Cyril Julian: « on avait d’abord gagné la Coupe Korac pour le maillot »

Il y a 10 ans, le SLUC remportait la Coupe Korac.

Au cours d’un entretien pour l’Est Républicain, Cyril Julian est revenu sur la Finale de la Coupe Korac 2002. Sacré champion d’Europe avec son SLUC Nancy, le capitaine historique du club lorrain, très sérieusement touché au genou à l’époque, raconte comment il a pu brandir le trophée Radivoj Korac en premier.

« Je m’étais détruit le genou après six minutes au match aller. Au retour, à Rostov (Ndlr : contre Vody), on avait joué l’intox jusqu’au bout en laissant croire que j’allais jouer. A quarante secondes de la fin, Sylvain (Lautié) m’a fait rentrer. Il s’était renseigné et m’avait dit : si tu veux avoir le droit de soulever le trophée en tant que capitaine, il faut que tu sois entré en jeu. J’ai joué quarante secondes avec un énorme bandage sur le genou ».

Vainqueurs 98 – 72 au match aller, les hommes de Sylvain Lautié avait réussi, non sans mal (défaite 74 – 95), à conserver leur écart au fin fond du Caucase. Pouvant compter sur Maxime Zianveni et Vincent Masingue, l’équipe française, dotée de très peu de moyens financiers, avait alors réussi l’exploit de faire tomber une formation russe nourrie aux pétrodollars.

« Notre parcours en Coupe Korac n’avait pas vraiment été budgété. Si on gagnait le trophée, on avait droit à 500 euros de prime ! Quand j’ai dit ça à Tony Farmer le jour de la finale retour (Ndlr : joueur américain de Vody, passé par Besançon), il n’y croyait pas. Eux, ils prenaient 50.000 dollars chacun en cas de victoire. Farmer m’a même proposé de partager sa prime si on les laissait gagner… A la fin du match retour, il est venu me voir et m’a dit : ’’vous avez gagné pour 500 euros’’. Je lui ai répondu qu’on avait d’abord gagné pour le maillot. Il m’a dit : ’’respect !’’ »

Une victoire pour le maillot, oui. Mais aussi une victoire pour des joueurs qui était bien plus que de simples coéquipiers.

« Cette saison-là, nous n’étions pas une équipe de basket, mais une famille, un groupe qui jouait sa peau à chaque match. Une telle osmose, je n’ai plus jamais connu ça par la suite. La seule ambiance qui s’en soit un peu approchée, c’est celle qu’il y avait en équipe de France aux Jeux de Sydney. Avec des ‘’si’’ on mettrait Paris en bouteille, mais je pense que si Joseph (Gomis) n’avait pas eu ses problèmes de cheville en fin de saison, si Stevin (Smith) ne s’était pas cassé le dos et si je ne m’étais pas pété le genou, nous aurions été champions de France. Il n’y avait aucune rivalité, sur aucun poste. C’était une opération commando à chaque match. Au complet, cette équipe était injouable… »

Dix ans après cette belle épopée, le SLUC est toujours le dernier club français à avoir remporté une coupe européenne. A l’Elan Chalon de mettre fin à cette décennie sans titres continentaux pour le championnat de France.

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Comments
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Commentaires (10)

  1. A-Sir

    C'est vrai que sans les blessures de Boskovic, Gomis, Julian, Land, on aurait pu faire quelque chose derrière. Mais comme dit CJ, avec des "si"…
    De grands moments en tout cas.

  2. AND11

    La belle époque…

    Lautié, la raquette 100% française avec le talentueux Dubos, Masingue, Julian et le jeune du centre du formation Air Max (avec des dunks monstrueux dans le match aller de la finale!)..

    Une époque ou les équipes étaient plus françaises qu'américaines..

    10 ans après on s'éclate comme des dingue avec Monschau. Youpi :)

  3. A-Sir

    Plus de saveur ? Un titre reste un titre.
    Quant aux jeunes, on avait qui pendant la Korac ?

  4. burt cassander

    "Eux, ils prenaient 50.000 dollars chacun en cas de victoire. Farmer m’a même proposé de partager sa prime si on les laissait gagner…"

    et personne pour relever cette vaine tentative de corruption !!

  5. AND11

    On avait Zianveni. Et 1 c'est déjà très bien. J'en demande pas 10 :)