France – Serbie : Aux portes du paradis…

Héroïque contre l’Espagne, l’équipe de France affronte ce soir la Serbie en demi-finale avec à la clé une place pour la finale de la Coupe du Monde.

On veut continuer à rêver. Maintenant que l’équipe de France est venu à bout de l’ogre espagnol devant le public de Madrid, on veut croire qu’elle a fait le plus dur. La perspective d’une finale entre les tricolores et les stars NBA de Team USA n’est plus une utopie. L’idée d’un tel affrontement est dans toutes les têtes, et sans doute aussi dans celles des joueurs et des coaches des champions d’Europe en titre.

« C’est un rêve. Gamin, je jouais dans mon jardin en imaginant affronter les Etats-Unis en finale de quelque chose », confie Vincent Collet.   « Le basket français attend une finale de Coupe du Monde », reconnait Nicolas Batum. « On pense à la finale contre les Américains mais on ne veut pas se projeter. »

La priorité, ne pas se relâcher

Batum-EdfLe peuple attend sa finale. Comme l’an passé, l’engouement a pris autour de cette équipe de France seulement lorsqu’elle s’est mise en position de gagner. Comme l’an passé, France Télévisions diffusera les rencontres qu’à partir des demi-finales. Mais ne jouons pas les mauvaises langues et réjouissons-nous de la nouvelle exposition médiatique dont jouit soudainement un groupe privé de sa plus grande star, Tony Parker. Il est difficile de ne pas garder dans un coin du crâne une finale contre Team USA. Difficile de ne pas y penser si près du but. Difficile de ne pas imaginer que la France soit favorite contre la Serbie après avoir éliminé l’Espagne au complet à domicile.

"Le basket français attend sa finale de Coupe du Monde." Nicolas Batum

« Je pense que nous sommes les challengers », poursuit Batum.

La France refuse son nouveau statut « d’alpha dog » mais n’allez pas penser que les joueurs de Vincent Collet ont peur. Le coach tient simplement à passer le bon message à ses troupes. Il est extrêmement important de ne pas tomber dans l’euphorie et de redescendre les pieds sur terre, sous peine de connaître une désillusion terrible dès ce soir.

« Il faut rapidement atterrir, il n’y a que 48 h pour préparer ce match », prévient Vincent Collet.

Ne pas se relâcher, voilà le principal défi de l’équipe de France. Les joueurs ont fait la fête à l’issue de la victoire contre l’Espagne. Ils ont dû rapidement se reconcentrer sur l’adversaire suivant et c’est le rôle des cadres et du staff que de s’assurer que l’ensemble du groupe prépare au mieux cette demi-finale contre la Serbie.

« Il ne faut pas faire l’erreur de se satisfaire d’une victoire hier soir et de se relâcher sur la suite de la compétition. On a tous l’objectif en tête. On essaye de se le rappeler encore nous. La coupe du Monde n’est pas finie », explique Boris Diaw.   « C’est notre boulot de recadrer les jeunes joueurs mais je ne me fais pas de soucis. Ils vont se remobiliser. L’Espagne, c’est fini. Maintenant on joue la Serbie », ajoute Nicolas Batum.

La Serbie, une équipe complète et équilibrée

nemanja-bjelica-srbijaLe message des cadres est celui de Vincent Collet, qui a insisté à plusieurs reprises sur la difficulté de jouer deux fois le même adversaire à une semaine d’intervalle. On l’a bien vu avec l’équipe de France… qui a battu l’Espagne après avoir perdu de 24 points en poule. Lors de cette même première phase, les Bleus étaient venus à bout de la Serbie lors de l’ultime seconde grâce à un lancer-franc de Joffrey Lauvergne suite à une décision arbitrale contestable. La France l’a donc emporté mais dans la douleur. Ce n’est absolument pas la même équipe que les tricolores s’apprêtent à affronter ce soir.

« Comme nous, les Serbes sont montés en puissance. Je considère que nous avons fait match nul lors du premier match vu les circonstances dans lesquelles nous avons gagnés à la fin », assure le coach de l’équipe de France.

Parfois brouillonne en poule, la Serbie a fait exploser la Grèce, première du groupe B, lors de la deuxième période en huitième de finale. Elle a ensuite fait exploser le Brésil en quart en faisant forte impression. Ce n’est donc pas un hasard si le discours des joueurs de l’équipe de France à l’égard de leur adversaire du soir est sensiblement le même.

"Les Serbes sont montés en puissance, ce n'est plus la même équipe qu'au premier tour." Vincent Collet.

« Serbie est une équipe assez jeune que l’on a déjà eu du mal à battre lors du premier match. Ils ont vraiment haussé le ton depuis donc on s’attend à un gros combat », remarque Florent Piétrus.   « La Serbie est une équipe qui monte en puissance. Ils ont battu la Grèce qui était invaincue. Ils ne sont jamais simples à affronter et ils ont mis 30 points au Brésil. Il va falloir être encore plus prêt que contre l’Espagne », estime Batum.

Les points forts de la Serbie sont nombreux. Sasha Djordjevic s’appuie sur un groupe talentueux au sein duquel se mélangent les joueurs d’expériences comme Nenad Krstic et Milos Teodosic et les jeunes loups comme Bogdan Bodganovic. Le coach peut compter sur des stars et des soldats valeureux prêts à donner de leur personne. L’équipe est bien équilibrée et le danger peut autant venir de l’intérieur – Miroslav Raduljica est un monstre – que des ailes – Bodganovic et Bjelica sont redoutables. Sans compter ce diable de Teodosic, incroyable contre le Brésil.

« Ils n’ont pas de point faible particulier. C’est une équipe qui joue bien au basket et qui ne laisse rien au hasard. Ils sont très disciplinés. Ils sont assez méticuleux dans leur approche du match. C’est un point fort comme un point faible. Il faudra les faire déjouer », prévient Boris Diaw.

Avec la Serbie, on sait à quoi s’attendre. Et c’est effectivement autant une force qu’une faiblesse, comme l’explique le capitaine des Bleus. Il faudra sortir les joueurs de Sasha Djordjevic de leur zone de confort et, là encore, cela nécessite une implication totale de tous les joueurs français à chaque instant. Il faudra une nouvelle fois jouer à fond sans quarante minutes. Les Bleus l’ont fait une fois contre l’Espagne. Le réaliser une deuxième fois est une tâche encore plus grande. C’est à la constance des efforts et des performances que l’on reconnait les grandes équipes. Ces Bleus-là ont le potentiel pour s’affirmer de la sorte, même sans Tony Parker. Ce n’est qu’à cette condition qu’ils pourront poursuivre l’aventure. Ils sont à une rencontre d’une finale historique contre les Etats-Unis. Ils sont aux portes du paradis…

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