France – Serbie : Une médaille de Bronze à aller chercher !

L’équipe de France dispute son dernier match de son Eurobasket cet après-midi. Opposés à la redoutable Serbie, les Bleus peuvent finir le tournoi en Bronze.

"Une médaille serait une confirmation de notre pérennisation au plus haut niveau." Vincent Collet

France – Serbie, c’est l’opposition que l’on attendait… en finale ! C’est pourtant lors d’une « petite » finale que les deux favoris désignés de l’Eurobasket s’affrontent cet après-midi. Français comme Serbes, jusqu’alors invaincus, ont raté le coche en demies, battus principalement au mental face à des équipes d’Espagne et de Lituanie décomplexées. Ce France – Serbie, c’est aussi un remake du match pour la troisième place de l’Euro 99, déjà organisé dans l’Hexagone. A l’époque, la grande Yougoslavie de Vlade Divac, Bodigora et compagnie avait étouffé les rêves de médaille des tricolores au palais omnisport de Bercy. Ce France – Serbie, c’est surtout la revanche de la demi-finale de Coupe du Monde perdue par les joueurs de Vincent Collet en Espagne l’an dernier. Vainqueurs héroïque de l’ogre espagnol en quarts, ils s’étaient peut-être déjà vu en finale… avant de tomber sur un Milos Teodosic des grands jours.

Certes, Français et Serbes ne se sont pas retrouvés pour la « grande finale ». Mais le match du jour a un enjeux certain. Une médaille de Bronze dans une compétition continentale est une façon de maintenir son rang sur l’échiquier du basket européen et même mondial.

« Une médaille serait une confirmation de notre pérennisation au plus haut niveau », remarquait Vincent Collet en conférence de presse.

La France a remporté trois médailles, de trois métaux différents, lors des quatre derniers tournois auxquels elle a pris part. La Serbie a décroché l’Argent en Espagne l’été dernier et une médaille de Bronze serait synonyme de confirmation de son retour au premier plan après quelques années de transition. Surtout, les deux équipes tâcheront de ne pas terminer à la quatrième place, celle du « con ».

Un mot d’ordre : se remobiliser !

Boris Diaw a rappelé à ses coéquipiers l'importance du match du jour.

Boris Diaw a rappelé à ses coéquipiers l’importance du match du jour.

Les matches pour la troisième place nécessitent plus de force mentale que physique. A ce stade de la compétition, toutes les équipes sont épuisées par le rythme infernal des deux semaines écoulées. Le jour de récupération supplémentaire dont bénéficie la France – qui a joué sa demie jeudi – est un luxe mais les joueurs devront d’abord chasser la frustration de la défaite contre l’Espagne de leurs esprits. La déception liée à l’absence de médaille d’Or pèse lourd dans la tête des Bleus. Vincent Collet a donc insisté sur l’importance de passer rapidement à autre chose et de ne pas oublier qu’il reste un match à disputer.

« C’est très important de se remobiliser. Chacun doit comprendre les enjeux et doit se persuader qu’il y a une médaille à aller chercher. On le doit à notre public et à nous même car cela reste une compétition qui n’est pas ratée », explique le coach des Bleus.

Même son de cloche auprès des cadres de l’équipe de France.

"On veut terminer avec une médaille." Nicolas Batum

« Il faut finir », note Nicolas Batum. « C’étaient les premiers mots de Florent (Piétrus) et Boris (Diaw) après la défaite. On veut terminer avec une médaille autour du cou. »

Se remobiliser revient à se préparer au mieux mentalement pour la rencontre du jour. Les Bleus devront rester concentrés pendant 40 minutes pour battre la Serbie, l’équipe la plus impressionnante du tournoi sur les phases de poules.

« La Serbie était sans doute l’équipe la plus régulière et la plus impressionnante depuis le début de l’Euro », affirme Vincent Collet.

Classés dans le top 10 de la compétition au nombre de points marqués (3), encaissés (9), des passes distribués (1) et des rebonds captés (7) à chaque match, la formation de Sasha Djordjevic est un adversaire redoutable, capable d’éteindre ses opposants en défense – du moins lorsqu’elle s’active de ce côté du parquet – et de faire exploser les verrous adverses grâce à la puissance offensive de ses stars.

Le duel à suivre : Tony Parker face à Milos Teodosic

Les Bleus devront contenir Milos Teodosic du mieux possible.

Les Bleus devront contenir Milos Teodosic du mieux possible.

TP n’était pas de l’aventure en Espagne lorsque ses fidèles camarades se sont inclinés face à un Milos Teodosic touché par la grâce. Impérial sur le pick-and-roll, le meneur serbe avait fait explosé la défense française en première période avant de terminer la partie avec 24 points. Parker est donc de retour et il aura la lourde tâche de contenir au mieux le génie du CSKA Moscou. La star des San Antonio Spurs reconnaît elle-même qu’elle n’a pas été au niveau depuis le début de l’Eurobasket et elle a souvent été dominée par ses adversaires directes, du moins en défense. Parker doit enfiler le bleu de chauffe pour gêner Teodosic sur le jeu à deux. Dans le cas contraire, Rudy Gobert risque de connaître toutes les peines du monde pour bloquer le pick-and-roll entre le meneur serbe et l’intérieur Miroslav Raduljica, montagne des raquettes. Il sera difficile de switcher sur tous les écrans. En effet, on imagine mal TP tenir Raduljica au poste. Le « cacher » sur Bogdan Bogdanovic, touché au dos et donc un peu moins dominant qu’à l’accoutumée, est une option risquée, d’autant plus que le jeune prodige s’est réveillé lors de la demi-finale contre la Lituanie après une entame de tournoi compliqué.

« On verra un grand Tony Parker », promet Nicolas Batum.

Les Bleus devront donc faire preuve de rigueur, un point qu’il leur a souvent fait défaut. L’équipe de France était sans doute la plus forte du tournoi sur… 35 minutes. Vincent Collet et ses troupes devront veiller à chasser pour de bon ces quatre, cinq minutes de battement aux cours desquelles ils ont trop souvent laissé leurs adversaires revenir dans le match. Il y a une médaille de Bronze à aller chercher. Pas seulement pour le public français mais d’abord pour eux, qui ont su s’installer au sommet du basket européen campagne après campagne.

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