Les Evtimov brothers : « Il n’y aura pas de cadeau »

Chez les Evtimov, le basket est une affaire de famille.

Samedi prochain, Chalon recevra le Paris Levallois. L’occasion de voir Vasco Evtimov et Ilian Evtimov s’affronter. La relation entre Ilian et Vasco, leurs débuts dans le basket, l’origine du mot « Opa ! »… Les deux frères Evtimov se sont livrés sans retenue à BasketActu. Entretien.

BasketActu : Comment vous-décrivez vous l’un l’autre ?
Vasco Evtimov : Ilian est un très bon joueur de basket. Il a d’excellents fondamentaux car notre père nous a tout appris quand on était jeunes. Il insistait beaucoup sur ça. Je pense que c’est le meilleur shooteur de Pro A cette saison. Personne n’est aussi adroit que lui. Dès qu’il a une ouverture, il n’hésite pas et prend le shoot. Il a énormément confiance en lui et c’est ce qui lui permet de faire une belle saison. C’est aussi un très bon passeur et quelqu’un qui sait défendre.
Ilian Evtimov : En tant que joueur, c’est quelqu’un qui, quand il rentre sur le terrain, essaye de prendre tous les rebonds. Il prend ça vraiment à cœur, c’est son truc à lui. C’est ce qu’il fait depuis qu’il joue au basket, c’est toujours les rebonds, les rebonds, les rebonds… Il met donc une certaine intensité dans le jeu quand il fait ça. Comme tout le monde sait, il aime dire le mot « Opa ! » à chaque fois qu’il prend un rebond. C’est non seulement un rebondeur, mais il met aussi beaucoup d’intensité dans le jeu et c’est quand même un gros gabarit. C’est quelqu’un d’intelligent qui ouvre les yeux, qui peut faire de très bonnes passes, ce qui est un peu rare pour les joueurs de ce gabarit et de cette taille. En tant qu’homme, c’est quelqu’un qui a peut-être l’air méchant sur le terrain, mais en dehors c’est quelqu’un qui est très gentil, qui aime blaguer, rigoler et un peu timide à la fois. Pour moi, c’est non seulement mon frère mais aussi mon meilleur ami, il m’a toujours donné plein de conseils. Il m’a toujours aidé quand j’ai eu des problèmes et m’a toujours mis dans le bon chemin.

BasketActu : Vous êtes vraiment très proches.
Vasco : C’est mon meilleur ami. On est très proche l’un de l’autre. Ça me fait bizarre de le décrire, c’est assez difficile. C’est vraiment un bon mec.
Ilian : Je sais que je peux me tourner vers lui n’importe quand. Il est plus âgé que moi, il a plus d’expérience, il a pu faire les erreurs pour nous deux. Il a fait beaucoup de chemin, il peut me conseiller plus facilement, sur l’expérience de la vie, sur n’importe quoi, ce qui évite de déraper. C’est très important d’avoir un grand frère qui a cette relation avec son petit frère. C’est vraiment remarquable pour moi, c’est quelque chose que j’apprécie beaucoup.

BasketActu : Comment avez-vous commencé le basket ?
Vasco : C’est notre père qui nous a plongé dedans. Je me rappelle que lui et ma mère me traînaient dans les salles quand j’étais tout petit. A 6 ans, j’ai commencé à m’entraîner. Ça fait 27 ans maintenant que je joue.
Ilian : C’est pas qu’on n’avait pas le choix mais notre père était basketteur professionnel donc nous étions déjà dans le milieu du basket. Notre père était un très grand joueur de basket européen dans les années 80, le capitaine de l’équipe Bulgare pendant 6 ans. Donc quand Vasco a grandi, il a grandi au milieu de tout ça, naturellement. Il a voulu être comme son papa, joueur de basket. Il s’entraînait toujours, il allait prendre les rebonds pour notre père quand il allait faire des séances de shooting. A force de faire ça, petit à petit, c’est rentré en lui, c’est dans son sang à lui aussi. Et moi quand j’ai grandi aussi, non seulement j’avais mon père qui jouait toujours mais aussi mon frère qui grandissait, qui partait aux Etats-Unis. Donc moi je n’ai même pas envisagé de devenir autre chose que basketteur.

BasketActu : Quelle relation avez-vous avec vos parents ?
Vasco : Mon père était un joueur de basket et ma mère aussi. Nous sommes issus d’une famille de basketteur. Nos parents se sont rencontrés sur un terrain. Ma maman jouait quand elle était jeune mais elle s’est blessé au genou. Mes parents nous ont toujours suivis, ils nous appellent après chaque match. Ils seront là samedi d’ailleurs.
Ilian : Mon père était un peu stricte avec nous, il ne voulait pas qu’on soit gâté. Pour réussir dans ce monde, il faut vraiment travailler. Quand Vasco ne s’entraînait pas bien, il se faisait engueuler. Mon père a vraiment essayé de le tenir dans le bon chemin et pareil pour moi, quand quelque chose n’allait pas, non seulement j’avais mon père qui le faisait mais j’avais aussi mon frère. Donc moi, parfois, j’ai reçu une double dose ! Du coup j’étais encore un peu plus vigilant, je devais rester concentré et bien faire les choses. Sinon je pouvais m’en prendre de tous les côtés (rires).

BasketActu : C’est ce qui vous a permis de réussir ?
Ilian : Oui, je pense que pour réussir il faut avoir une certaine discipline. Pour avoir cette discipline, il faut déjà que cette discipline soit ancrée bien profondément dans notre esprit, dans notre caractère, et ça, ça vient dès que l’on est petit. Notre père a vraiment fait, je pense, un bon boulot, il nous a poussé à travailler, à nous remuer les fesses. Tôt ou tard ça paye, et quand nous sommes partis aux Etats-Unis, que nous nous sommes retrouvés seuls, c’est là que nous nous sommes rappelés nos moments difficiles, nos entraînements, les suicides que nous faisions avec notre père. Nous étions seuls. Il fallait mûrir, grandir. En tant que personne, ça nous a vraiment aidés.

BasketActu : Vous vous appelez souvent ?
Vasco : On s’appelle absolument tous les jours, même si ça ne dure pas longtemps. On a toujours quelque chose à se dire que ce soit au sujet du basket ou pas. On se parle beaucoup.

BasketActu : Vous parlez surtout basket non ?
Vasco : Oui on parle très souvent basket. on se raconte nos entraînements, on se fait des débriefs de match. On se raconte comment on a travaillé. On refait tout le temps les matches ensemble. Quand on gagne, on se dit ce qui a marché et dans le cas contraire, ce qu’il aurait fallu faire pour que ça marche.
Ilian : Si on sait que l’on a fait des erreurs quelque part, on se le dit. Quand il était ici à Chalon, il est venu à quelques matches, il ne s’est pas retenu.

BasketActu : Quel est votre meilleur souvenir commun ?
Vasco : Je pense que c’est quand on a joué ensemble à Chypre. C’est quelque chose qui nous a vraiment marqués, c’était génial. Et il y a autre chose, on fait souvent les choses en même temps. Bon parfois c’est prévu comme pour les voitures mais d’autres non. Mais on a signé nos contrats dans les deux clubs de Bologne le même jour, nos enfants vont naître à quelques jours d’intervalle.
Ilian : Dans le basket c’est la première fois que nous avons eu la chance de jouer l’un contre l’autre, c’était à Bologne. Lui, jouait à la Fortitudo et moi au Virtus. C’était ma première année professionnel. J’étais jeune, je n’avais pas beaucoup d’expérience, pour moi c’était vraiment un début. En plus je ne savais pas trop ce qui ce passait. La rivalité entre nos deux équipes, c’était une des plus grandes d’Europe, comme le Pana et l’Olympiacos. C’était vraiment une atmosphère, entre les deux équipes très, très spéciale. En plus on jouait chacun dans l’une des deux équipes, c’était bizarre pour moi. Nos parents étaient aussi venus au match, c’était un peu bizarre pour tout le monde je pense. Du coup, mes parents devaient se dire : « J’espère que les deux équipes vont gagner », ce qui n’est pas possible. C’était donc une expérience un peu spéciale car c’était la première fois que l’on jouait l’un contre l’autre officiellement et je m’en rappellerai toujours. En dehors du terrain, tous les étés sont des moments spéciaux pour nous, on est toujours ensemble, on travaille, on s’entraîne, on fait toujours des trucs nouveaux, on essaye toujours de se pousser au maximum en faisant de nouveaux exercices et tout ça. Et ça dure tout l’été, on prend plaisir à s’entraîner ensemble. On ne va pas en vacances tout l’été pour ne rien faire. C’est l’opposé, on s’entraîne encore plus.

BasketActu : Ilian, ça a été un plus pour toi d’avoir Vasco à Bologne ?
Ilian : C’est quelque chose qui a facilité mon adaptation à la vie professionnelle. J’arrivais des États-Unis, j’étais un joueur universitaire, c’est complétement différent du statut de professionnel. Il y a une certaine adaptation à faire, et parfois, pendant les premières années professionnelles, c’est vraiment un gros changement, tu as moins de temps de jeu. J’avais mon frère pour m’aider, me dire que ce n’était pas le plus important, qu’il fallait que je prenne cette expérience, que j’apprenne. S’il n’avait pas été là-bas pour moi, ça aurait été une année très très difficile. Il était toujours là pour me supporter, me donner de bons conseils et en même temps me rentrer dans la gueule.

BasketActu : Vasco, Ilian te considère comme un modèle. Comment le prends-tu ?
Vasco : On est très proche depuis qu’on est petit. On se voit tous les étés. Ça me fait vraiment du bien de l’avoir. Quand j’étais petit, j’ai toujours voulu avoir un grand frère sur lequel je pouvais compter. J’ai toujours dit à Ilian que j’étais là pour lui. J’ai fait des erreurs dans ma vie et je les ai faites pour nous deux, il n’a pas besoin d’en faire (rires).

BasketActu : Quel meilleur souvenir avez-vous l’un de l’autre ?
Vasco : C’est quand il est né. Quand mes parents l’ont amené à la maison et l’ont posé sur le lit, il était tout petit et j’étais le mec le plus heureux. C’est la première fois que je le voyais et c’est le meilleur souvenir que j’ai de lui.

BasketActu : Comment étiez-vous petits ?
Vasco : Il voulait toujours jouer avec moi et il est devenu très compétitif. On faisait beaucoup de un contre un et sa seule motivation, c’était de me battre. Et c’est quelque chose de général, c’est comme ça quand on joue au basket, au billard… Tout, il faut absolument qu’il me batte.
Ilian : Il n’a pas changé. Depuis qu’il à 15 ans, sa tête n’a pas changé (rires). Il ressemblait à ce qu’il est aujourd’hui. Il faisait déjà 2,05 m à 15 ans, il avait la même tronche ! A part ça, on se bagarrait très souvent quand nous étions jeunes, avant qu’il ne parte aux États-Unis à 16 ans. J’avais 6 ans de moins, et c’est moi qui souffrait on va dire. On se chambrait quand on se bagarrait, mais c’était vraiment quelqu’un que je respectais. Quand je le regardais jouer, il était déjà très, très fort et j’essayais d’apprendre des choses de lui. Après, une fois qu’il est partie aux États-Unis, notre relation a un peu changé. Ça nous a vraiment rapprochés, il a vraiment mûri en allant là-bas. Ça lui a donné une autre vision monde. Il est partit tout seul à 16 ans alors qu’il ne parlait pas anglais. C’était vraiment une expérience difficile, ça l’a obligé à devenir plus mature. Et moi, du coup, j’ai voulu écouter, apprendre. On est vraiment devenu, à ce moment, de très bons amis.

BasketActu : Qui était le meilleur au basket ?
Vasco : C’était moi bien sûr. Mais là ça fait un moment qu’on n’a pas fait de un contre un. Par contre, on a nos propres règles.
Ilian : Ah bah c’était toujours Vasco ! Mon rêve à moi, c’était de le battre en un contre un. On jouait, on jouait, on jouait … Il y a un temps où c’est devenu un peu plus jouable, parce que j’avais grandi et je n’avais plus ce désavantage d’âge, de taille… On joue toujours et parfois on se fatigue tellement qu’on n’en peut plus. On joue pendant une heure et demi, deux heures. Après, celui qui gagne paye à manger à l’autre le soir et celui qui gagne chambre toute la soirée. Ça dure jusqu’au lendemain, il ne s’arrête plus de parler.

BasketActu : Qui paye le plus souvent ?
Ilian : C’est partagé ces derniers temps. Si Vasco veut gagner, il faut qu’il me mette sous le panier. Il n’y a pas grand chose que je puisse faire, il fait quand même 120-125 kg, c’est difficile. Alors, d’un autre côté, moi je joue plus à l’extérieur, alors pour lui aussi c’est difficile. Il nous a fallu des années pour mettre des règles en place pour que ce ne soit pas plus avantageux d’un côté que de l’autre.

BasketActu : Et donc c’est quoi vos règles ?
Ilian : Avant les 3 points comptaient pour 2 et les 2 pts pour 1. Match en 21, celui qui marque gardait la balle. Maintenant, tous les paniers valent 1 point, c’est à dire que même les 3 points en valent 1. Avant si je mettais 10 shoot à trois-points, j’avais déjà 20 points, donc lui il lui en fallait beaucoup plus pour arriver à 20 points. Mais il shoote aussi à 3 pts ! Il n’hésite pas à shooter, et après il chambre ! Parce que lui aussi était un très, très bon shooteur avant l’université, avant ses 17-18 ans c’était un très bon shooteur. C’était une de ses principales qualités. Même maintenant quand nous faisons des séances de shoots, il essaye de me battre, on est tout le temps en compétition.

BasketActu : Qui est le plus sanguin ?
Vasco : C’est moi. On est très différent de ce côté-là. Je suis le gars qui fait le plus de bruit alors que lui est quelqu’un de très cool et de très calme.

BasketActu : A Chypre, vous avez joué ensemble. Comment ça s’est passé ?
Vasco : On s’entend à merveille sur le terrain. Il sait où je veux la balle, je sais à quel moment il a besoin du ballon. On se comprend très bien. D’ailleurs, quand on jouait ensemble, le coach nous mettait sur le terrain en même temps.
Ilian : C’était une expérience différente, on avait déjà joué l’un contre l’autre. A Chypre, on s’est vraiment fait plaisir. Sur le terrain, c’est comme si tu avais deux joueurs qui pensent la même chose mais qui jouent à des postes différents. Surtout quand nous sommes aux États-Unis. On se dit deux ou trois trucs, les Américains s’énervent un peu parce qu’ils ne comprennent pas et on fait un petit back-door (rires). A Chypre, c’était la première fois qu’on jouait ensemble dans une équipe officielle. Sur le terrain, je le connais tellement bien que je sais où je peux compter sur lui. C’était une très bonne expérience, j’ai toujours voulu qu’on joue ensemble au moins une fois, et ça c’est passé à Chypre, donc c’est une expérience inoubliable.

BasketActu : Vasco, pourquoi avoir choisi le Paris-Levallois pour la fin de saison ?
Vasco : Je m’entraînais à Chalon pour pouvoir rester avec mon frère. Mais je voulais finir la saison dans une équipe et Paris est venu me chercher donc je n’ai pas refusé. Et puis j’avais entendu dire qu’ils avaient besoin de quelqu’un dans la raquette donc c’est bien tombé. Je ne regrette pas mon choix, ça me fait vraiment plaisir d’être avec cette équipe et de pouvoir les aider.

BasketActu : Ilian, quand il est arrivé à Chalon, tu espérais qu’il signe chez vous ?
Ilian : Espérais, peut-être pas. Il fallait qu’il fasse ce qui était le mieux pour lui, et nous en tant qu’équipe ce qui était le mieux pour nous. Quand ça se présente, il faut essayer d’éviter de rentrer d’un côté ou d’un autre. J’ai un travail, lui c’est ma famille, je me suis dit que les choses se passeraient comme elles devaient se passer. J’ai pris les choses comme elles venaient.

BasketActu : Ilian, comment vois-tu l’après-basket de ton frère ?
Ilian : Vasco, après le basket, ça va être déjà très difficile pour lui de ne pas jouer. Il aime jouer, il a ça dans son sang donc après le basket, je pense qu’il sera toujours dans le milieu. Entraîneur ou quelque chose de ce genre parce qu’il voit les choses très, très bien. Quand on regarde un match, il a vraiment l’œil observateur. Il comprend le jeu, je le verrais bien entraîneur quelque part. En plus, ayant été joueur, ça lui donne un avantage psychologique, il sait comment les joueurs pensent, se sentent.

BasketActu : Comment ça se passe quand vous jouez l’un contre l’autre ?
Vasco : Ça fait vraiment bizarre. On ne se faisait pas de cadeau. Je lui ai toujours dit, on est ensemble avant et après le match. mais quand on est sur le terrain, il n’y a plus d’amitié ou de fraternité.

BasketActu : C’est ce qui va se passer samedi puisque Chalon reçoit le PL ? Vous êtes prêts ?
Vasco : C’est le match que j’attends depuis que j’ai signé au Paris-Levallois. Ça fait un mois que j’y pense, je connaissais la date par cœur. C’est un match qui va être très important pour l’équipe car on a besoin de gagner un match à l’extérieur. Et pour moi, ce sera d’autant plus spécial avec la présence de mon petit frère. J’ai dit à l’équipe qu’il fallait absolument que l’on gagne car je n’ai pas envie d’entendre tout l’été : « Je t’ai battu ». Ilian est le plus petit, il ne peut pas me chambrer.
Ilian : C’est un match très important pour Chalon, pour rester dans le haut du tableau. Et c’est aussi un match très important pour Paris, pour continuer à avancer dans la course aux playoffs.

BasketActu : Vous en avez parlé entre vous ?
Vasco : On a travaillé chacun de notre côté toute la semaine et on ne parlera pas du match avant de l’avoir joué.
Ilian : On évite d’en parler trop entre nous, parce que ça commence à chambrer. Cette semaine, nous avons moins parlé du match qui venait que les autres semaines. On joue l’un contre l’autre, ça se rapproche et on se dit de moins en moins de choses. Ça va être un très bon moment sur le terrain ensemble, mais je défends les couleurs de Chalon et lui de Paris.

BasketActu : Ilian, quelle est la chose la plus marrante au sujet de ton frère ?
Ilian : « OPA » !!!  Dès qu’il rentre sur un terrain et qu’il prend un rebond c’est OPA à gauche, OPA à droite ! S’il prend dix rebonds en un quart temps, on va au moins entendre dix OPA, c’est quelque chose qui parfois fait rire les gens. Si moi, parfois, je fais un OPA sur un rebond, mes coéquipiers rigolent. Ils savent que ce n’est pas le vrai, c’est vraiment un ton différent.

BasketActu : D’où vient ce OPA d’ailleurs ?
Ilian : C’est un peu un mot bulgare, grec. C’est quelque chose que l’on peut traduire par « ok », « allez », quelque chose comme ça. Il fait passer un message : « C’est moi qui ait la balle« , « C’est moi qui ait le rebond. C’est mon job à moi !« , « Venez pas dans mon camp, venez pas me faire chier !« .
Vasco : Quand j’étais au lycée aux States à 16 ans, je commençais à prendre pas mal de rebonds et j’étais plein d’énergie. Je parlais beaucoup sur le terrain. Un jour, j’ai pris un rebond en criant « Opa ! » Tout le monde m’a demandé ce que ça voulait dire et j’ai juste dit que c’était un mot qui me motivait. Du coup, quand ils ne m’entendaient pas dire « Opa », ils savaient que je n’étais pas dans le match.

BasketActu : Quel est le plus gros défaut de l’autre ?
Vasco : Quand il fait un mauvais match, il ne peut s’empêcher d’être déçu alors que c’est quelque chose qui doit lui permettre de rebondir. On a parfois besoin d’un mauvais match pour se rendre compte qu’on n’est pas parfait et qu’on doit encore travailler. On ne peut pas être en forme tout le temps. Mais il comprend et travaille sur ça.
Ilian : En tant que basketteur parfois il refuse de se reposer, il veut trop travailler ! Parfois, on a tous besoin de récupération. C’est un atout mais aussi un défaut. Je lui ai dit : « Il faut que tu te reposes de temps en temps. » Et lui répond : « C’est bon, c’est bon. T’inquiètes !« .

BasketActu : Lors du match Strasbourg-Chalon, Ilian a eu un petit problème avec Pasco Pervis. On t’a vu intervenir alors que tu étais dans les gradins Vasco.
Vasco : Je ne suis pas intervenu pour défendre mon frère. Je voulais juste séparer tout le monde. Quand deux grands se poussent et que les deux équipes arrivent derrière, ça peut très vite mal finir. A Strasbourg, il y a beaucoup d’amis à moi. Les Digbeu, Jeanneau, Giffa, j’ai joué avec eux. Donc je voulais juste séparer. Ce que personne ne sait c’est que mon frère a eu un hématome pendant deux mois après ça. Quand on l’a poussé, il est tombé sur un panneau publicitaire.
Ilian : En fait, on s’est tous les deux retrouvés dans le panneau publicitaire, et moi j’étais en dessous, je me suis un peu fait mal. Ça aurait pu être bien pire, j’ai trouvé la situation un peu dangereuse. Donc je me suis relevé, et j’ai échangé quelques mots avec Pervis. Je pense qu’il a automatiquement pensé que je voulais l’attaquer et on s’est retrouvé tête contre tête en train de se pousser. Tous les joueurs sont venus nous séparer. Ça a beaucoup parlé dans les médias, mais il ne s’est rien passé, il n’y avait pas grand chose, beaucoup de bruit pour rien. Il n’y a eu aucun coup d’échangé, pas de bagarre, j’étais même un peu surpris qu’on ait des disqualifiantes. Mais bon, ça fait partie du jeu, ça a calmé le jeu donc c’est compréhensible.

BasketActu : Vasco, on t’a vu en équipe de France puis tu as demandé à changer pour rejoindre la sélection bulgare. Pourquoi ce choix ?
Vasco : J’ai eu 35 ou 40 sélections en Équipe de France, c’était il y a longtemps. J’ai changé de sélection parce que ça faisait 8 ou 9 ans que je n’avais pas été appelé. Pini Gherson m’a contacté pour savoir si je voulais jouer pour la Bulgarie, je n’ai pas hésité. Quand quelqu’un comme Pini te demande si tu veux jouer pour lui, tu n’as pas le droit d’hésiter. C’est des meilleurs coaches d’Europe. Je serais fier de dire que j’ai joué pour lui. Et puis du coup, j’ai un peu marqué l’histoire en devenant le premier joueur à jouer pour deux pays. C’est bizarre, mais je suis né en Bulgarie donc je me sens bulgare autant que français. J’ai la double nationalité et j’en suis fier.

BasketActu : Vous aimeriez finir votre carrière dans la même équipe ?
Vasco : Ce serait un rêve.
Ilian : Oui, pourquoi pas ! On verra comment ça se passe au jours le jour. Il a six ans de plus que moi ! Si je finis ma carrière aux alentours de 36-37 ans, Vasco en aura 42 ! Il sera toujours en train de faire des OPA c’est sûr.

BasketActu : Vous avez des surnoms ?
Vasco : Shoush ! En fait, quand mes parents l’ont amené chez moi pour la première fois, il était tout petit et on le regardait en disant « Shoushi, sous ! ». Depuis c’est resté.
Ilian : « The beast », c’est son surnom. Ça l’a toujours été ! C’est comme ça qu’il est connu aux États-Unis…

BasketActu : Vasco, un message pour Ilian ?
Vasco : Son équipe n’a pas intérêt à louper un seul shoot. L’aspirateur va nettoyer le cercle.

BasketActu : Ilian, un message pour Vasco ?
Ilian : On fera en sorte de mettre tous nos shoots, comme ça tu ne prendras pas de rebonds. Il n’y aura pas de cadeau !

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Comments

Commentaires (12)

  1. Jah

    c'est énorme de voir à quel point leur jeu sont différents ! Mais chacun dans leur registre, ce sont deux joueurs que j'aime beaucoup !

  2. Testo

    C'est sympa de voir a quel point ils sont lies et ils s'entraident. Et ca fait plaisir de les voir "enfin" evoluer dans le championnat de France. D'ailleurs, je me demandais, vu qu'ils ont tous les deux quitte la France tres jeunes, est ce qu'ils sont comptes en JFL ou pas???

  3. OscarAbine

    Bien sympa, l'interview…

  4. Startrak

    Cà c'est de l'interview!

  5. André

    un inteview vraiment vraiment génial !

  6. WestCoast

    Super d'avoir les deux frères. Et quel personnage ce Vasco !

    Matez cette vidéo qui retrace sa carrière. Les images de sa période lycée US sont assez hallucinantes !

    http://www.youtube.com/watch?v=mCMHkQMwR6Q

  7. WestCoast

    Si vous regardez bien, vers 5'45, après le gros facial qu'il pose, on aperçoit Kobe qui était dans la même sélection que lui.

  8. Fondugolf

    Illian est JFL Vasco je ne crois pas mais n'en suit pas sur du tout il est quand meme international Francais^^

  9. AND11

    Super interview! J'aime!