France – Turquie : pour une place en quart

La France joue cet après midi sa qualif pour les quarts de finale dans un match qui aura un arrière-goût de revanche.

Après un parcours parfait au premier tour ponctué par 5 victoires et aucune défaite, la France arrive avec 2 points dans cette 2e phase de poule. D’un point de vue mathématique, il lui faut seulement 1 victoire sur les 3 matches de cette semaine pour pouvoir se qualifier (à 98% environ) pour les quarts. L’EDF a évidemment de grandes chances d’y arriver mais elle devra néanmoins se méfier car, comme on l’avait indiqué lundi en présentant le programme de la semaine, le match face à la Turquie aujourd’hui sera certainement celui le plus abordable pour Tony Parker and co.

Vous l’aurez compris, ce match promet donc une fois encore de nous procurer un stress de première catégorie. Surtout que la Turquie fait malheureusement partie des (petites) bêtes noires de la France ces dernières années. Nous n’avons pas besoin de rappeler la correction que Turkoglu et ses potes nous ont infligé l’année dernière en 8e de finale (95-77…) du Mondial. Aujourd’hui, c’est l’heure de la revanche ! Voici, une petite revue de détail des forces en présence :

 

Une équipe de taille

3e plus grande équipe de l’Euro avec une moyenne de 202,4 cm (les Serbes sont les plus grands avec 202,7 cm de moyenne), la Turquie présente un cinq majeur assez flippant en terme de centimètres. Mis à part le meneur Tunceri (1,94 m) et Onan (1,91m), les 3 autres joueurs culminent à 2,08 m et plus (Turkoglu, Ilyasova et Asik). Sur le banc ce n’est pas beaucoup mieux puisque le jeune et solide Kanter (2,08 m) et la montagne Savas (2,11 m) pourront prendre le relais. Surtout, avec Preldzic (meilleur scoreur de l’équipe en 18 min par match) et Turkoglu en périphérie, la Turquie peut mettre 4 joueurs à plus de 2,05m sur le terrain. La seule bonne nouvelle pour l’EDF c’est l’absence de Semih Erden qui avait fait un Mondial de toute beauté l’année dernière. Néanmoins, avec l’arrivée de Noah et Seraphin, la France n’a plus forcément ce complexe d’infériorité comme le précisait Nicolas Batum au micro de RMC :

« Ils sont moins grands qu’avant, ils sont plus jeunes. On n’est pas petits non plus. Ça reste une grosse équipe, ça reste les Turcs, on sait comment ils sont, ça ne va pas être évident, on va avoir un gros match. »

A noter : la Turquie est la 2e meilleure équipe au contre avec 4 contres de moyenne par match.

 

Une certaine fragilité mentale

Si la Turquie a montré qu’elle pouvait être une très grande nation du basket l’été dernier en remportant la médaille de bronze face à son public, Hedo Turkoglu and co ont aussi prouvé ces dernières années que ce groupe avait une certaine fragilité mentale. Cette équipe marche à la confiance et peut passer du tout au tout. Capable de déjouer totalement, comme lors de la défaite face à la France lors de l’Euro 2009 (80-68), elle peut tout aussi bien se surpasser et coller un 16-0 aux Espagnols comme ce fut le cas lundi.

« C’est différent de l’an passé », explique Ali Traoré dans l’Equipe aujourd’hui. « Les Turcs ne développent pas un basket aussi fort. Ils ne sont plus chez eux. Or le Turc marche beaucoup à ça. J’espère qu’on aura un sentiment de revanche. Il faudra faire un gros match. Car il y a l’enjeu, mais aussi la fierté de l’homme…« 

 

Un vrai talent offensif

La France est la 2e meilleure attaque de la compétition derrière la Lituanie avec 83,4 pts de moyenne sur le premier tour (83,6 pts pour les Lituaniens). Mais la Turquie n’est pas en reste avec la 6e attaque (76,3 pts de moyenne). Au delà des chiffres, elle possède dans son groupe des attaquants de première classe capables de cartons terribles à l’image de Onan, Ilyasova, Preldzic (qui s’est permis de planter 18 pts à la Roja), mais surtout Turkoglu qui peut tout aussi bien lâcher un horrible 2/13 ou vous scorer 30 points sur la tête à 75% de réussite.

 

Facteurs X :

Le jeune Preldzic (24 ans, 2,05 m) est le meilleur marqueur de la Turquie depuis le début de l’Euro. Il tourne à 12 points à 60% au shoot et 60% à 3-pts. Il est également le meilleur intercepteur (1,2 steals) et le 2e passeur (3 pds). Son duel avec Nicolas Batum sur le poste 3 devrait être particulièrement intéressant.

 

Les clefs du match :

– Tony Parker et sa capacité à scorer en pénétration : Tony va devoir attaquer les building turcs pour provoquer des fautes et libérer les shooteurs. Pour cela, il faudra que les arbitres soient un peu plus « favorables » que contre la Serbie. Batum aura lui aussi un rôle à jouer dans ce secteur. S’il arrive à être aussi tranchant sur les curls que contre la Serbie, ce sera de bon augure.

– Les shooteurs devront mettre dedans : pour ouvrir la raquette, rien de tel que des shoots extérieurs qui tombent vite dedans. Nico Batum et Mike Gelabale auront un rôle très important à jouer dès le début de la rencontre.

– Faire sortir leurs grands : leurs big men obstruent la raquette. Aux Bleus de les faire sortir. Le rôle de nos intérieurs sera essentiel à cet égard, mais c’est notre mouvement général et la circulation de la balle qui seront primordiaux pour bouger leur défense et faire sortir les grands. C’est comme ça que nous créerons des possibilités de drives.

– La capacité à défendre contre les shoots extérieurs : comme contre la Serbie, les ailiers turcs ont la capacité de sortir pour shooter à trois-points. Il faudra définitivement être plus vigilants sur les sorties d’écrans pour ne pas se reprendre une « Keselj ».

– Protéger le rebond : avec leur taille et leurs athlètes, les Turcs ont tout pour aller à la pèche au rebond offensif et multiplier les secondes chances. Noah, Boris et les autres devront être solides pour protéger notre rebond défensif et limiter les possessions adverses.

 

Les stats de l’EDf sur le premier tour :

Nom G Min FG 2P FG 3P FG FT Reb AS TO ST BS PF Pts
M/A % M/A % M/A % M/A % O D Tot
Parker, T. 5 33.4 7.6/16.0 47.5 6.6/13.6 48.5 1/2 41.7 7.0/8.2 85.4 0.0 2.6 2.6 5.4 1.6 1.6 0.0 1.2 23.2
Batum, N. 5 33.4 5.4/9.2 58.7 4.2/6.2 67.7 1/3 40.0 3.4/4.0 85.0 0.4 3.2 3.6 0.8 1.2 2.8 0.8 2.4 15.4
Diaw, B. 5 29.4 4.8/8.4 57.1 4.6/7.4 62.2 0/1 20.0 1.8/2.0 90.0 1.0 4.2 5.2 2.6 1.2 0.4 0.2 2.2 11.6
Gelabale, M. 5 25.4 4.0/6.2 64.5 1.8/2.8 64.3 2/3 64.7 0.4/0.4 100.0 0.8 1.8 2.6 1.6 0.8 1.0 0.0 2.4 10.6
Noah, J. 5 24.4 4.2/7.6 55.3 4.2/7.6 55.3 0/0 0.0 1.8/2.2 81.8 2.2 5.6 7.8 1.2 2.2 1.0 0.0 3.2 10.2
Traore, A. 4 8.3 2.8/4.5 61.1 2.8/4.5 61.1 0/0 0.0 0.8/1.3 60.0 0.8 0.5 1.3 0.3 0.5 0.0 0.0 1.8 6.3
Seraphin, K. 4 9.5 1.8/3.5 50.0 1.8/3.5 50.0 0/0 0.0 1.0/1.3 80.0 1.3 2.3 3.5 0.0 1.5 0.0 0.5 2.3 4.5
De Colo, N. 5 12.8 1.0/2.2 45.5 0.8/1.2 66.7 0/1 20.0 0.4/0.4 100.0 0.0 1.0 1.0 0.4 1.4 0.2 0.4 1.6 2.6
Kahudi, C. 3 7.3 0.7/1.3 50.0 0.7/1.3 50.0 0/0 0.0 1.0/1.3 75.0 1.7 0.3 2.0 0.3 0.0 0.0 0.0 0.7 2.3
Tchicamboud, S. 4 8.5 0.5/2.3 22.2 0.3/1.0 25.0 0/1 20.0 1.0/1.0 100.0 0.0 1.0 1.0 0.3 0.3 0.3 0.0 2.8 2.3
Pietrus, F. 5 15.8 0.8/1.4 57.1 0.8/1.2 66.7 0/0 0.0 0.2/0.4 50.0 1.0 3.0 4.0 0.8 1.0 0.6 0.0 2.0 1.8
Albicy, A. 4 7.8 0.0/0.8 0.0 0.0/0.3 0.0 0/1 0.0 0.5/0.5 100.0 0.0 0.5 0.5 1.0 1.3 0.0 0.0 1.3 0.5
TEAM 1.3 1.0 2.3 0.3 0.0
TOTAL 5 32.2/60.6 53.1 27.2/48.2 56.4 5.0/12.4 40.3 18.2/21.6 84.3 9.0 25.8 34.8 14.2 12.4 7.8 1.8 21.8 87.6

 

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Comments

Commentaires (3)

  1. Startrak

    En effet, vu que l'Allemagne a perdu, elle ne pourra pas nous doubler au classement et si on bat la Turquie on les met à 2 matchs sachant qu'en cas d'égalité on a le point average particulier.

    Donc si on gagne, on est en quarts!

  2. Zack

    Et on a gagné, dans la douleur certes, mais seul le résultat compte !!!