David Blatt à « je t’aime, moi non plus »

Le cas David Blatt divise du côté de Tel Aviv. Adoré par les fans et la presse, le tacticien ne fait pas l’unanimité en interne. Portrait.

Aussi inconcevable que cela puisse paraître, David Blatt est passé tout proche du licenciement en janvier dernier. Alors sorti en lambeaux de la première phase de poule de l’Euroligue, le Maccabi Tel Aviv se retrouvait très vite largué au Top 16, avec un bilan de zéro victoire et deux défaites. Finalement vainqueur du « match de la mort », face à Fenerbahçe, le cafard a sauvé sa tête et précipité la chute de Simone Pianigiani. Vilipendé par son président, lâché par certains joueurs, adulé par les fans et soutenu par toute la presse, Blatt ne laisse pas indifférent. Mais pourquoi diable ?

David-Blatt-Euroleague

Tel Aviv, ton univers impitoyable

Parvenu à faire décaler l’horaire Euroligue il y a deux ans, principal instigateur de la refonte du Top 16, maître chanteur ayant instauré de force la réforme sur la limitation des joueurs étrangers en championnat, le Maccabi se situe au carrefour entre sport, politique et religion. Éternel champion d’Israël, le Club Nation est bourré de principes qu’il s’applique à lui-même et fait surtout subir aux autres. Pini Gershon prié de faire ses valises manu militari fin 2001 après s’être rendu coupable de dérapages racistes, le fils caché de Daniel Craig et Mads Mikkelsen s’est retrouvé propulsé à la tête des jaunes et bleus pendant deux saisons, le temps de remporter une paire de titres nationaux et d’être nommé coach de l’année, à seulement 43 ans. Le début d’une longue carrière injustement ralentie par le retour surprise du maître déchu.

« Ça a été dur. Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que Pini est une véritable légende au Maccabi. Il y avait pas mal de choses qui se tramaient en coulisses et j’ai plus ou moins été mis devant le fait accompli, sans avoir trop de solutions de rechange. Il était trop tard pour trouver un autre club », nous confiait-il en 2008.

Tête pensante du grand Macca du doublé Euroleague 04-05, l’Américano-israélien a rongé son frein sur le banc de touche, avant de partir en vadrouille un peu partout en Europe (Trévise, Moscou, Istanbul, Salonique). Finalement revenu en terre promise au lendemain de la chute de Gershon, face à l’éphémère Hapoel Galil, le natif de Louisville a acquis ses galons grâce à ses victoires avec l’équipe nationale russe et la qualification de son Maccabi pour le Final Four Euroleague. Le début de la gloire, le commencement des emmerdes.

Marche ou crève

Meneur cérébral formé à Princeton, le credo de coach Blatt est clair : le collectif fait la star, et pas l’inverse. Les solistes Jeremy Pargo et Keith Langford en savent quelque chose.

« Quelque part, il est le mec typique sorti de Princeton », déclarait l’un de ses anciens coéquipiers de la fac au NY Times. « C’était un joueur extrêmement intelligent et il comprenait absolument tout ce que le coach voulait nous voir faire ».

Le genre de mec psychorigide attaché au moindre petit détail et ne supportant pas de voir l’un de ses joueurs sortir du système. Oui, à l’image de Pablo Correa, le Blattman serait capable de sauter au cou d’un de ses joueurs pour le féliciter puis, dans la minute suivante, de le tuer. Une philosophie ayant souvent conduit aux clashs, comme ce fut le cas avec Sofoklis Schortsanitis et surtout Theo Papaloukas, davantage habitué aux libertés accordées par Panagiotis Giannakis et Ettore Messina.

« Je le respecte parce qu’il y a quelques trucs que j’apprécie dans son appréhension du basket-ball. Je serai capable de faire sur le parquet toutes les choses dont lui et moi avons parlé, mais ce que nous nous sommes dit restera entre nous », balançait Papaloukas dans une interview quelques semaines après son arrivée, en laissant déjà deviner quelques tensions avec son coach.

 

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Comments
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Commentaires (5)

  1. Matt

    Bravo pour ce superbe article cet exactement ce qui se passe actuellement surtout après 2 défaite d’affilée en ligue israélienne contre Eilat et Jérusalem coach blatt reste pour moi un grand homme tu basket mondiale il n’as pas pris toute les décision sur la sélection des joueurs de cet année a cause de la selection russe

    Merci basket actu de parler de mon coach préfèrer

  2. Buk

    Très bel article Vincent félicitations ça fait plaisir de lire une analyse pareille sur BA :D

  3. burt cassander

    Un excellent coach dont j’en apprend un peu plus, merci !!

    Et comme quoi, même les meilleurs peuvent se planter. (façon de parler).

  4. Yomamamia

    J'adore Eliyahu et j'avoue ne pas vraiment comprendre pourquoi il ne joue pas, il défend pas si mal et ses moves offensifs sont efficaces et limite imparables. Il est parfois inconstant mais bon…