Des trophées NBA à la saveur européenne

Trois des six trophées NBA attribués hier soir ont été remportés par des joueurs européens. Une belle victoire pour le basket international.

Il y a encore vingt ans, les joueurs européens se faisaient très rares en NBA. Ce n’est pas qu’ils n’étaient pas au niveau. Il y avait sur le Vieux Continent quelques excellents basketteurs qui auraient très bien pu briller au sein d’une ligue dominée par les superstars américaines. Mais les franchises étaient encore méfiantes vis-à-vis des joueurs originaires d’Espagne, de France ou d’Allemagne. Et il a fallu quelques pionniers, des Drazen Petrovic, des Tony Kukoc, des Detlef Schrempf, des Vlade Divac, des Tariq Abdul-Wahad puis des Dirk Nowitzki, des Tony Parker et des Pau Gasol pour finalement faire évoluer les mentalités. Aujourd’hui, ces joueurs ont fait des petits. Ils ont amené des Giannis Antetokounmpo, des Rudy Gobert ou des Luka Doncic à croire en leurs rêves. Ils ont tous les trois décroché l’un des trophées NBA hier soir.

Il y avait 17 joueurs européens quand Nowitzki est arrivé de sa Bavière natale en 1998. Presque vingt ans plus tard, ils étaient 70 après les drafts de Frank Ntilikina et Lauri Markkanen en 2017. Sacrée évolution. Entre temps, l’intérieur allemand était devenu le premier originaire du Vieux Continent à être élu MVP. En 2007, dix ans avant que les espoirs français et finlandais soient piochés dans le top-10. Le grand Dirk a désormais un successeur. Antetokounmpo est devenu cette nuit le deuxième européen à rafler le plus prestigieux des trophées NBA.

Chaudes larmes aux yeux, le « Greek Freak » a rendu hommage à ses parents et à sa famille au moment de monter sur scène pour recevoir sa récompense hier soir. Ils reviennent de si loin. Ils ont grandi à Sepolia, un quartier d’Athènes, avec la crainte de se faire expulser au Nigéria, un pays dont sont originaire les siens mais que Giannis ne connait pas. Il vendait des lunettes dans les rues pour se faire de l’argent de poche pendant sa jeunesse. Il était un inconnu qui évoluait en deuxième division mais dont les mensurations excitaient quelques scouts. Et il est désormais le meilleur joueur de la saison avec plus de 27 points, 12 rebonds et 5 passes de moyenne par match. La nouvelle superstar d’une Grèce qui ne l’aimerait pas autant s’il n’était pas un joueur NBA. Mais il reste un modèle pour ses jeunes compatriotes.

Luka Doncic est lui aussi une source d’inspiration. Le Slovène a découvert la plus grande ligue du monde cette saison après avoir été formé au Real Madrid. Et il a fait à Dallas exactement la même chose que ce qu’il faisait dans la capitale espagnole : il a brillé très vite. Ses débuts ont été tonitruants. 21,2 points, 7,8 rebonds et 6 passes de moyenne pour sa première année en NBA. Historique. Il est déjà le meilleur joueur des Mavericks et il est une superstar en devenir. Pour l’instant, il répond aux attentes pourtant énormes placés en lui. Et peut-être qu’un jour il sera lui aussi MVP comme Giannis Antetokounmpo. Peut-être même qu’il deviendra le meilleur basketteur européen de l’Histoire. Il y a encore du chemin. En attendant, lui aussi a été mis à l’honneur en étant nommé ROY.

Deux et même trois des six trophées NBA ont donc été décernés à des joueurs européens. Parce que Rudy Gobert complète donc ce trio en décrochant son deuxième DPOY d’affilée. Une belle récompense pour celui qui avait mal vécu de ne pas avoir été nommé All-Star. Il est considéré comme le meilleur défenseur de la ligue. Pas rien pour un pivot que beaucoup voyaient échouer de l’autre côté de l’Atlantique. Il continue de leur donner tort en progressant de saison en saison.

C’est donc une très belle soirée pour le basket européen et international. La preuve que l’ouverture de la ligue au reste du monde fonctionne bien. Plus que bien. Et ce n’est peut-être que le début. Parce que des jeunes talents continuent de pousser un peu partout sur la planète. Rien que l’an prochain, deux joueurs européens sont considérés parmi les meilleurs prospects : le Français Theo Maledon (ASVEL), annoncé dans le top-5 et l’Israélien Deni Avdija, lui aussi pressenti pour être choisi assez haut. Gobert (26 ans), Antetokounmpo (24) et Doncic (20) sont encore très jeunes. Et c’est peut-être le plus encourageant. Ils vont pouvoir dominer pendant des années. Mais la relève est déjà là.

Crédit photo : Ann-Dee Lamour

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