Focus : Fenerbahçe Ülker, vraiment trop fort pour Nanterre ?

La JSF Nanterre va devoir affronter le Fenerbahçe Ulker en Euroleague, une équipe au niveau de jeu déjà impressionnant.

Zeljko-Obradovic_

Construit sur les ruines d’une équipe laissée pour morte suite au départ précipité de Simone Pianigiani en février dernier, Fenerbahçe Ulker renaît de ses cendres sous la houlette du légendaire Zeljko Obradovic. Un an après avoir vu son deal échouer avec les confiseurs, l’ancien gourou du Panathinaikos a finalement posé ses valises sur les bords du Bosphore, emportant avec lui son palmarès plus long que le pont Fatih Sultan Mehmet et ses certitudes en terme de jeu et de management des hommes.

Aussi doctrinaire que Pianigiani mais beaucoup plus roublard, Zoc fait mouche et semble avoir bâti, en à peine trois mois, un vrai collectif chez un Fenerbahçe quasi-historiquement miné par les problèmes d’ego.

Recrues star, quartiers huppés, complexes quatre étoiles, gloire, le Fener se place là. Avec tous les mauvais côtés de la mégalomanie. Bogdan Tanjevic y a laissé des plumes, Neven Spahija s’y est coupé les ailes, Pianigiani y a perdu du crédit. Véritable usine à coach, le Fener Ülker a toujours fait envie sans vraiment convaincre. Un problème de taille censé être résolu avec le bail de deux ans (enfin) conclu par Zeljko Obradovic cet été.

« Je pense qu’Obradovic est le meilleur coach au monde. Son arrivée change la vision qu’ont les gens de l’équipe. Cet été, nous avons vu beaucoup de joueurs nous faire part de leur volonté de travailler avec lui », lâchait Mirsad Turkçan, le général manager du club, peu après l’arrivée de Zots.

Un an après avoir racheté la moitié les anciennes gloires de Montepaschi Siena sans regarder à la dépense, le club des bourgeois d’Istanbul a confié carte blanche à Obra, lui qui avait fait du Panathinaikos, en 1999, la première formation Euroleague avec un budget en dollars à huit chiffres.

Avec Nemanja Bjelica et Luka Zoric arrachés pour deux millions d’euros, Bojan Bogdanovic finalement conservé grâce au discours d’un coach en ayant fait sa priorité et « Pistolinas » Kleiza en cerise sur le gâteau, l’Ülker a mis les petits plats dans les grands, malgré le départ regretté de Mike Batiste ou l’échange avorté pour Milos Teodosic.

« Il est assurément le meilleur coach que je n’aie jamais eu. Il est très dur mais aussi loyal. Il respecte ses joueurs et si vous le respectez lui et l’équipe, il n’y a pas de problème. Il a toujours un grand objectif en tête », expliquait Linas Kleiza pour Euroleague.net lors de son arrivée.

« Je veux gagner quelque chose dans ma carrière car pour le moment je n’ai rien obtenu. Quand j’y pense, coach Obradovic est celui qui peut m’aider à obtenir ce que je recherche. »

Mais à la différence de Simone Pianigiani, coach Obradovic a compris que le chemin du succès passe par la mise en valeur des produits nationaux. Le Serbe a beau adorer la filière yougo, il a toujours su s’appuyer sur un contingent non négligeable de joueurs locaux pour construire ses plus grandes victoires, tant à la Juventut Badalone qu’au Panathinaikos.

Une credo qui explique dès lors pourquoi, malgré un recrutement clinquant, Melih Mahmutoglu (23 ans), Izzet Turkyilmaz (23 ans), James Metecan (18 ans) et surtout Kenan Sipahi (18 ans) grattent du temps de jeu en attendant le retour du prometteur Ilkan Karaman (23 ans).

« Zeljko Obradovic m’a parlé après un entraînement aux shoots avec la sélection nationale. Il voulait me faire jouer dès cette saison et m’a dit que mon rendement allait déterminer mon temps de jeu. C’était une conversation très courte mais elle a vraiment fait la différence au moment de faire mon choix », expliquait pour NTV Spor le néo-stambouliote Sipahi.

Une décision judicieuse pour la petite pépite turque, désormais titulaire à la mène, au nez et à la barbe d’un Bo McCalebb pourtant lâchait par les blessures.

« Il est vraiment très talentueux et il travaille dur. Comme tous les jeunes meneurs, il a parfois du mal. Je passe du temps avec lui pour le guider et le faire travailler encore plus dur. J’ai parlé avec lui cet été et je lui ai dit que je voulais lui laisser sa chance, et pas seulement sur le banc. Je lui ai dit que son attitude et sa passion pour le basket décideraient de son temps de jeu. Jusqu’à présent, je suis vraiment content de son travail. Il a des hauts et des bas, mais qui n’en a pas ? Diamantidis était comme ça lors de sa première saison au Panathinaikos », balançait Zoc sur Eurohoops au sujet de son petit protégé.

Le Kosavare de naissance a du basket et n’a pas froid aux yeux. Lui qui devait seulement prendre de l’expérience et piquer au vif McCalebb gratte de plus en plus de temps de jeu, au point de saigner Léo Westermann lors d’un money time dantesque dans le Pionir Hall.

« Contre Barcelone, Sipahi a été dans le cinq à tout juste 18 ans. J’adore utiliser l’énergie qu’apportent les jeunes à côté de joueurs expérimentés. Il a été capable de faire face à Juanca Navarro et de défendre sur Huertas, ce n’est pas rien », professait Obra.

Utiliser McCalebbovich et Linas Kleiza en sortie de banc, une folie que seul Obradovic pouvait se permettre de faire endurer à deux joueurs habitués à squatter le parquet et les tickets shoots à Sienne ou sous le maillot de l’Olympiacos.

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Comments
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Commentaires (1)

  1. dulbert

    Obradovic, sans doute le meilleur coach au monde, et le plus titré, un coach qui ne menage pas les egos de ses stars et c'est sans doute une des principales raisons de ses succès, c'est peut etre aussi pour ça qu'il serait plus difficilement accepté à la tete d'une equipe NBA..Sacré personnage en tout cas!