Euroleague : Qui pour la Licence A ?

Un nouveau club devrait obtenir une Licence A dans les prochains jours, en lieu et place de l’Asseco Prokom. Présentation des principaux candidats.

o2 world - berlin

Déchu de sa Licence A pour avoir terminé dernier du ranking mettant aux prises les équipes détentrices du précieux sésame, l’Asseco Prokom ne participera pas à l’Euroleague 2013-14. Sauf retournement de situation, le ticket pré-composté devrait être prochainement attribué à un nouveau club, comme ce fut le cas pour Milan l’an passé.

Par ailleurs, dans le même temps, trois « wild card » valables un an seront elles aussi distribuées.

Critères d’attribution :

En 2012, l’Euroleague est venue préciser les règles d’attribution des Licences A, lesquelles permettent à leur détenteur de participer à la compétition en dépit d’un classement mitigé sur la scène nationale :

– Être situé dans une aire urbaine de 200 000 habitants.

– Avoir une salle de 10 000 places si le club est basé à moins de 4 heures de vol de Francfort, ville « centre » de l’Europe. Possibilité d’obtenir une dérogation en cas de salle de 7 000 places si un projet d’extension existe.

– Avoir un aéroport international à moins de 100 km de la salle.

– Deux hôtels 4 étoiles sur l’aire urbaine.

– Ne pas être sous le coup d’une procédure d’insolvabilité (cas de l’Olimpija Ljubljana en 2012).

– Finir dans la partie haute du classement en championnat.

Les favoris

Alba Berlin :

Domicilié dans la somptueuse O2 World, l’Alba jouit d’une très belle image, tant au niveau sportif que financier. Titulaire d’une wild card la saison passée, le club berlinois n’a pas démérité et symbolise, malgré tout le bon vouloir de Bamberg, la montée en puissance du basket allemand. 13ème sur le ranking 2012, 16ème cette année, l’Alba n’a finalement qu’un seul défaut : sa cinquième place en Bundesliga. Loin des ambitions du début de saison. De plus en plus influente en coulisses, grâce à ses sponsors et l’augmentation constante de l’affluence (4 400 spectateurs de moyenne cette année), la BBL colle en tous points à l’image du basket voulue par Jordi Bertomeu.

Unics Kazan :

Moins sulfureux que St-Pétersbourg, plus serein que le BC Khimki, le club des bords de la Volga est une des valeurs sures du basket russe. Doté cette saison d’un effectivement quatre étoiles, Kazan s’est pourtant vautré à cause d’un collectif balbutiant et d’un coaching déficient. Avec sa salle (très URSS) de 7 500 places, l’Unics peut donc prétendre à la Licence A du fait de sa situation géographique. Reste un gros problème : à Kazan, le hockey est roi. Pas sûr que Jordi Bertomeu ne se donne la peine, comme en 2011-12, de gonfler les affluences pour atteindre péniblement les 5 000 spectateurs face au Barça, en quarts de finale. La wild card semble se profiler.

Galatasaray :

Deux ans après avoir remis sa section basket sur le chemin du succès, Galatasaray veut passer aux choses sérieuses. Éliminé au Last 16 EuroCup, le club stambouliote a jonglé entre blessures et suspensions pour obtenir son ticket qualificatif pour l’Euroleague via son championnat national. Désireux d’imiter l’Efes et Fenerbahçe, Galatasaray veut absolument obtenir la Licence A et semble prêt, pour ce faire, à y mettre les moyens en investissant le Sinan Erdem Dome (15 500 places). La formation des bords du Bosphore symbolise l’ambition, le talent et la jeunesse de la Turkish Basketball League. Mais aussi toutes les incertitudes financières qui vont avec…

L’Olympiahalle de Munich en configuration basket.

Bayern Munich :

Munich jouera l’Euroleague la saison prochaine. C’est une certitude. Éliminé en demi-finale de la Bundesliga, le géant bavarois devrait recevoir une wild card, tant Jordi Bertomeu ne peut contenir sa joie devant les investissements entrepris par ce filou d’Uli Hoeness. Reste cette seule interrogation : le Bayern peut-il obtenir une Licence A ? Avec son Audi Dome flambant neuf de 6 700 places, Munich devra emménager dès à présent dans l’Olympiahalle (12 200 sièges) afin de pouvoir obtenir le Graal. Plus raisonnables qu’il y a deux ans, lorsqu’ils avaient accepté une wild card Eurocup pour leur retour en Bundesliga, les Teutons devraient donc passer leur tour. En attendant, Jordi leur donnera une wild card Euroleague année après année. Une Licence A’, en somme.

Les outsiders

Lokomotiv Kuban :

Kuban a les mêmes qualités et les mêmes défauts que l’Unics Kazan. A ceci près que leur victoire en EuroCup leur offre déjà le droit de participer à l’Euroleague. La Licence A devrait être difficile à obtenir dans l’immédiat mais, dans les années à venir, l’ex-Rostov aura de très sérieux arguments à faire valoir.

Lietuvos Rytas :

17eme au ranking, une salle moderne de 11 000 places et une riche histoire, Vilnius a de sacrés arguments à faire valoir. Malheureusement, à l’instar du Zalgiris, le Lietuvos Rytas est obligé de se serrer la ceinture pour survivre. La Licence A est donc à oublier. La wild card est envisageable. L’accueil du tour qualificatif plus probable.

Partizan / Etoile rouge :

Deux clubs, un hall légendaire et une « annexe » de 20 000 places. Reste que la santé financière des Serbes laisse (au mieux) à désirer. Quoi qu’il en soit, les quotas mis en place par l’Euroleague, tant au niveau des classements entre les divers championnats qu’en terme d’infrastructures (sportives et urbaines), semblent d’ores et déjà offrir un billet assuré pour au moins l’une des deux formations dans les années à venir.

Les improbables

La Fonteta, antre de Valencia

Valencia :

Meilleur ranking hors clubs Euroleague (9ème), une salle magnifique de 9 000 places et des finances seines. Malheureusement, il faudra atteindre que Malaga se plante pour goûter à nouveau à l’Euroleague.

Saint-Pétersbourg

Une salle moderne de 12 500 places et des finances importantes. Enfin, en apparence. Bertomeu attendra que le club se structure et gagne ses titres de noblesse en EuroCup avant de s’y intéresser. Le Final Four pourrait tout de même y poser ses valises dans les années à venir.

CEZ Nymburk

Vainqueur de son championnat national pour la dixième année consécutive, le CEZ Nymburk a pris l’habitude de perdre au tour qualificatif puis de se faire détrousser de ses plus grands talents (Schilb, Tre Simmons, Darius Washington). 20ème du ranking, Pardubice sera, par pure politesse, pris en compte pour son bel écrin de 10 500 places.

Budivelnik Kiev

Une demi-finale d’EuroCup, une salle made in USSR de 10 000 places et un EuroBasket 2015 dans les cartons, Kiev drague l’Euroleague depuis plusieurs années et semble s’être trouvé un candidat plus « sérieux » (guillemets de rigueur) que l’Azovsmah Mariupol.

Bilbao

Deux salles taillées pour l’Euroleague, un public d’amoureux et des résultats sportifs intéressants. Reste les problèmes financiers. Soutenu par l’Etat basque, Bilbao ne coulera pas mais l’impression fait tâche.

Cedevita Zagreb / Cibona Zagreb / Olimpija Ljubljana

L’Euroleague peut-elle se passer d’un représentant slovène ou croate pendant un an ? Là est la question. Bertomeu pourrait pallier cette anomalie en attribuant une wild card à un historique du nord des Balkans.

Les clubs en danger :

A l’heure actuellement, cinq clubs titulaires d’une Licence A paraissent en danger en vue de la saison 2014-15.

27ème du ranking, l’Emporio Armani Milan est parti pour perdre sa Licence A. Il faudra absolument se qualifier pour le Top 16 et peut-être même remporter la Lega pour conserver le ticket directement qualificatif.

15ème cette année et adverse principal des Italiens, le Zalgiris Kaunas devra, de son côté, assurer avec une budget considérablement réduit. L’objectif sera clair : passer le premier tour. Et aller chercher quelques roubles en VTB…

13ème du ranking et pointé du doigt par ses confrères espagnols, Malaga abordera la nouvelle saison plus sereinement, grâce aux gages de sécurités apportés par Joan Plaza au coaching. Toutefois, une hypothétique victoire de Valencia ou Bilbao en EuroCup serait fatale.

Mandela Forum de Florence, nouvelle salle de Sienne ?

Dans un registre un peu plus triste, Mens Sana Basket voit son avenir s’assombrir. Les coffres de la Monte dei Paschi sont vides et le club toscan doit migrer dès à présent pour conserver sa Licence. Un déménagement vers Bologne ou Florence est envisagé. Mais pour combien de temps ?

Enfin, fortement mis en danger par les gros écarts de conduite de son Président, le Panathinaikos voit son dossier être étudié par l’ECA Executive Board, dont les membres gèrent l’attribution des Licences A. Il faudrait donc éviter de menacer Jordi Bertomeu et les autres dirigeants européens à l’avenir. Pas évident, vu le bonhomme…

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Comments
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Commentaires (7)

  1. John

    Bel article Vincent.

    Ca permet de constater que les clubs français ne sont pas prêt de recevoir une licence A de sitôt si les résultats ne sont pas là. On commence à prendre du retard sur nos voisins allemands qui ont compris le virage souhaité par Bertomeu.

    Ca ne m'étonnerait pas que le Bayern empoche cette licence A si ils gagnent le championnat l'an prochain, ce serait une très belle locomotive pour la Beko BBL qui ne cesse de se développer.

  2. Youplaboum

    Et ils sont où ? Et ils sont où les clubs français ?

  3. DBZ

    Ca fait des années qu'Euroleague fait miroiter cette licence A à Partizan et ça devient indécent, une véritable carotte au bout d'un bâton. Outsider Partizan, vous dites? Pourtant, à part quelques difficultés financières, nous remplissons toutes les conditions, on est toujours en play off de la Ligue adriatique et de la Ligue serbe voire finalistes voire champions. Inutile de parler de l'ambiance dans la halle Pionir qui est devenue une attraction touristique de Belgrade. Et même la Kombank Arena, "annexe" de 20000 places, on la remplit en 3 (trois) heures qui suivent l'ouverture des ventes des billets et quel que soit l'adversaire en Euroleague. Mais comme les critères sportifs pèsent peu sur la balance, ce sera encore pour quelqu'un d'autre… NB parler de l'Etoile rouge dans ce contexte est un peu hors sujet, non? Ils n'ont pas fait Euroleague (Coupe des champions) depuis 15 ans, donc la licence A ce n'est certainement pas pour eux…