Finale Pro B – Dijon/Nanterre : Le jeu des différences…

Nanterre et Dijon se retrouvent samedi à Bercy, pour se disputer, dans la liesse générale et l’ambiance de folie provoquée par une finale sèche (sic), un titre de champion de France.

En plus d’avoir connu deux parcours assez différents, les deux clubs représentent deux facettes de ce que peut-être le haut niveau français. Rapide passage en revue.

L’histoire :

Fondée en 1880, la JDA Dijon a rejoint l’élite en 1990. En 21 ans, le club a raflé plusieurs titres en Espoirs (Championnat et trophée du futur). Avec les pros, la JDA a mis du temps à gagner. Le club a dans ses armoires une défunte Coupe de la Ligue (1993), et plus recemment une SDA et une finale d’Eurocup (2004) sous la houlette de Nicolas Faure. A cela s’ajoute une Coupe de France et un match des champions (2006) avec Jacques Monclar. Rien depuis.

La JSF Nanterre est plus jeune, puisque née en 1927. Pascal Donnadieu est l’unique entraîneur de l’histoire moderne du club, depuis les plus bas niveaux fédéraux. Perf quasi inédite aujourd’hui, et que peu de coaches ont réussi. Rien de marquant en terme de trophées, si ce n’est une finale de Coupe de France en 2007, et une première place finale en Pro B cette année. Malgré ce relatif vide en terme de palmarès, la JSF affiche une stabilité et une régularité rare aujourd’hui. C’est une force.

La logique de la finale est respectée puisqu’elle opposera le 1er et le 2e de la saison régulière. Les deux rencontres de championnat renvoient les clubs dos à dos (1V-1D).

Les moyens :

Avantage Dijon, programmé pour la remontée, et qui, malgré un passage très délicat pendant l’hiver, est au rendez-vous final. La JDA avait, du moins sur le strict plan comptable, plus de moyens que la JSF, et est déjà prête, expérience oblige, à l’étage supérieur et à la gestion d’une remontée.

Les coaches, les styles :

Jean-Louis Borg, ultra exigeant et habitué du jeu sous contrôle, s’impose une fois encore dans une mission de montée/remontée après Vichy et Toulon. L’accession à la Pro A fera de lui un des coaches les mieux payés de France la saison prochaine. Aucun coach en activité ne peut actuellement rivaliser sur le nombre de passages à l’échelon supérieur. Si son style de jeu, hyper structuré, et à connotation défensive, n’est pas le plus plaisant pour les fans, il reste néanmoins efficace. Atypique pour la Pro B, le jeu de la JDA est formaté Pro A, avec des joueurs qui connaissent les deux divisions. Et le coach. L’apport en fin de saison de Moss a densifié le jeu intérieur Dijonnais, et a paradoxalement relancé Samba Dia qui concourrait alors pour l’award du joueur le plus surcôté de la division.

Pascal Donnadieu a effectué avec Nanterre son baptème du haut-niveau. Après avoir trainé ses guêtres dans des divisions et salles pour le moins exotiques, il est l’homme fort de la JSF et de toutes ses montées. La dernière en date comprise. Son duo avec Franck Le Goff, un temps prête nom à cause des diplômes, a fait ses preuves. Amateur d’un jeu plus ouvert que son collègue et adversaire d’un jour, Donnadieu laisse beaucoup plus de liberté à ses joueurs. Ceux-ci sont également dans des profils plus offensifs et créateurs que les Dijonnais. Sans connotation de valeur intrinsèque bien entendu. Adepte du jeu de transition et du basket offensif, l’opposition avec la JDA vaudra son pesant de détails stratégiques.

Les joueurs, les chiffres :

Quatre joueurs à 10 points et plus côté Nanterrien. Un meilleur marqueur (Carter) à 17.4 pts. Les trois top scoreurs de l’équipe sont des renforts US. A dijon, la marque est répartie de manière plus équilibrée. Pas de gros scoreur, sept joueurs entre 7 et 13.9 pts. Le meilleur marqueur est un Français (Leloup, 13.9 pts), fait assez rare pour être signalé. 2 Français/JFL dans le top 3 des scoreurs.

Preuve par les chiffres que dans les grandes lignes, et les hiérarchies d’équipe, les philosophies sont différentes. Là où d’un côté des joueurs Français/JFL sont des éléments clés (Dijon), les responsabilités et les tauliers sont des US/non JFL (Nanterre) de l’autre.

Les deux équipes se ressemblent cependant : Grosse densité physique dans la peinture avec Carter/PassaveDucteil en face de Bing/Moss. Nanterre, via Carter et peut-être Daniels, semble peut-être plus vertical que Dijon, qui sera sans doute plus efficace au sol et dans le jeu de positions, ce qu’est le jeu de la JDA.

Postes 1 axés sur l’agressivité offensive et le scoring (Akono/Craven). Les ailiers Nanterrois Riley/Pons/Judith/Corosine présentent peut-être plus de talent pur que Leloup/Melody/Monclar, mais peut-être moins de dureté et de rigueur que les Dijonnais.

 

Alors en gros ça donne quoi… ? Des styles différents, que ce soit dans le jeu, sur les castings respectifs ou au niveau des coaches. Une histoire comme on les aime : le gros budget programmée à remonter face au « petit » club qui a su grandir et s’imposer chez les grands. C’est du 50/50 samedi, ou pas loin. Comme ça, pas de risque.

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Comments
Un peu de LNB, un peu d'Euroleague, beaucoup de bonheur...

Commentaires (6)

  1. Mattjm

    très bon article a part que l'on dit Nanterrien et pas Nanterrois ;)

  2. Nairod

    J'ai été agréablement surpris ces 2 dernières années de ne jamais voir la faute dans les récap de Pro B, mais vous venez de tous gâcher au meilleur moment… les habitants de Nanterre ne sont pas des Nanterrois mais des Nanterriens!

    Pas grave je n'en veux à Personne! :-P

  3. Personne

    Mes plus plates excuses au habitants de Nanterre, que je ne nomme pas pour pas faire d'erreurs :)

  4. Bingo

    Sympa cette preparatiion. Merci !

  5. Nairod

    Pas de souci, je ne connais pas moi même le nom des habitants de tous les bleds de France!

    Et pour info (si ça interesse quelqu'un d'autre que moi), les habitants des Hauts de Seine sont des altosequanais… ça peut toujours servir pour se la péter en soirée!

  6. Startrak

    Dijon a été en finale de l'Eurocup Challenge, ancêtre de l'Eurochallenge (3è coupe européenne) et non de l'Eurocup (2è).