Dubuisson : Légende vivante

HERVÉ DUBUISSON N’A RIEN OUBLIÉ DE SES 30 ANNÉES DE CARRIÈRE. VOYAGE DANS LA MÉMOIRE DE L’UN DES PLUS GRANDS VIRTUOSES DE L’HISTOIRE DU BASKET FRANCAIS.

Tout au long de l’été, nous vous ferons redécouvrir (ou découvrir) des articles, interviews, portraits ou dossiers que nous avons publiés dans REVERSE depuis les débuts du magazine. Nous vous proposons aujourd’hui un retour sur l’une légende du basket français streetball, Hervé Dubuisson, un portrait publié dans REVERSE #7, à l’automne 2006.

Texte : Arnaud Blaizot       Photos : courtesy of Hervé Dubuisson

 

Hervé Dubuisson n’a rien oublié de ses 30 ans de carrière. Voyage dans la mémoire de l’un des plus grands virtuoses du basket français.

Épernay, septembre 2006, une fête des sports comme il y en a tant d’autres, un homme est assis au milieu du terrain sur une chaise, un ballon de basket entre les mains. Sans donner l’impression de forcer, il lance la balle avec un geste aussi fluide que rapide. Le ballon s’élève puis transperce les filets. 12 mètres plus loin !! Coup de chance ? Pour un anonyme peut-être mais pour l’homme assis sur cette chaise, c’est un tir presque banal. Hervé Dubuisson ou Dub pour les intimes n’est ni plus ni moins que le meilleur shooteur que la France ait jamais connu. Un homme qui, pendant 25 ans, a foulé les parquets au plus haut niveau. Une vie entière au service du basket. Pour tous ceux qui ne jurent que par Diaw, Pietrus et Parker. Et pour les autres aussi. Retour sur une carrière historique.

L’histoire démarre en 1957, à Douai. Hervé grandit paisiblement dans la petite ville de Thumeries et prend vite goût au sport, notamment à l’athlétisme, où il montre de belles prédispositions pour le saut en hauteur. Il se met en plus au basket pour continuer une activité sportive quand le rude climat du Nord ne permet pas une activité extérieure. Le jeune homme est doué, motivé et doté de qualités athlétiques rares. Pierre Legrain, son entraîneur d’athlé de l’époque contacte alors son ami entraîneur du grand club de la région : Denain. Le changement ne semble pas perturber le gamin qui multiplie les exploits, notamment au niveau du scoring. A 15 ans alors qu’il est encore cadets, il survole les championnats de France juniors en plantant la bagatelle de 47 points en demi-finale face au Mans où brillait Eric Beugnot (lui aussi futur international, comme son père Jean-Paul et son frère Gregor, l’actuel entraîneur de Chalon). Il ajoute 40 points en finale pour donner le titre à Denain. Cette même année, il inscrit 96 points dans une rencontre scolaire…

Tout s’enchaîne ensuite très vite. Alors qu’il est toujours cadet, il intègre l’équipe première, devenant (et demeurant toujours) le plus jeune joueur à avoir foulé un parquet pro. Ricky Rubio de l’époque, il n’est alors âgé que de 15 ans et demi pour son premier match : une rencontre de coupe d’Europe face à un club luxembourgeois. En fin de saison en stage à Avignon avec les cadets France, il a le droit à une belle surprise :

« On jouait contre l’équipe féminine et à la fin du match, l’entraîneur des seniors vient me voir pour intégrer l’équipe senior masculine. »

Le jeune Hervé bat alors un nouveau record de précocité avec une première sélection nationale à l’âge de 15 ans et 9 mois. Il y en aura 253 autres.

Nous sommes en 1975, Dub est titulaire indiscutable à Denain et commence à briller (plus de 12 points par match dans sa première saison pleine avec le club). Malgré les propositions d’universités américaines, le jeune prodige accepte l’offre du Mans.

« J’avais un contrat garanti dans la meilleure équipe de l’Hexagone aux côtés de joueurs exceptionnels et je n’avais que 18 ans. Je ne pense pas qu’on puisse dire que ce fut un mauvais choix. »

Au Mans, sous la houlette de Bill Sweek (ancien coéquipier de Lew Alcindor aka Kareem Abdul-Jabbar à UCLA), il met son shoot soyeux et ses qualités de scoreur au service de l’équipe. Il enquille les paniers avec une régularité de métronome pendant 5 années, contribuant aux deux titres de 1978 et 1979.

En 1980 il est approché par le Maccabi Tel-Aviv après avoir passé quelques beaux cartons à l’équipe israélienne. Il signe finalement à Antibes en 1981, à la surprise générale.

« J’ai toujours fait des choix de vie avant tout, je suis allé à Antibes parce que j’avais envie de voir le soleil, j’ai ensuite eu envie de voir Paris et j’ai donc signé au Racing. »

SUITE >>

Tags : ,
Comments

Commentaires (21)

  1. Simon

    Un grand monsieur comme on en verra plus jamais en Pro A.

  2. Jurij_ Zdovc

    Oui, un vrai Shooter et Jumper qui de plus savait passer la balle. On regrettera son manque d'implication défensive et surtout ses choix de carrière. S'il avait rejoint un grand club européen, il serait peut être considéré actuellement comme le meilleur joueur français de tous les temps.

    (du point de vue des résultats collectifs par rapport au potentiel individuel, il est peut-être un de plus grands gâchis du basket français…)

    Sans doute aussi, un joueur qui est né trop tôt pour la NBA.

    Grand respect.

  3. yann.landry

    Où peut-on se procurer la vidéo du All star game français 1994?

  4. el gaucho

    Jurj a pas tort car on peut voir un sentiment de gâchis entre son talent et son palmarès.

    Le Pete Maravich français…???

  5. Tapion

    c'est qui qui a fait l'article? car il est très bien!

  6. pierre

    il est venu faire un match des anciens en juin dans mon club et je peux vous assurer qu'il a encore un shoot…

  7. Grilepain

    Dubuisson habitait à 2 maisons de chez moi, et j'habite à 2m du lieu de l'accident. Ca peut paraître débile, mais ça donne des frissons.

  8. jstarks

    J'ai eu la chance de voir pas mal de match de monsieur dubuisson qui etait probablement, et je pese mes mots, un des plus grand shooteur que ce sport ai connu.jespere que la fédé aura au moins la decense de lui proposer un vrai role.

  9. Jurij_ Zdovc

    J'aimerais savoir comment on peut mettre une vidéo de ce genre sur le net surtout !

    (par contre c'est enregistré sur France télévision.. donc faut se taper Patrick Montel et je sais plus qui….)

  10. Tapion

    ah! Du BSien old school!