Euro : Le débrief du premier tour

Le premier tour de l’Eurobasket 2013 passé, c’est l’heure d’un premier débrief. L’EDF, Hedo Turkoglu, la Grèce, Nemanja Nedovic…

Le premier tour de l’Eurobasket 2013 vient de s’achever, avec son lot de bonnes et de mauvaises surprises. Si les grosses nations peinent globalement à se montrer au niveau, en raison notamment de l’absence de plusieurs de leurs cadres, des satisfactions sont apparues avant d’amorcer le tour principal de la compétition. Pour les sélections éliminées en revanche, l’heure est au bilan, entre fiasco retentissant et espoir d’un avenir meilleur.

Le constat : Les favoris à la diète

Sans convaincre, les quatre « gros » de ce championnat d’Europe passent au tour suivant. Punie d’entrée par l’Allemagne, la France s’est reprise et a montré quelques signes de progrès, malgré une inconstance chronique mais logique face à des adversaires bien loin de son niveau. Même topo ou presque pour l’Espagne, qui n’a été défaite que par le pays organisateur, au terme d’une rencontre ébouriffante. Un mal pour un bien pour la Roja donc, puisqu’elle a pu se tester contre un rival sérieux et en sait désormais un peu plus sur ses défauts, à commencer par le poste 4, où Victor Claver est en-dessous de tout. Auteur d’un coaching parfois suspect, Juan Antonio Orenga pourrait prochainement raccourcir ses rotations afin de stabiliser le jeu des siens. José Manuel Calderon, Rudy Fernandez et Marc Gasol ne sont peut-être pas prêts de souffler.

Emportée par une équipe italienne évoluant « à domicile » puis mystérieusement passée au travers contre la Finlande, la Grèce se retrouve quant à elle dans de beaux draps. Reste que le fonds de jeu est là, même en l’absence de Vassilis Spanoulis. Qu’on se le dise, il ne fera pas bon terminer parmi les deux premiers du Groupe E. Suivez notre regard

Enfin, de son côté, devant faire avec le groupe le plus relevé, la Lituanie n’est pas passée loin du couperet. A quatre petits points, en fait. Sauvée des eaux par Linas Kleiza, l’équipe balte devra muscler son jeu et prier pour que Jonas Kazlauskas retrouve son niveau au coaching.

L’inattendu pourtant attendu : Le fiasco Turc

turkoglu turquieHedo Turkoglu et consorts devaient profiter de cet Eurobasket pour passer le témoin à la génération Ersan IlyasovaOmer Asik, comme les illustres Ibrahim Kutluay, Mirsad Turkcan et autres Kerem Tunceri l’avaient fait pour eux. Raté. Et dans les grandes largeurs. Désespérant, tant au niveau sportif que comportemental, Turkoglu s’est attiré les foudres des fans et continue donc de ternir sa réputation au crépuscule de sa magnifique carrière. Sans chef de meute, la sélection turque est partie en vrille, voyant la plupart de ses éléments jouer pour leur propre nombril dans l’espoir de sauver leur face. Autre symbole de la déchéance d’une Turquie pourtant vice-championne du Monde en 2010 : Bogdan Tanjevic. Entraîneur mythique des années 90, le Serbe semble avoir perdu la main. Incapable de se faire entendre, enchaînant erreur sur erreur, Tanjevic paie finalement les bévues politico-financières d’une Fédération qui aurait dû le laisser partir l’été dernier, puis qui a finalement décidé de le conserver faute de n’avoir pu trouver un terrain d’entente avec le très gourmand Ettore Messina ou le controversé Ergin Ataman.

Néanmoins, au milieu de ce parcours chaotique, Ersan Ilyasova, Semih Erden et Emir Preldzic ont eu une attitude irréprochable. Barrés par quelques vieilles gloires, Ilkan Karaman et Furkan Aldemir devraient eux aussi apporter leur fraîcheur dans les années à venir. Pour Enes Kanter en revanche, les choses s’annoncent compliquées, car son éphémère tweet mis en ligne samedi soir, juste après la défaite de son pays, n’arrange pas sa situation.

enes kanter tweet

Le scandale : Macédoine – Monténégro

Le plus gros scandale de ce début d’Eurobasket 2013. Menée d’un point à dix secondes de la fin par le Monténégro, la Macédoine pensait l’avoir emporté à la suite du geste malheureux de Milko Bjelica, dont la main droite est venue tirer le filet au moment où Chekovski tentait une claquette. Sauf que les arbitres, peu inspirés, en ont décidé autrement, après quelques instants de flottement. Un vol qui, au final, a coûté la qualification à la « McCedoine », puisque démobilisés face à la Géorgie le lendemain, les partenaires de Pero Antic ont pris la porte à une journée de la fin en dépit d’un match époustouflant contre la Serbie…

 

Retour vers le Futur : L’Italie

Danilo Gallinari, Andrea Bargnani, Stefano Mancinelli, Daniel Hackett… Secrètement, forfait après forfait, l’espoir de revoir les vieux os de Massimo Bulleri, Matteo Soragna, Gianluca Basile et Denis Marconato prenait vie. En vain. Coachée de main de maître par un Simone Pianigiani revanchard, la Squadra ne manque pas de caractère et peu compter sur Marco Belinelli pour jouer les francs-tireurs dans les moments chauds ainsi que sur le petit shoot soyeux de Gigi Datome à l’aile. Si le poste de pivot pose problème, car seul le courageux mais limité Marco Cusin semble capable de rendre la pareille aux gros babars adverses, la Nazionale compense ses lacunes par la fougue de ses jeunes ouailles (Gentile, Melli, Aradori) et le soutien indéfectible des jolies pépées ayant décidé de traverser la frontière.

Le joueur : Nemanja Nedovic

Nemanja NedovicDans une équipe de Serbie disciplinée, Nemanja Nedovic apporte un petit soupçon de folie. Plus mature dans ses prises de décision, le combo-guard joue juste et, avec son profil de puncheur, est devenu le Facteur X d’un collectif parfois trop statique et dépendant de l’efficacité de Nenad Krstic sous le panneau. Peut-être encore trop juste pour tenir le choc face à des arrières NBA très explosifs, Nemanja Nedovic est, pour l’instant, l’un des « joueurs frissons » de cet Eurobasket 2013. On en redemande, même s’il n’a pas 1/100ème du talent de Dejan Bodiroga

 

L’insupportable : Mirza Teletovic

Balancer sur Hedo Turkoglu, Jonas Valanciunas, Victor Claver ou Loukas Mavrokefalidis aurait été trop facile… Mieux valait donc jeter son dévolu sur Mirza Teletovic, l’omnipotent leader de la Bosnie-Herzégovine (21 pts, 7,6 rbds). Intermittent du spectacle aux Brooklyn Nets, le Bosnien s’est lâché en enchaînant shoot sur shoot, sans même prêter attention à la distance qui le séparait du panier. Invisible en défense, personnel, râleur, Teletovic a été le meilleur joueur de la Bosnie… et sa plus grosse plaie. Et le pire de tout, c’est que s’il avait planté son shoot à 10 mètres à quelques secondes de la fin face à la Lituanie, on aurait crié au génie…

Le coach : Dusan Ivkovic

Il nous avait manqués. Tel un marionnettiste dictant la marche à suivre à ses petits pantins de bois, l’entraîneur septuagénaire est un spectacle à lui seul. Capable de tirer le meilleur des hommes à sa disposition, toujours aussi clairvoyant au moment d’effectuer des ajustements tactiques, impérial lors des temps-morts, excellent en conférence de presse, Ivkovic était, est et restera LE maillon fort de la Serbie. Duda a coaché les plus grands, Duda a gagné avec les plus grands, Duda a maté les plus grands. Le coach inspire la crainte et le respect, tant auprès des journalistes que de ses joueurs, qu’ils s’appellent Danilo Andusic ou Nenad Krstic. Les rumeurs de retraite qui l’entourent depuis maintenant deux ans sont de plus en plus insistantes. Espérons juste qu’elles soient encore infondées. Et Rasko Katic, il en pense quoi ?…

 

Le craquage : Aco Petrovic

Le frère de Drazen est notoirement connu pour son sale caractère. Suspendu trois matches en mars dernier pour avoir attaqué le coach de l’équipe adverse, le Croate n’a que trop peu goûté l’arbitrage du match Bosnie – Macédoine. Bilan : deux techniques, une toile trouée, une sortie sous les ovations du public et des joueurs galvanisés. Pas suffisant tout de même pour le calmer, puisqu’il en a rajouté une couche en conférence de presse.

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Under the radar : la Suède

Moins solide qu’une table de chevet IKEA mais plus sexy qu’un Ericsson T39, la sélection scandinave a l’avenir devant elle. Guidée par ses NBAers Jonas Jerebko et Jeffery Taylor, la Suède était venue pour apprendre et ne pas repartir fanny. Mission accomplie. Les partenaires du Nancéien Kenny Grant auraient même pu espérer mieux si Maciej Lampe n’avait pas, en son temps, fait le choix de défendre les couleurs de la Pologne. Mais qu’importe, avec le Barcelonais Ludvig Hakanson et l’arrivée de l’autre jeune pistolero Marcus Eriksson, les prochaines échéances s’annoncent d’ores et déjà plus abouties.

Le bonus : Lipko

On n’avait plus vu ça depuis Footix, en 1998. Complètement dans son rôle, la mascotte de l’Eurobasket met le feu sur la toile, en lâchant quelques tweets aussi drôles que pertinents. Entre messages d’encouragements pour les différentes sélections, blagues à deux balles et autres photos de fans délurés ou de cheerleaders dénudées, Lipko permet aux twittos de suivre la compétition de l’intérieur et sans prise de tête. Le kiff.

Eat yourself! ;) #EuroBasket2013 pic.twitter.com/nOdlSie3q5

— Lipko2013 (@Lipko2013) September 6, 2013

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Apôtre du Chachisme. I Feel Devotion. #TeamBodiroga Email | Compte Twitter

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