Focus : Theo Papaloukas, le Magic grec

Joueur clé de la grande équipe de Grèce des années 2000, Theo Papaloukas a décidé de prendre sa retraite à 36 ans, non sans avoir marqué son époque.

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Les fans d’Euroleague peuvent souffrir. Deux ans après Marcus Brown, Derrick Sharp, Trajan Langdon JR Holden et Marcus Brown, douze mois après Ramunas Siskauskas, Shaun Stonerook ou encore Anthony Parker, un autre joueur marquant des années 2000 a décidé de prendre sa retraite : Theo Papaloukas. Playmaker de génie et clutch player ultime, le Grec a marqué de son empreinte le basket continental. Portrait.

Éclosion tardive

Talent caché, Papaloukas entame sa carrière professionnelle dans l’antichambre grecque, dans le petit club athénien du Amyntas Dafni. Meilleur passeur de l’A2, le meneur guide sa formation vers l’élite, avant de s’expatrier du côté du Panionios, à 22 piges. Capable de couvrir les postes 1, 2 et 3, l’Hellène finit par découvrir, deux ans plus tard, le plus haut niveau européen avec un Olympiacos au début d’une ère que Jan Ullrich ne saurait renier.

Associé au sniper Stéphane Risacher ainsi qu’au regretté Alphonso Ford, Theodoros lâche les dimes mais ne perce pas. Éliminé au Top 16 par le richissime Panathinaikos de Dejan Bodiroga, le Pirée se fait tordre sur le fil par l’AEK Athènes en finales de l’A1 (3-2).

A 25 berges, il décide alors de partir à la recherche du temps perdu en répondant favorablement à l’appel de Dusan Ivkovic, ancien bâtisseur du grand Oly de la fin des années 1990 et architecte du renouveau du CSKA Moscou.

« Quand j’ai quitté la Grèce, j’étais déçu et triste, surtout que vous ne savez jamais ce qui va se passer quand vous partez. Au final, ça a été le choix le plus judicieux de ma carrière. Je suis arrivé dans une équipe organisée, où l’on m’a respecté. J’étais heureux de me faire un nom et de gagner de l’argent pour aider ma famille », confiait-il en 2007.

Respect et pognon, deux mots qui ont guidé la carrière de l’un des plus gros égos du basket moderne. Après une paire d’années à ronger son frein derrière les pépites J.R. Holden et Marcus Brown, celui qu’Ivkovic considère alors comme étant « le meilleur sixième homme d’Europe » ne demande qu’à prendre les clés du camion à la suite d’un exercice 2004-05 achevé par un fanny très laid lors d’un Final Four Euroleague disputé à domicile.

Le tournant serbe

Et à l’image d’une génération Alvertis – Papadopoulos programmée pour arriver au sommet au Jeux olympiques d’Athènes, Papaloukas finit par exploser à la face de l’Europe un an plus tard, à l’Eurobasket 2005.

Leader d’une génération jeune mais déjà expérimentée, l’all-around player se mue en général et porte sa sélection vers l’or. Si le France du basket a encore en mémoire le shoot létal de Dimitris Diamantidis (enfoiré…), nombreux sont ceux qui retiennent qu’un tel come-back n’aurait pu être rendu possible sans l’impact apporté par Theodoros dans ces foutues 47 dernières secondes.

Libéré en club par le départ de Marcus Brown, le natif d’Athènes confirme son nouveau statut en faisant trébucher à lui seul ou presque le grand Maccabi Tel Aviv d’Anthony Parker et Nikola Vujcic. En sortie de banc – comme toujours -, Papaloukas est chargé de dicter le rythme du rouleau compresseur moscovite et de prendre les choses en main dans les moments chauds, à l’image de ce que Manu Ginobili ou Danilovic avaient pu faire pour Ettore Messina au Kinder Bologne. 19 points et 4 interceptions en demie face au Barça, 18 points et 7 passes pour 28 d’éval contre le Club Nation en finale, Pap’ est élu meilleur joueur du Final Four puis, quelques mois plus tard, meilleur joueur FIBA Europe de l’année. A 29 ans, le Magic blanc est au sommet.

Courtisé par la NBA, alors que son contrat arrive à échéance, il se permet de décliner plusieurs offres (Lakers, Mavs…) pour continuer son petit bonhomme de chemin en Russie.

« Quand vous quitter un club, c’est pour trouver quelque chose de mieux. J’ai eu des offres de la NBA mais ils ne m’ont pas montré qu’ils me désiraient. Ils savent combien je gagne et ils m’offrent à peu près la même chose, je ne vois pas les choses ainsi. Je ne pense pas qu’il soit opportun d’y aller », expliquait-il alors.

Séduit par le contrat de trois ans à plus de 10 millions d’euros offert par son mentor de coach, l’Hellène prolonge et part reconquérir l’Euroleague, avant de finalement casser son bail un an après.

« C’était une décision commune parce qu’après avoir remporté l’Euroleague (en 2008), je pensais vraiment que j’avais besoin d’un nouveau challenge. Et la seule chose que j’avais à l’esprit était l’Olympiacos. J’apprécie la façon dont le club travaille afin de trouver les sommets de l’Europe. »

Theodoros apprécie, aussi, son nouveau bail de trois ans à 10.5 millions d’euros. Déçu par la défaite de sa sélection en Finale des mondiaux 2006, le combo-guard finit par prendre sa retraite internationale au sortir d’une cinquième place aux Jeux olympiques de Pékin. La fin d’une époque, le début du déclin.

Désormais accompagné de Linas Kleiza, Sofoklis Schortsanitis, Patrick Beverley, Josh Childress, Nikola Vujcic, le playmaker de 2 mètres essaye tant bien que mal de mettre de l’ordre dans le jeu d’une « équipe » composée de scoreurs aussi grassement payés qu’ingérables (et mal gérées).

La crise passe par là, Ioannis Bourousis et compagnie sont invités à aller voir ailleurs après 3 défaites en finales de l’A1 et un échec à Bercy. Sur la touche durant de longues semaines, car ne parvenant pas à se trouver un club apte à répondre favorablement à ses demandes princières, Papaloukas pose ses bagages Louis Vuitton au Maccabi. Grave erreur. Habitué à faire la pluie et le beau temps tant sur le parquet qu’en coulisses, l’ex-Tsar grec se prend salement la tête avec David Blatt. Entre bouderies, cirage de banc et entrée décevantes, l’old timer démontre à de trop rares intermittences, à l’instar de la série de quarts face au Panathinaikos, qu’il lui reste encore quelques beaux restes sur pick and roll ou en post up.

Venu achever en janvier dernier son petit bonhomme de chemin au CSKA Moscou, Theo Papaloukas a tout de même eu le temps de rentrer un peu plus de l’histoire de l’Euroleague en dépassant J.R. Holden au rang des joueurs ayant le plus souvent pris part au Final Four (neuf fois).

« J’ai parlé à J.R. Holden », confiait-il après le départ en retraite de l’Américano-russe. « Sa décision a été difficile à prendre. Si vous ne le sentez pas, si vous êtes mentalement usés, il est difficile de continuer. Le basket-ball est un jeu pour nous. Tant que vous vous amusez, vous pouvez continuer. Si ce n’est plus le cas, il faut arrêter. Holden, Langdon, Marcus Brown et Derrick Sharp ont fait beaucoup pour notre sport. Ce sont tous de grands joueurs et professionnels. Vous pouvez seulement respecter leur décision. »

Pas mieux.

Palmarès :

Champion d’Europe des nations : 2005
Vice-champion du monde : 2007
Euroleague : 2006 et 2008
Champion de Russie : 2003 à 2008, 2013
VTB League : 2013
Champion d’Israël : 2012
Adriatic League : 2012
Meilleur joueur FIBA Europe 2006
Meilleur joueur Euroleague 2007
Meilleur passeur Euroleague : 977
Deuxième meilleur intercepteur Euroleague : 335
Euroleague 2001-10 All-Decade Team
Nommé dans les 50 plus grands contributeurs de l’Euroleague en 2008 (seul joueur en activité à avoir été nommé, avec Alvertis).

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Comments
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Commentaires (5)

  1. drouzgeg

    Un tout grand joueur. Cette génération dorée grecque qui s'en va petit à petit… c'est vraiment triste à voir.

    Au passage j'ai envie de dire MERCI au rédacteur d'avoir mentionné Ford dans son article. Ce mec avant de signer à l'Oly jouait pour le Peristeri, formait un pur duo avec Dinkins et je me souviens très bien qu'il était tellement impressionnant, que même si cette équipe était considérée comme "petite" à l'origine c'était un véritable calvaire de les jouer et au final le Peristeri s'est imposé comme un valeur sure avec ces joueurs là.
    http://youtu.be/rVnb7Jy4n_4

  2. pekovic1er

    moi je retiens la demi contre les usa au mondial je crois il y a quelques années, qui reste pour moi le monument de basket ou la science du jeu vient battre le physique…

  3. Aristote Onaniste

    Merci pour cet article. Les figures mythiques des années 2000 arrêtent leur carrière les unes après les autres. Profitons encore des quelques années de Navarro, DIamantidis, Jasikevicius, Reyes, Fotsis etc…

    Papaloukas, y'a un tournant en 2005 en effet. Avant cela, il était déjà "brillant" avec le Panionios (quel duo avec Diamantopoulos!) puis son passage à l'OLY fut plus compliqué car y'avait encore du déchet à gommer et plus de pression. En 2001, avec la sélection, ça se symbolise par des l.fs ratés (ou des turnovers) en fin de match lors du match face à l'Allemagne en 1/4.

    Une petite nuance : Il ne prend pas sa retraite internationale après l'échec des J.0 2008, d'ailleurs officiellement, je ne sais même pas s'il l'a annoncée (comme Diamantidis par exemple). En 2009, il était dans une liste éventuelle mais des problèmes physiques puis diplomatiques ont fait qu'il n'a pas pris part à la compétition.

    Une plus grosse nuance : son deuxième passage à l'OLY n'est pas vraiment le début "du déclin". Les 2 premières années sont dans l'ensemble très bonnes même si les Reds ne gagnent ni le chpt ni l'euroleague… On se souvient de ses matchs au F4 de Paris notamment en 2010… Il tombe juste sur un PAO royal en chpt (avec problèmes vestiaires/coach G.) et en europe (2009). Ça se complique la dernière année en fin de saison où il souffre en défense face à Hairston en 1/4 d'euroleague et face aux ailiers du PAO en finales d'Esake (association compliquée dans le jeu avec Teodosic et Spanoulis où il est décalé au poste 3 par Duda….).

    C'est vraiment son passage au Maccabi qui amorce son "déclin" pour le coup, assez rapide du coup….
    Au CSKA, c'était le gars des vestiaires, un homme de confiance pour Messina, un mec qui devait canaliser Teodosic et dépanner un peu à la mène au cas où, ce qu'il a fait de façon assez honorable malgré çà^^ (http://www.youtube.com/watch?v=vPkKL85u2yA) jusqu'au fiasco du F4.

    En gros un mec qui explose sur le tard (après avoir réglé ses fantaisies et en apprenant la gagne en Russie), un joueur ultra dominant malgré une qualité de shots faible (sauf quand c'est important!) mais qui compensait par sa taille en pénétration. Très bon sur jeu placé mais aussi en transition (années OLY), beaucoup de cinéma. Dominant de 2005 à 2008. (Très) bon jusqu'en 2010-2011.

  4. Aristote Onaniste

    oui enfin y'a déclin et déclin^^… je veux dire jusqu'en 2010 encore, c'est un top meneur européen et sa dernière saison chez les reds est dans l'ensemble bonne (avec un excellent top16 si je me souviens bien).
    C'est donc plus de 3ans après 2008 que ça commence à se gâter surtout parce que ça fonctionne pas avec Blatt (et pourtant il a continué à faire quelques bons trucs).

    Pour les années 2000, c'est difficile en effet… Bodiroga, ça couvre une décennie mais à cheval sur deux… Parker, pour moi, il n'a pas assez joué en Euroleague (malgré un très bel impact), Diamantidis pareil il domine qu'à partir le milieu des années 2000, Navarro, pareil, Holden, il est présent sur quasiment toute la décennie mais son apport se résume à ses années CSKA à partir de 2002 (mais c'est pas un joueur de la trempe des précédents), Papaloukas joue déjà l'euroleague en 2001 mais il n'explose qu'en 2005…. un néo retraité comme Smodis a bien parcouru la décennie même s'il est un peu moins légendaire que les autres… Y'a les mecs comme Sharp avec le Maccabi ou Alvertis avec le PAO… un mec comme Fotsis présent sur toute la décennie avec plusieurs titres… Donc peut être que Saras représente le mieux la décennie avec sa période au Maccabi/Barça puis celle au PAO…. après ces années au PAO ne sont pas si linéaires (mais performant aux F4)…. donc peut être qu'il n'y aucun joueur en particulier… mais plus des clubs le PAO surtout puis le Maccabi et le CSKA… et des coachs 1. Zots, 2. Messina^^

    Ben ouais, Giannakis il a eu un vestiaire pourri par les égos et têtes de nœud (Bouroussis, Papaloukas, Teodosic, Kleiza notamment….). Au F4 de Paris, y'a Teodosic que jette son maillot (ou sa serviette je me souviens plus) quand il le sort… plus bien d'autres petites histoires….