’agit de « gros » adversaires.
CD : Pas vraiment. Orléans, lorsqu’on les a joués, ils étaient à deux points devant nous. Ce n’est pas une grosse équipe cette saison mais on a fait un gros match. Poitiers, on les jouait ici, on a également fait un bon match. Strasbourg pareil. Roanne, on a été très fort ici. Mais tu as en partie raison dans le sens où on ne peut empêcher les joueurs de se surmotiver quand il y a une grosse équipe en face. Encore plus quand il y a la télé. Et encore plus quand on est à domicile. Tu as quand même toute l’administration du club et tous tes proches qui sont là donc forcément tu veux briller.

BasketActu : Comment s’est passée la transition entre Jean-Marc Dupraz et toi ?
CD : Je suis arrivé dans un contexte où l’investissement n’était plus vraiment là. Il y avait trop de conflits. J’ai essayé de régler ces conflits et de donner confiance à tout le monde. Il fallait tendre l’oreille et essayer de les comprendre. C’était plutôt bien joué, j’aurais pu faire l’inverse. Et puis, il y a eu la victoire contre Orléans et Nanterre. Ça a bien lancé le truc. Après, c’est devenu vite compliqué parce que le temps fait que tu dois faire tes preuves. Tu te retrouves à régler des conflits que n’existaient pas et que tu as créés par tes choix et tes attitudes. On a eu une première partie euphorique et derrière c’est redescendu. On est revenu dans le schéma classique avec tout ce que ça peut générer dans le cadre relationnel avec les joueurs.

BasketActu : Est-ce qu’il y a eu des changements tactiques ?
CD : On est resté sur les mêmes bases en étant un peu plus exigeant sur certains détails. On a simplifié le profil défensif en donnant plus de responsabilités aux joueurs sur les duels et les gestions de leur duel pour que ça mobilise moins d’aide et de rotation derrière. Ça les implique plus et puis ça simplifie les choses. Mais on reste exigeant dans la réalisation et l’engagement. En attaque, j’ai laissé moins d’ouverture de jeu. J’ai hiérarchisé nos systèmes. J’ai dit à Eric Chatfield qu’il était là pour faire ça, j’ai dit aux autres ce que j’attendais d’eux par rapport à Eric. Et j’ai fait ça pour chacun d’entre eux. On a des systèmes pour que chacun puisse s’exprimer.

BasketActu : Quel impact a eu Vasco sur l’équipe à son arrivée ?
CD : C’est un joueur charismatique qui en impose à tout point de vue. Il écoute les autres et fait l’effort de comprendre ses partenaires. Il a très bien identifié la hiérarchie quand il est arrivé. Il a vite compris le rôle que je voulais lui donner et s’est responsabilisé par rapport à ça. Quand quelqu’un arrive et ouvre les bras en disant « Si je peux vous aider, c’est avec plaisir », tu l’accueilles encore plus facilement. L’intégration s’est très bien faite surtout qu’il est arrivé au moment du tournoi du Maroc et a été énorme sur et en dehors du terrain. Vasco amène de la discipline dans le jeu même s’il fait quelques trucs fantasques, comme sa louche bulgare et ses moves de grand-père. C’est un joueur qui a une expérience et qui sait comment jouer sur demi-terrain. Il sait se placer, bouger dans les bon timings. Il comprend vite les choses, du coup il est toujours bien placé. Et c’est un vrai combattant. On avait besoin de quelqu’un comme ça. Quand je demande aux autres de combattre, ils me regardent et me disent « Je ne sais pas faire ». Lui est venu et a dit à tout le monde « Allez-y, moi je suis derrière ».

BasketActu : Tu considères que la blessure de David Noël vous a mis dedans ?
CD : Non pas du tout. Avec David, on aurait eu une mauvaise période, peut-être un moins longue. Mais il faut se rappeler que David n’était pas candidat au titre de MVP sur les quatre premières journées. Comme Vasco, David est un joueur de collectif qui fait briller son équipe. Etant blessé, il nous apportait énormément sur le bord du terrain. Sur le terrain, il a le sens du sacrifice. Contre Nancy, il ne fait pas un gros match mais il est présent défensivement.

BasketActu : Quel a été le moment le plus dur à gérer ?
CD : La période qu’on traverse actuellement. Le dernier mois, depuis la défaite contre Chalon, a été difficile. Chalon, Cholet, Vichy, Toulon et Limoges… On n’a pas su rester une équipe soudée. Trop de joueurs sont restés chacun de leur côté. Une équipe qui gagne a besoin d’un chef sur le terrain.

BasketActu : Ce n’est pas à vous de leur dire tout ça et de les pousser ?
CD : On n’est pas sur le terrain avec Ron. Ce n’est pas le moment d’entrer en conflit avec les mecs. Contre Cholet, on s’est retrouvé avec des BE2 en 3 minutes partout dans la salle. Quand je les écoutais, ils disaient tous « Fallait faire ci, fallait faire ça ». Mais il faut voir l’équipe qu’on a et le contexte de cette fin saison. On n’est pas là pour faire de la théorie. Sinon il suffirait d’une feuille blanche, d’un stylo et de leur faire passer une « interrogation écrite ». On manque de caractère mais ce n’est pas nouveau. Après la défaite de 31 points face au Havre, ce sont des choses que l’on disait déjà. Il a fallu ramener tout le monde dans le droit chemin. On va en Coupe d’Europe, on en reprend 30. A Strasbourg, c’est pareil. On gagne contre Roanne et Le Mans à domicile mais c’est l’arbre qui cache la forêt. Quand tout va bien, c’est excellent. Mais il y a des périodes difficiles. Contre Nancy, on était vraiment dos au mur, on ne pouvait faire autrement que de gagner et là on avait des soldats. On a besoin d’un leader…

BasketActu : Qui peut prendre ce rôle ?
CD : Je ne sais pas. Contre Nancy, Jimmal a trois minutes euphoriques mais dans la prise de risque. Il met tout dedans, il donne le rythme, il fait le break. C’est son truc. Moi je parle de quelqu’un qui a du charisme, du tempérament. Tu as un gars comme ça contre Cholet, tu repars avec la victoire.

BasketActu : Le match contra Vichy va être le match couperet ?
CD : On va d’abord essayer de faire un coup contre Gravelines (Ndlr : L’interview a été réalisée la semaine dernière). Celui contre vichy va être un gros match mais ne sera pas décisif. Celui contre Pau le sera encore plus. Regarde, Vichy est à 25 pts et derrière nous et ils rencontrent à Toulon. Au regard de ce qu’ils font en ce moment, tu peux penser qu’ils vont gagner. Si on perd à Gravelines, on est ex-aequo avec Vichy mais on n’a pas le goal average avant de les jouer. Si tu les bats chez toi, il faut que tu gagnes de 28 pts pour reprendre le goal average. Sinon tu repasses devant à un point mais sans le goal average. Derrière, il te reste deux matches. En gros, il ne faut jamais se retrouver à égalité avec Vichy. Si tu perds, tu leur laisses la main. Derrière tu dois battre Pau à domicile. Et même si tu gagnes Gravelines et que Vichy perd Toulon, il te reste Vichy à domicile. Tu gagnes, tu les mets 3 points derrière. Après il te reste trois matches. Si tu fais 0/3 et que Vichy fait 3/3, ils repassent devant toi. Vichy n’est pas le match le plus important. Le plus important c’est d’en gagner au moins deux.

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Comments

Commentaires (18)

  1. BCMers

    C'est bien de s'en rendre compte au mois d'avril…

    pour avoir vu le match de samedi, c'était flagrant en effet ; cette équipe a besoin d'1leader ? mais c'est même pas une équipe ! si Albicy fait 7passes , c'est parce qu'il en avait marre de se griller (2air balls, 1 brique etc ) . Albicy pense déjà à sa prochaine saison, Sommerville et Noel savent qu'ils trouveront facilement 1 club … Ah Paris !

  2. OscarAbine

    Niveau leader, ce que je ne comprends pas bien, c'est qu'il dit à un moment "Vasco est un joueur charismatique qui en impose à tout point de vue" puis "on a pas de leader". Ben…

  3. Rickson

    Christophe Denis est tout simplement la photocopie de Dupraz, même pas capable de gérer quoi que ce soit, j'ai vu les entrainements et d'autres choses je peux vous dire que ce charlatant n'a rien à faire en Pro A ni même en Pro B, il a un petit profil qui mérite une N2 et encore.

    De toute façon cette équipe du PL me mérite pas sa place en Pro A il faudrait tout simplement la rayée de la carte basket haut niveau.

  4. GW

    Parce que Vichy et Poitiers ont un projet interessant, ca serait peut etre une bonne chose que le PL descende.

    Le PL c'est Paris donc des investisseurs et de l'argent frais quoi qu'il arrive. Il faut juste qu'ils digerent la fusion, se décident entre agrandir leur salle de Levallois, tenter de remplir Bercy ou bouger à Coubertin et montent calmement un projet ambitieux.

    Quand j'ai vu que l'Euroleague et son président hésitait à l'époque à leur offrir une wild card qui finalement est revenu à l'ASVEL, ca démontre qu'il y a un potentiel de développement énorme qu'ils n'arrivent pas à maitriser…

    Et puis avec Nanterre qui frappe à la porte, il y aura surement une émulation positive.