Preview Euroleague : CSKA vs Olympiacos, retour vers le futur

Finaliste malheureux la saison passée, le CSKA Moscou retrouve son bourreau en demi-finale pour le premier match du Final Four. Preview.

Souviens-toi le Final Four dernier :

Le décor est planté. Impossible de commencer autrement car, un an plus tard, le souvenir de la défaite en finale de l’Euroligue 2012 trotte encore dans la tête des joueurs du CSKA Moscou.

« Nous devons apporter notre soutien et rester aux côtés des joueurs qui ont souffert de la défaite de l’an passé. Nous devons leur faire sentir que nous sommes là pour les aider. Rien d’autre. Je ne pense pas que se souvenir puisse être effacé. Ça fait partie de la vie, et ils doivent vivre et faire avec », expliquait le pragmatique Ettore Messina dans une interview.

Mais il ne faut pas se tromper, si le rusé Messina refuse de faire table rase du passé, c’est avant tout pour cultiver l’esprit de revanche et focaliser des joueurs parfois trop « faciles ». Néanmoins, cette volonté de se nourrir de l’épisode de mai 2012 est également partagée par l’entraîneur de l’Olympiacos.

« Le CSKA a beaucoup de pression car ils ont probablement la meilleure équipe d’Europe, avec le plus gros budget, des joueurs d’expérience, un coach expérimenté. Cette fois encore, nous sommes les outsiders. Je vais essayer de convaincre mes joueurs que la même chose que la saison passée peut arriver », avouait Bartzokas sur le site de l’Euroleague.

Une guerre des mots laissant apparaître une constat clair : sur le papier, le CSKA part encore avec un léger avantage. En progression constante, la Red Army s’est à plusieurs reprises frottée à ce qu’il se faisait de mieux en Europe (Real Madrid, Barcelone, Khimki, Zalgiris, Panathinaikos), pour au final arriver au Final Four en boulet de canon.

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Drivé à merveille par la paire Teodosic – Khryapa, capable d’apporter le danger sur toutes les lignes et disposant en la personne Ettore Messina d’un tacticien à même de calmer les ardeurs du plus terrible des trublions, le club moscovite a les outils pour déboulonner n’importe quel socle défensif.

Embarqué de son côté dans une série à couteaux tirés en quarts, l’Olympiacos en a profité pour donner quelques munitions à ses opposants, en laissant apparaître de sérieuses faiblesses devant la taille de Semih Erden et Stanko Barac.

« Le premier mismatch de l’histoire était David contre Goliath, donc après ça je ne pense pas que l’on puisse dire que tout se résume à une histoire de taille. La taille devient un avantage quand ont fait bien circuler la balle et que tous les joueurs sont sur la même longueur d’onde », coupait court Messina lorsque cette défaillance de l’Oly lui était rappelée.

Le rital n’a pas tord, mais il n’est pas aveugle. Loin de là. A de nombreuses reprises, Nenad Krstic et Sasha Kaun ont été associés sur le parquet. De quoi former un alliage technique-robustesse très intéressant, et ajouter quelques centimètres à un cinq au sein duquel le mètre quatre-vingt-quinze de Teodosic le font déjà passer pour un nain.

Il y a un an, la même problématique s’était posée. Dusan Ivkovic avait su trouver la parade en utilisant la sauvagerie de Joey Dorsey. Pas sûr que Josh Powell, plus grand mais surtout plus gentil que son prédécesseur, ne puisse tenir le choc malgré son expérience NBA.

Dans la manche 5 décisive contre l’Efes, Bartzokas avait bluffé en lançant Shermadini avant de le remettre rapidement au placard. Nul doute que le grand Géorgien pourrait être un atout utile… pour peu que le coach hellène ne lui redonne enfin sa chance.

Toutefois, conformément aux propos de Messina, la rencontre à venir ne peut pas se résumer à une histoire de qui-a-la-plus-grande. En effet, si le tacticien italien insiste tant sur la problématique de la circulation de balle, c’est parce qu’il sait que nombreux sont ceux qui se sont cassés les dents sur le bloc grec.

Pick and roll, pick and pop, shoots extérieurs à la pelle (1ers de l’Euroligue avec 39.5% d’adresse), isolations pour Sonny Weems ou systèmes léchés sur remises en jeu, les Russes aiment partager la gonfle (18.6 pds/match au Top 16). Voire même un peu trop (13.6 bps/match au Top 16).

Un vilain défaut dont pourrait profiter à merveille la formation du Pirée, elle qui défend si bien le jeu en PnR.

 

Faire déjouer le CSKA n’est pas une solution mais donc une obligation pour l’Olympiacos. D’autant plus qu’en cas de fin de match serrée, les démons de Milos Teodosic, expulsé vendredi dernier au bout de huit minutes de jeu lors d’une rencontre sans enjeu, seraient peut-être amenés à resurgir.

Plus balbutiant qu’à l’accoutumée dans le money time cette année, l’Oly est en tout cas prêt, pour Georgios Bartzokas, à aller au combat.

« On a déjà eu des matchs où la victoire était obligatoire, et pas qu’un ou deux. Après une mauvaise défaite contre Sienne lors du Top 16, nous sommes allés à Tel Aviv pour battre le Maccabi sans Acie Law et Josh Powell. Après avoir perdu contre Barcelone à domicile, on est allés battre Sienne sans Georgios Printezis. On bat le Khimki dans le dernier match du Top 16. Et, bien sûr, il y a eu le match 5 contre l’Efes. »

Un match 5 au cours duquel Spanoulis & cie ont remonté un déficit de quinze unités grâce à leur force collective et un banc précieux.

Souvent moqué, Acie Law a pour lui un petit shoot efficace mis en valeur sur step back ou passes en sortie d’écran de V-Span (un classique). Perperoglou et surtout Printezis ne disent rien mais plantent à tous les matchs dans deux registres différents : le premier est un 3 capable de poster, le second est un 4 bodybuildé aimant s’écarter.

Cependant, des manques apparaissent. Si Spanoulis excelle sur PnR, la zone stambouliote et la défense de Jamon Lucas lui ont fait des misères. Nul doute que Messina saura bien vite lui coller Aaron Jackson dans les pattes pour lui rendre la vie difficile, tel qu’il l’avait fait pour Sergio Llull.

Autre vilain défaut : l’adresse extérieure (13ème du Top 16 avec 33.6%). Keselj ne vendait pas du rêve mais il savait la mettre dedans. Désormais, en dépit du bon vouloir de Pero Antic, seul le jeune Sloukas est équipé pour rentrer la boule chaude à coup sûr (45.7%). De fait, Kostas Papanikolaou, qui retrouvera sur sa route le féroce Khryapa ou le trop sous-estimé Micov, devra sortir le grand jeu pour aider les siens, pendant qu’un Kyle Hines en mode ramasse miettes sera nécessaire pour sanctionner la moindre aide défensive.

« Je ne vois pas ce match comme étant un jeu d’Échecs se résumant à savoir si nous allons stopper Spanoulis ou pas. Nous allons essayer de faire du bon travail sur lui, comme nous essayons toujours de le faire, et ils vont tenter de faire de même sur nos meilleurs scoreurs. Et à la fin, ce seront les joueurs qui décideront de l’issue de la rencontre. »

Sacré Messina.

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Comments
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Commentaires (1)

  1. AlphonsoFord

    Très bonne preview, merci. Avantage CSKA pour moi