Focus Paris-Levallois : Greg Beugnot impose sa patte

En attendant la signature (imminente ?) de Blake Schilb, Gregor Beugnot, arrivé cet été, continue d’imposer sa patte du coté de la capitale.

Greg-beugnot-large-MerciecaDes changements à tous les niveaux

Cet été, après avoir empoché une Coupe de France face au rival Nanterrien, les dirigeants du Paris Levallois étaient néanmoins déçus. Après une phase aller réussie (10 victoires, 5 défaites), Christophe Denis et son staff pouvaient rêver de titre. Mais la phase retour a été un calvaire. 12 défaites pour 3 victoires et voilà les joueurs du PL qui ratent la qualification pour les play-offs. Dans les hautes sphères du club, conséquence directe ou non, Francis Flamme, président durant 5 saisons, laisse sa place à Jean-Pierre Aubry, un proche du maire de Levallois, Patrick Balkany. Première annonce du nouveau président, la signature de Jacques Monclar en tant que Directeur Sportif (Conseiller du Président par la suite). Ron Stewart sera la première victime du changement, placardisé depuis plusieurs saisons. Un départ est plus que logique. Celui de Christophe Denis est plus surprenant, surtout quand on connaît les liens qui unissent Monclar et Denis. Le premier nommé ayant fait monter le second dans la capitale pour entrainer les Espoirs du PBR. Leurs liens datant de la période Antiboise de Monclar. Greg Beugnot, également ami de longue date de Monclar, est choisi pour le remplacer. Le cinquième budget de Pro A (mais la 2e masse salariale) se retrouve donc avec deux des plus grands noms du basket français à sa tête. Et si on sent que le club a envie de faire table rase du passé (une vieille habitude parisienne ?), ils n’ont pas vraiment les coudées franches. Le souci, c’est que 80% de l’équipe a signé un contrat de deux saisons. En mettant fin au projet bi-annuelle de Christophe Denis, le nouveau staff du PL doit faire avec l’héritage de son prédécesseur.

Beugnot fait le ménage

Effectif PL 2012/2013
Meneurs : Andrew Albicy, Antoine Diot puis Julius Hodge
Ailiers : John Cox, Giovane Oniangué et Maleye Ndoye.
Intérieurs : Sean May, Jawad Williams, Louis Labeyrie et Jonathan Aka.

Si Julius Hodge (7 points, 2 rebonds et 4 passes en 19mn) et Jonathan Aka (2 pts et 3reb en 8mn) sont en fin de contrat, ils restent 9 joueurs censés reprendre sous les ordres du nouveau coach. Tout l’été, les téléphones des agents des joueurs concernés sonnent. Résultat des courses : départ d’un Antoine Diot ressuscité pour Strasbourg. Le « phénix », Champion d’Europe 2013, n’était plus grand chose quand Denis a fait le pari de le signer pour deux ans. Faire partir un de ses meilleurs éléments pour 80.000 € dans un autre club français, voilà l’une des premières décisions du nouveau staff et elle peut prêter à discussion. Du coté de Strasbourg on se frotte les mains. John Cox, jamais vraiment mis en valeur durant la saison, sera la deuxième victime collatéral des changements d’effectif. Il est libéré de son contrat et Cholet saute dessus. Il valait 9 points, 2 rebonds et 2 passes en 22 minutes. Cette saison il est à 14 points, 4 rebonds et 4 passes en 33 minutes.

Le joueur le plus en danger cet été était Maleye Ndoye (33 ans), complètement passé au travers de sa saison avec 5 points de moyenne pour un joueur qui avait doublé son salaire en passant d’Orléans au Paris Levallois (en divisant par 2 son évaluation, ça fait mal). Ne souhaitant pas être crucifié sur l’autel du changement, l’ailier sénégalais a refusé de mettre fin à son contrat. Le Paris Levallois lui propose donc une forte diminution de salaire et un …. renouvellement de son contrat. Accord accepté et voilà Ndoye assuré de jouer jusqu’en 2015 au PL. Génial ? …. Joker. Le nouveau coach du PL aurait à priori essayer de prêter Labeyrie voire de le couper (il lui restait deux ans de contrat) mais devant le refus du joueur et de son agent, il devra faire avec. Pas sur que Labeyrie sorte gagnant sportivement de cet imbroglio, lui qui n’a jamais vraiment réussi à prouver qu’il pouvait être un joueur dominant (ou tout simplement un joueur de Pro A non ?).

Le recrutement sauce Beugnot-Monclar

La suite on la connaît, le 2e club d’Ile de France (Nanterre est Champion de France) va recruter Daniel Ewing et son gros CV ainsi que Nicolas Lang et tardivement, Aloysius Anagonye, intérieur nigérian. Lors du premier match, le ton est donné dans le programme de match du Paris Levallois qui reçoit alors Le Mans. Le néo président déclare très ouvertement que Gregor Beugnot c’est « vraiment du basket-ball » et qu’il comprend enfin ce qui se passe sur le terrain. Sous-entendant que ce qui s’est passé avec Christophe Denis était…incompréhensible. Résultat ? Une défaite cinglante face au Mans, 62-85 avec une évidente incompréhension sur la performance défensive de Sean May (s’il n’y avait que sur ce match…). Après une journée, Sean May, que certains supporters ont pu voir être sérieusement secoués par Beugnot lors des entraînements, déclare forfait pour une longue durée. Du pain béni pour Gregor qui ne tenait pas vraiment l’ex Nba-er dans son coeur. C’est l’occasion pour lui d’apposer encore un peu plus sa patte dans l’effectif. Le problème c’est qu’en l’absence de pivot massif, le Paris Levallois démarre la saison avec 3 défaites. La signature d’Elton Brown va donner un vrai coup de peps au PL qui enchaînent 9 victoires en 10 matchs. Le discours semble mieux passer auprès des joueurs et la mue est en cours. L’éternel lanceur de jeunes, Beugnot, se frottent les mains de pouvoir compter sur deux des éléments principales du titre de Champion de France Espoirs du PL en 2011 avec Giovane Oniangué et Landing Sané qui accumulent les performances étonnantes.

Une bagarre qui arrange tout le monde ?

Malgré la série de victoires, la bagarre générale entre les joueurs du PL et ceux de Gravelines va venir ternir le bilan global de la nouvelle équipe. On voulait un basket médiatisé mais faire le tour de l’ensemble des chaines de la TNT pour trente secondes de « pousse toi là que je t’étrangle » ça n’arrange personne. Personne ? C’est vite dite. Cette bagarre va finalement enlever une épine du pied au staff francilien. Toujours très envieux d’imposer sa patte et de modeler son effectif à sa main, la suspension de Jawad Williams tombe à point nommé. Le capitaine déchu de l’époque Denis est le meilleur marqueur de son équipe mais son influence dans le vestiaire a diminué. Les français ont souffert de la domination « Carolinienne » avec le trio Williams-May-Hodge (Williams et May ont été formés ensemble à North Carolina, ils étaient voisins de Julius Hodge qui lui était à North Carolina State). Si on ajoute à cela l’appel du pied de Blake Schilb, en disgrâce à Belgrade, le timing est parfait.

Jawad Williams, 72 matchs sous le maillot du PL (un record pour un US ?), 16 points, 5 rebonds, 2 passes pour 15 d’éval. de moyenne va être mis de coté. Même si l’entente entre le coach et l’ex-capitaine allait en s’améliorant, le coach francilien ne pouvait (ne voulait ?) pas attendre 3 mois et risqué de rater une qualification en play-offs. Le « déchirement » évoqué par le coach ne semblait pas feint quand il s’est exprimé mais dans les coulisses, la mise à l’écart de l’américain le plus fidèle du club n’a pas fait plaisir à tout le monde.

Beugnot en territoire connu

Voilà l’effectif actuel du Paris Levallois (en rouge les joueurs ayant évolué avec Christophe Denis)

Meneurs : Ewing, Albicy
Ailier : Ndoye, Oniangué, Lang, Touré
Intérieur : Labeyrie, Sané, Brown, Anagonye

Après une période d’adaptation, Beugnot a maintenant pris ses marques. La signature de Blake Schilb serait l’aboutissement d’un PL un peu plus chalonisé (pour rappel, Emmanuel Pinda, ex-Chalon, coache l’équipe espoirs du PL). En attendant de savoir si JBAM, Ilian Evtimov et d’autres joueurs de Chalon rejoindront eux aussi la capitale, on peut néanmoins se dire que cette équipe du Paris Levallois, Schilb ou pas, ressemble de plus en plus à une équipe prétendante aux demi-finales du Championnat. Chose qui ne lui est jamais arrivé sous l’appellation PARIS LEVALLOIS.

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Comments

Commentaires (5)

  1. John

    Peut-on considérer Ewing comme un meneur? Pour moi c’est plus un arrière. J’aimerais quand même qu’ils recrutent un meneur, par exemple l’ancien choletais Carl Ona Embo. Il est libre et il est JFL. Cela permettrait d’aligner Albicy/Ewing d’entrée et en back-up Embo/Lang.

    En 3, on ne touche pas avec Ndoye/Oniangué. En 4 Touré/Sané. En 5 Brown/Anagonye/Labeyrie.

  2. GW

    Très bon article de Andre ! J’espère qu’il en appelera d’autres, le ton est beaucoup plus libre et relaché, plus facile à lire aussi, que celui de Barbara. Et très bonne synthèse, Paris est un club où on ne s’ennuie pas !

    Tu as oublié l’épisode Christopher par contre et les fausses excuses données par Monclar pour se défiler quand les choses se sont compliquées… ;-)

    Je suis d’accord avec John, Ewing est un arrière, il y aurait besoin d’un joueur capable de faire souffler Albicy qui enchaine les matchs à 40min ou presque ! Lang et Ewing ont un registre trop différent de celui d’un meneur classique.

    Et concernant le clan de North Carolina, Denis avait parlé dans une ITW de sa fascination pour cette équipe. Il a également eu David Noel sous ses ordres. Ca lui servira de leçon, Hodge étant un élement instable, exubérant, inconstant et un mercenaire globetrotter, pas étonnant qu’il ait mis le feu aux poudres avec ses « voisins ».

    C’est dommage parce qu’en finale de coupe de france, tout le monde semblait mobilisé, je ne comprends pas ce qui a conduit à ces matchs horribles de fin de saison, contre Le Havre, Limoges et Chalon tout particulièrement.

    Je suis vraiment content du jeu proposé par Beugnot, comme dit dans l’article, moi aussi je retrouve un basket lisible, comparé aux presse tout terrain, pick and roll a outrance de Denis.

    J’espère qu’entre Cox, Williams et May, le PL n’y a pas laissé trop de plumes et que Beugnot aura les mains libres l’été prochain pour constituer l’équipe.

    Sinon pas un mot sur Albicy, mais je pense qu’il a besoin de se sentir au centre de l’équipe pour briller. Quand il n’est qu’un pion sur l’échiquier, comme au BCM ou à coté de Diot, il n’est pas à l’aise.

    Quand il sort du banc, il est catastrophique.

    Par contre depuis qu’il est le seul maitre à bord, c’est un maestro.

    Impressionnante lucidité pour un joueur à qui on demande de jouer 40 min !