Faut-il vraiment détester Rudy Fernandez ?

Symbole de cette Espagne arrogante, Rudy Fernandez fait parti de la caste des joueurs que l’on ne peut s’empêcher de détester.

Pendant que Xavier Vaution et autres NBA addicts se gaussent devant le premier alley-oop renversé de JR Smith, les amateurs de basket FIBA y voient surtout un beau plagiat. Départ fond de ligne conclu par un gros alley-oop, renversé ou pas, sur la défense adverse, le « Clasico » pour Rudy Fernandez. Que ce soit en NBA, en sélection ou avec Madrid, l’Espagnol nous le ressort à toutes les sauces à chaque match, de préférence à la suite d’une passe de Sergio Rodriguez, son Milhouse Van Houten, présent dans les bons comme dans les mauvais coups.

Génie incompris pour les uns, danseuse insupportable pour les autres, il possède les défauts d’une autre star madrilène : Cristiano Ronaldo.

« Flopping F*g »

Défenseur par intermittence, collectif quand il le veut bien, Rudy est une tête de lard. Capable de scorer 28 points en 29 minutes ou d’assassiner ses opposants dès le premier quart-temps, l’ex-élève de Joan Plaza peut aussi phagocyter les systèmes de la Maison Blanche lorsqu’il se retrouve en difficulté. Fâcheux quand on sait que le coach, Pablo Laso, se démène comme un beau diable pour offrir des tickets shoots à son armée de scoreurs.

Chaussures Zara, Pantalon Mango, t-shirt Pull and Bear, veste Bershka, coupe de cheveux rasée sur le côté, barbe mal taillée, WAG de compétition au bras, Rudy est le cliché du sportif en Espagne. Le Kéké venu des Ramblas qui fait craquer votre copine. Bref, le mec que l’on ne peut que détester.

Un gars capable, surtout, d’empoisonner un match en mettant malencontreusement son bras dans le visage de Mickaël Gelabale, en décapitant innocemment un Tony Parker ou en se rendant coupable d’un flopping honteux entraînant la faute technique de Matt Barnes lors d’une fin de partie au couteau.

Qu’on se le dise, Rudy est prêt à tout pour gagner. Même à se ridiculiser en se blessant tout seul à la suite d’un bon vieux flop. Oui, tel Mathieu Valbuena, il peut même se jeter au moindre petit contact, comme si un sniper venait de lui tirer dessus.

Seulement, contrairement à Andres Nocioni ou Manu Ginobili, qui lorsqu’ils truquent voient les afficionados crier à « la grinta », Rudy n’est pas Argentin. Pire encore, il est Espagnol. Rudy est donc « une pute ».

Un must follow

Le genre de « pute » dont l’équipe de France aurait bien besoin. Dont toutes les grandes équipes ont besoin, en fait. Le Heat a remporté le titre grâce à la roublardise de Shane Battier, les Spurs ont Ginobili, les Lakers Kobe Bryant. Et Kevin Garnett ? Autant demander directement l’avis de Laurent Sciarra.

« Garnett, il n’était vraiment pas clean. Bon, il s’en fout, il est champion olympique. Mais il est allé trop loin, c’était malsain. On ne voulait pas répondre, mais quand il a commencé à l’insulter, Crawford Palmer l’a regardé et lui a dit : ‘Mais t’es qui, toi ? Tu joues où ?' », déclarait l’ancien meneur des Bleus.

Floppeurs, as des petits coups en douce ou simples adeptes du mot qui fâche, tous ont fait parler « le métier » au moment d’aller chercher la bagouse ou une breloque.

Étoile filante en NBA, car n’ayant pas eu la chance de trouver son Gregg Popovich, Fernandez voit son image écornée par cet aspect de son jeu. Au point que l’attentat de Trevor Ariza passe presque pour un acte commis au nom de l’intérêt général.

Et pourtant, l’un des meilleurs potes de Nicolas Batum gagne à être connu. Il n’y a qu’à voir son compte Twitter. Drôle, n’hésitant pas à interagir avec ses twittos ou à donner son avis sur ses futurs adversaires, Rodolfo est en fait un mec cool.  On comprend dès lors pourquoi le Merengue est le basketteur évoluant sur le vieux continent à avoir le plus de followers.

L’ACB, pourtant très à cheval sur les dérapages de ses joueurs sur la toile, a d’ailleurs laissé passer quelques salves envoyées à son encontre sans broncher. Comme quoi, quand on sait critiquer sans tomber dans l’extrême…

En s’excusant « publiquement » pour son comportement plus que limite en fin de match face au Zalgiris, puis en avouant qu’il devait travailler sur cet aspect de sa personnalité, l’arrière-ailier s’est probablement infligé sa seule sanction car, compte tenu de son statut et de celui de son club, il y a fort à parier que l’Euroligue n’agira pas.

Mais qu’importe, Rudy et les autres pleureuses qui lui servent de coéquipiers (Llull, Lopez, Rodriguez…) font parler et lancent un contentieux devant se solder lors d’un déplacement périlleux en Lituanie, en mars prochain. Largement de quoi lutter contre la monotonie dans une Europe en manque de stars reconnues par le public basket mainstream.

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Comments
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Commentaires (20)

  1. kelu

    reponse : oui

  2. KJ7

    Toujours aucun respect pour ce type désolé (et c'est peu de le dire), pour moi il incarne tout ce que ne devrait pas être un basketteur. Ca fait des fautes sales (et encore c'est ce qui me gène le moins), ça floppe pour un rien et ça pleure tout le temps.

  3. turin

    Je continue à le détester,mais le fait est que si on en avait un comme lui en équipe de France,on ne cracherai pas dessus…Des gars comme lui apportent les petits + qui font pencher la balance vers leur équipe…Et nous des comme ça,depuis les départs de Julian ou de vinny bang-bang,on n'en n'a plus(au niveau internationnal)

  4. Niko

    Même après un si joli article, il suffit de voir les vidéos… je suis desolé, arreter de le comparer à Ginobili svp ! Gino floppe mais c pas une pute qui va aller foutre un ballon dans la tête d'un mec ou aller chambrer un type après une victoire. Y a AUCUNE comparaison entre ces deux mecs

  5. gfive

    Des joueurs qui truquent et qui floppent, qui jouent parfois à la limite de l'aggression, il y en a.

    Le problème de Rudy c'est qu'il joue comme ça, mais avec une attitude détestable : si un autre joueur lui fait un de ses coups de pute, il va aller pleurer auprès de l'arbitre au lieu de fermer sa gueule et de remettre le mec à sa place d'une manière ou d'une autre.

    Et c'est un peu l'attitude des Espagnols, d'ailleurs : les premiers à gueuler parce que la France joue au ralenti contre eux à l'euro, mais qui n'hésitent pas à balancer un match aux JOs en feignant la bonne foi outragée un an après.

  6. Shadok pas pompeur

    Déjà, parler d'attentat pour ce qui est arrivé à cette petite p… de Fernandez par le biais de Trevor Ariza, désigne bien la tonalité de l'article: pomper du Rudy. Comparons avec ce qu'il a fait à T.P alors que lui aussi s'élançait vers le cercle: là il y a "attentat".

    Quant à Garnett, la comparaison est très mal venue: je ne connais aucun article sur Busa ou sur Basket Session consacré à la grande grenouille verte où de très nombreux posteurs (la majorité) ne le blâment pas.

  7. Sweapea

    Détestant l'attitude du joueur, on doit lui reconnaître son talent. Par contre comme beaucoup je trouve qu'en Equipe de France il nous manque un joueur comme ça : truqueur, méchant, désagréable… On est trop soft encore.

    Pour revenir au petit Rudy il faut évidemment le détester car le trash-talking fait partie du basket mais il faut le faire "correctement", lui il truque, floppe et cela il le fait bien mais par contre ce qui fait que l'on doit le détester c'est le nombre impressionnant de fautes flagrantes et antisportives. Donc pour résumer truquer, flopper, chambrer oui mais découper méchamment non. Donc il faut évidemment le détester !!

  8. burt cassander

    Vous jouez les avocats du diable, et plutôt pas mal pour le coup. J'aurai tendance à penser comme vous Mr Ricard, je suis quand même partagé entre le joueur, qui reste assez extraordinaire et le personnage sur le terrain. Mais c'est typiquement le joueur que l'on adore détester ; talentueux mais imbuvable et qui ne fait rien pour se faire aimer.

    Après c'est bien pour l'Euroleague d'avoir des personnages comme ça, ça fait parler mais comme tous ici, pour suivre les matchs de l'EDF, il pourrait être le meilleur mec du monde en dehors du terrain, c'est juste pas possible de l'aimer.

  9. GW

    "Défenseur par intermittence, collectif quand il le veut bien"

    "Étoile filante en NBA, car n’ayant pas eu la chance de trouver son Gregg Popovich"

    Y a quand même une grosse incohérence. Popovitch n'aime le talent que s'il est mis au service du collectif.

    En + ca sous entend que Gino ne serait peut etre jamais arrivé à s'imposer en NBA sans Popovich.

    Sur leurs saisons rookie, ils ont a peu près les mêmes standards.

    Sauf que Gino dans son année sophomore a pris son envol en profitant de sa place de titulaire pour bonifier le jeu de l'équipe. Sans forcer.

    Rudy lui s'est enfermé dans des numéros solos qui ont fini par lasser le coach et il a été logiquement laissé sur le banc en 6e homme…

  10. Dumourier

    Un jour il va prendre chère le Mr , un jour un joueur va lui faire très mal , et n'a ont verra , remarque ont c la suite , il viendra pleurer.
    Aucun respect pour cette crapule, et heureusement qu'en France nous ayons pas de joueur comme ça , pas besoin de tricher pour gagner, sa ont pourra lui dire . Et bientôt je vous le garantit . Fuck Fernandez

  11. bucky

    Excellent article !!!

  12. Gee

    Moi je l'aime bien… Bon j'avoue j'ai un peu de mal quand il joue contre la France mais jouant moi même au basket je sais ce que c'est de rentrer sur un terrain pour gagner !