Le Fernando Raposo nouveau est arrivé

A l’image de Nanterre92, Fernando Raposo est en plein progrès. Et ça n’est sans doute pas fini.

Tim Blue Fernando RaposoParfois la meilleure recrue d’un club est un joueur qu’il a déjà dans sa rotation. Pour illustrer cette théorie on peut prendre l’exemple du pivot nanterrien Fernando Raposo (26 ans, 2m06). Arrivé cet été dans le 92 après trois saisons passées à Orléans, l’intérieur a connu des débuts pour le moins difficiles car il ne correspondait pas au joueur qu’avait voulu signer le club. « Quand il est arrivé c’était un joueur lourd alors que nous on pensait avoir recruté un joueur assez rapide. Il a fait beaucoup de muscu l’été. Pour un poste 5 c’est bien mais il avait perdu toute fluidité. Quand il était à Orléans il avait un jump incroyable, il sortait très fort sur les pick-and-rolls… C’est ce type de joueur que l’on avait recruté » explique ainsi Franck Le Goff, l’assistant de Pascal Donnadieu. Lors de ses cinq premiers matchs en rotation de Mouhammadou Jaiteh, Raposo valait ainsi 1,6 points et 2,2 rebonds de moyenne pour 9 minutes de temps de jeu. « Au début c’était juste difficile parce que je ne jouais pas beaucoup » reconnait-il aujourd’hui. Mais comment laisser sur le terrain un joueur dont le style ne correspondait pas à celui que le staff voulait insuffler à l’équipe ? Aussi pour Franck Le Goff les critiques qui n’ont pas manquées de fleurir au sujet de Raposo étaient « normales car défensivement dans tout ce qu’on lui demandait il était lent donc son point fort devenait un point faible et après offensivement de toute façon les autres allaient plus vite que lui. Il y’avait donc un décalage pas possible« . A la place de Fernando Raposo plus d’un aurait baissé les bras depuis longtemps, pas lui et ce pour une raisons majeure : « Je n’ai pas ressenti les critiques car j’ai toujours eu le soutien du staff. Donc ça n’est pas quelque chose qui m’a gêné plus que ça« .

Aussi son évolution va d’abord passer par une transformation physique sous la coupe du préparateur physique Vincent Dziagwa. « Il a arrêté de faire du lourd Raposo Invernizzien musculation et du coup il s’est affiné. Il a retrouvé petit à petit la vitesse qu’on lui connaissait » explique Le Goff. « Ca m’a pas aidé plus que ça; ça m’aide à être plus vif et à me fatiguer moins vite » précise Raposo sur le sujet. Selon lui c’est davantage son acclimation progressive à une nouvelle équipe et un nouvel environnement qui a eu des effets positifs sur son jeu. Mais ce qui a aussi changé pour lui c’est de passer starter et ce à partir de la douzième journée à l’Astroballe contre l’ASVEL (une rencontre perdue 66-59 pour l’anecdote). Son rendement en a bénéficié puis qu’entre la douzième et la vingtième journée il a tout simplement tourné à 5,3 points et 3,4 rebonds pour 7,4 d’évaluation (ce qui est légèrement mieux que le 7,2 de moyenne de 2008/09 avec Pau qui correspond à sa meilleure saison en Pro A). « Je dirais que mon évolution est comme l’équipe, de mieux en mieux. Je monte en régime comme l’équipe » apprécie Raposo. Son association avec Mam Jaiteh est désormais l’une des forces de la formation francilienne. « J’apporte quelque chose de différent de Mam. C’est bien pour l’équipe. C’est une bonne chose que tout le monde ait trouvé sa place. Il n’y a pas que moi qui ai trouvé ma place d’ailleurs, il y’a Hugo aussi« .

Dans cette déclaration pointe son côté hyper-altruiste qui peut parfois le desservir. Selon Franck Le Goff l’intérieur manque encore de confiance en lui pour ce qui touche à l’attaque. « Il n’a pas confiance en lui car depuis très longtemps on le cantonne à un travail de l’ombre alors que c’est quelques uns qui a de bonnes mains, qui court, qui est bon dans la finition. Parfois il ne pense qu’à faire la passe mais on a aussi besoin de paniers intérieurs. Ca serait une plus-value énorme pour nous mais tout ça c’est un travail mental ». Raposo, qui a signé cet été pour deux ans, peut-être certain que l’exigence du staff avec lui sera toujours forte. « Il a de l’expérience donc ça veut dire que l’on est très exigeant par rapport à lui, c’est plutôt du respect que l’on a vis-à-vis de lui. C’est un plaisir vraiment de l’entraîner. C’est un garçon très sensible et très à l’écoute et je pense que ça explique aujourd’hui qu’il joue de mieux en mieux« . Si ses performances individuelles ne le grisent pas, Fernando Raposo pense toutefois que les objectifs collectifs peuvent évoluer. « Au début on pensait vivre une saison un peu galère mais au final on peut peut-être faire quelque chose« . C’est tout ce que souhaite Nanterre92.

Crédit photo : F.Blaise

 

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