Focus Europe : Le Fenerbahçe en danger

Fenerbahçe, qui faisait figure de favori pour le Final Four en début de saison, est proche de l’élimination après trois défaites en ouverture du Top 16.

Bâtie à coups de « béton-dollars », la formation stambouliote pensait avoir appris de ses erreurs passées en attirant Simone Pianigiani en début de saison. Architecte du grand Montepaschi Siena, l’Italien devait apporter sa science sur le banc et consolider les fondations d’un FB Ulker affaibli par l’échec Spahija.

Animateur principal du marché des transferts cet été, le Fener a mis les petits plats dans les grands en attirant quelques noms ronflants habitués à jouer la gagne en Euroligue (Batiste…) et, pour ne rien gâcher, habitués au système de jeu de l’entraîneur rital (Andersen, McCalebb et Sato). De quoi densifier un effectif déjà habitué à jouer ensemble depuis de longues années, aussi bien en club qu’en sélection (Peker, Onan, Savas, Preldzic).

Seulement, bien que leaders en championnat, à égalité avec l’Anadolu Efes et le Banvit BK de Sammy Mejia, les pensionnaires de l’Ulker Sports Arena sont aux portes de l’élimination en Euroligue.

Un secteur intérieur défaillant

Débarqué avec son pento, son sac Versace et ses certitudes, Simone Pianigiani doit avoir quelques maux de tête. Si son coaching est irréprochable, les lacunes de son Fenerbahçe semblent à l’heure actuelle irrémédiables.

Comme trop souvent depuis le début de la saison, les Turcs ont été laminés à l’intérieur par le Maccabi Tel Aviv hier. Depuis le début de la campagne européenne, Shawn James, Aron Baynes, Nikola Mirotic, Marcus Slaughter, Mirza Begic, Ante Tomic et même Marco Cusin, tous ont marché sur les intérieurs stambouliotes. Le constat en devient accablant quand on se rend compte que David Andersen, Kaya Peker, Mike Batiste, Oguz Savas et le jeune Ilkan Karaman (un futur tout bon) sont chargés de protéger la peinture. Trop vieux peut-être, trop similaires plus certainement, les grands du Fener souffrent de leur manque de mobilité, aussi bien en attaque qu’en défense.

En Toscane, coach Pianigiani avait un banger (Andersen) et pouvait compter sur trois autres intérieurs capables de s’écarter avec Ksystof Lavrinovic, Shaun Stonerook et Tomas Ress – non, nous ne feront aucune référence à Jean-Luc Monschau. De fait, le jeu s’en trouvait plus aéré en attaque, libérant ainsi des espaces pour Bo McCalebb. De même, en défense, le parquet s’en trouvait mieux quadrillé. En Turquie, la donne n’est plus la même, Ricky Hickman et Bobby Brown & cie se sont d’ailleurs chargés de le rappeler en venant mettre la pagaille entre les lignes à plusieurs reprises.

Parti sur le marché des transferts fin décembre pour trouver un intérieur capable de s’écarter, les scouts du Bosphore avait sans doute trouvé l’oiseau rare en ciblant Shelden Williams. Apte à jouer près du cercle ou en périphérie, l’ancien NBAer aurait été le renfort adéquat si le Panathinaikos n’avait pas préféré James Gist au trop couteux Mike Batiste.

La révélation Preldzic

Afin de compenser ces lacunes, le tacticien italien a bien essayé de décaler Emir Preldzic en poste 4, mais son manque de poids ne pardonne pas à un tel niveau. Et pourtant, l’ailier ne manque pas de talent.

Éblouissant face au BC Khimki lors de la première journée de l’Euroligue, l’international turc est un joueur d’équipe par excellence. Capable de couvrir plusieurs postes, scoreur, passeur, rebondeur, défenseur, tel Fernando San Emeterio à Caja Laboral, il est le ciment qui tient le collectif du haut de ses 25 ans. Drafté par les Phoenix Suns en 57ème position en 2009, Preldzic n’a certes pas les qualités physiques pour s’imposer en NBA, mais son avenir s’inscrit en lettres d’or en Europe. De quoi laisser quelques motifs d’espoir pour les années à venir du côté de Fenerbahçe.

Reste à savoir si Simone Pianigiani, prétendument venu au club pour durer, pourra encore profiter des talents de Preldzic la saison prochaine en cas d’élimination prématurée.

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Comments
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Commentaires (1)

  1. GW

    Je ne comprends pas pourquoi ils se sont passés de Gist et Ukic… tout en conservant Bogdanovic.

    Ils n'ont peut etre pas fait porter le chapeau des mauvais résultats passés aux bonnes personnes…

    Le Pana peut les remercier de ce troc. Ils lachent de vieilles gloires trop couteuses et récupère des joueurs au top de leur forme !

    Pianigiani est pris à son propre jeu. Il a recruté des vétérans pour avoir des résultats à court terme, bah qu'il assume. Et si ses dirigeants font preuve d'impatience, il l'aura cherché ! ^^