Erman Kunter: « Istanbul ? Une ambiance… très chaude »

Avant de poser nos bagages sur les bords du Bosphore, on est allés trouver le plus français de tous les Stambouliotes le coach de Cholet Basket, Erman Kunter, pour nous parler de sa ville natale.

L’espace d’un week-end, Istanbul devient la capitale du basket européen. Avant de poser nos bagages sur les bords du Bosphore, on est allés trouver le plus français de tous les Stambouliotes le coach de Cholet Basket, Erman Kunter, pour nous parler de sa ville natale.

BasketActu : Quel est le quartier où vous avez grandi ?

Erman Kunter : J’ai grandi dans le quartier de Şişli [au nord de la partie européenne, à l’ouest du district de Beşiktaş, NDLR]. Je suis né là-bas et après on a déménagé 5 kilomètres plus loin.

BasketActu  : Quels sont vos endroits favoris à Istanbul ?

EK : Il ne faut pas oublier que je suis parti depuis 9 ans (il se marre). C’est une ville qui a grandi énormément ces dernières années. Aujourd’hui il y a 14 millions d’habitants ou quelque chose comme ça. Quand les villes grandissent de cette façon, il y a plusieurs centres-villes, à la fois dans la vieille ville mais aussi dans la partie asiatique. Après pour en revenir à mes endroits préférés, près de Şişli, il y a un endroit qui s’appelle Etiler [connu pour ses cafés, ses petits restos et ses boîtes de nuit, dans le district de Beşiktaş, NDLR.]

BasketActu  : Vous y retournez souvent ?

EK : Ma mère, ma fille, ma tante et mon oncle habitent encore là-bas donc on y retourne généralement deux fois par an, pendant les vacances de Noël et à la fin du championnat. On va rendre visite à la famille et aux amis à Istanbul et ensuite on va dans le sud de la Turquie.

BasketActu  : Pouvez-vous nous raconter votre carrière de joueur à Istanbul ?

EK : En tant que joueur j’ai commencé le basket dans le lycée de Galatasaray, un lycée francophone assez réputé puis j’ai fait mon centre de formation dans un club alors très formateur : l’université technique d’Istanbul. J’ai ensuite joué en tout et pour tout huit saisons avec Beşiktaş – qui vient de remporter l’Eurochallenge il y a quinze jours – mais aussi deux saisons avec Fenerbahçe en plus de quelques années dans deux autres clubs turcs.

BasketActu  : Comment les fans réagissent quand on joue pour Beşiktaş et qu’on quitte le club pour une autre équipe d’Istanbul ?

EK : J’ai fait un transfert à l’époque dans un autre club de basket d’Istanbul qui n’existe plus : Eczacıbaşı. C’était l’équipe d’un groupe pharmaceutique. J’ai eu de gros problèmes  à mon arrivée parce que le tirage au sort a été contre moi et le premier match de la saison était en déplacement au Beşiktaş donc j’ai été un peu chahuté (il rit jaune) par les supporters, qui m’aimaient beaucoup et n’avaient pas trop apprécié que je signe pour un autre club.

BasketActu : On sait qu’Istanbul est une ville de foot. A quel point les Stambouliotes aiment le basket ?

EK : C’est une très très grande ville. Je pense qu’aujourd’hui il y a 3 salles de basket au-dessus de 12 000 places. La Turquie est un pays de foot mais le basket est numéro deux loin devant les autres sports.

BasketActu : Avez-vous vécu à Istanbul les derniers championnats du monde ?

EK : Malheureusement non parce que fin août – début septembre, c’est l’époque de la préparation avec Cholet. Bien sûr j’ai suivi sur la télé turque. J’étais là-bas par contre en 2001 lorsque la Turquie est allée jusqu’en finale des championnats d’Europe à Istanbul. J’étais dans la salle. On peut s’imaginer l’ambiance… très chaude.

BasketActu  : Avez-vous eu l’occasion de voir la Sinan Erdem Arena ?

EK : Oui, oui. On est allés jouer là-bas en Euroleague l’an dernier contre Fenerbahçe.  C’est une salle immense, 17 000 places je crois. Il faut voir le toit, c’est haut. Ce qui est intéressant, c’est qu’un de mes anciens joueurs est devenu responsable technique de la salle. Il est notamment en charge du chauffage et il me disait que ça coûtait une fortune tellement la salle était grande. L’atmosphère était toujours sympa. C’est une très très belle salle.

BasketActu : Est-ce que ça vous étonne de voir Turkish Airlines s’impliquer autant dans le basket européen ?

EK : Ca, bien sûr c’est du business. Aujourd’hui l’Euroleague est la deuxième plus grande compétition sportive d’Europe après la Champions League, la troisième après la NBA dans le monde [pas sûr que les fans de NHL, NFL ou MLB soient d’accord mais on ne contredit pas Erman Kunter, NDLR].  Donc sponsoriser une telle compétition, ça me semble valoir le coup. Turkish Airlines en tant que société de transport est en train de grandir et ils ont fait ce choix. Il ne faut pas oublier que c’est la même voie qu’a prise la société turque d’électroménager Beko qui sponsorise le championnat d’Allemagne, de Lituanie, de Russie et bientôt l’Italie si j’en crois un article que j’ai lu récemment. Quand le championnat devient intéressant, aussi au niveau sportif, les gens sont prêts à investir.

BasketActu : Malgré l’absence d’Efes, Fenerbahçe et Galatasaray au Final Four, pensez-vous que les fans turcs vont répondre présents dans les fan zones et au stade ?

EK : Je pense que oui. D’après ce que je vois sur la télé turque, on assiste à la création d’un public purement basket en Turquie. Si vous organisez des grandes compétitions comme les championnats du monde, ça vous aide à créer des salles et à développer un public de basket. Il y a trois parfois quatre matches par journée qui sont télévisés. Aujourd’hui la valeur du championnat de Turquie, après l’Espagne, je pense que c’est la deuxième ligue d’Europe en termes de masse salariale de toutes les équipes.

BasketActu : Qu’est-ce que vous pensez de la politique de recrutement de Beşiktaş, par exemple. Le fait de fair venir Iverson ou Deron Williams a-t-il un impact positif sur les fans et la popularité du basket en Turquie ?

EK : Bien sûr ! J’étais ici en France mais j’ai suivi notamment sur Internet les interviews et c’était impressionnant l’arrivée d’Iverson alors même que c’était un joueur sur la fin de sa carrière. Deron Williams, c’était vraiment un show. C’était impressionnant. Bon après son départ, ils ont fait venir Carlos Arroyo, qui n’est peut-être pas du même calibre mais c’est aussi un joueur assez fort. Ils font signer de gros contrats à de très bons joueurs. Aujourd’hui en Turquie il y a vraiment cinq équipes qui sont vraiment très fortes. En Grèce et en Russie il y a deux équipes, en Italie une peut-être deux, en Espagne cinq ou six, un peu plus que la Turquie. En tout cas, en Turquie ils font signer de grands noms pour attirer les gens dans les salles. À un moment on a eu un grand problème pour remplir les salles et depuis qu’ils ont fait venir de grands joueurs NBA comme ça, les affluences montent.

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Commentaires (3)

  1. Testo

    "En Grèce et en Russie il y a deux équipes"… No offense, mais la, je ne sais pas si c'est très sérieux. OK pour la Grece, mais en Russie il y a bien 3, voir 4 très forts clubs. CSKA, Kazan, Khimki, Spartak et Kuban.

  2. SkP

    On note bien qu il dit rien sur la PRO A et ses x equipes :)

  3. Mat2

    C'est le coach le plus fort et le plus humble qu'ont ait dans ce pays, merci Erman d'être venu te "perdre" en France!!!