Gagnez 2 sacs Jordan et 4 places pour le match La relève/Shest Hustler

Louvenor Jean-Pierre revient sur son parcours et sur son engagement en Haïti.

BasketActu : Peux-tu nous raconter ton histoire dans le basket ?
Louvenor Jean Pierre : J’ai commencé le basket à Sannois St Gratien, dans la région parisienne .Un très bon club formateur. Il y a de très bons joueurs qui sont sortis de là-bas : Philippe Da Sylva (MVP Pro B cette année), Yohann Sangaré, Cyril Akpomedah, Tony Ramphort, et plein d’autres joueurs qui n’ont pas évolué dans le monde professionnel. Par la suite, j’ai eu l’opportunité de faire un camp de basket avec l’agent Bouna N’Diaye. Via ce camp, je suis parti aux Etats-Unis en high-school. J‘ai atterri dans un des meilleurs lycées de Virginie, ce qui m’a permis de progresser et de jouer à un très bon niveau. Ensuite j’ai joué en JUCO à un très bon niveau également, puis dans différents clubs en France : Hagetmau, Cognac, Poissy…etc. Mon dernier club a été un club près de Mulhouse. Après, malheureusement, j’ai traversé un moment difficile avec des blessures, et le décès de plusieurs membres de ma famille. En pesant le pour et le contre, j’ai décidé d’arrêter le basket. J’avais fait trop de sacrifices pour peu de récompenses. A un moment donné, je me suis dit qu’il fallait tourner la page, et avec le décès de ma grand-mère que je considérais comme ma mère, qui m’a élevé, je me suis dit que c’était le moment de passer à autre chose. Je ne voulais pas perdre un autre membre de ma famille sans en profiter alors que derrière je n’avais pas de très gros contrat et que je n’évoluais pas au niveau que j’espérais. Le basket m’a quand même permis de décrocher un diplôme aux Etats-Unis, d’être bilingue, et désormais grâce à tout ça je travaille dans le secteur de la finance.

BasketActu : Tu as gardé des liens par rapport au basket ?
LJP : J’ai rencontré 90% de mes amis dans le cadre du basket parce que j’ai commencé très jeune. Je ne faisais pratiquement que ça, je jouais à longueur de journées. Tous mes meilleurs amis, je les ai eus au basket. Je trouve que c’est un atout : aujourd’hui, si je veux passer mes vacances aux Etats-Unis, sur un coup de tête, je peux aller chez un pote, ou chez un ex-joueur avec qui j’ai évolué. Je peux faire la même chose en Chine, au Japon, en Italie, en Australie et ce n’est pas donné à tout le monde. C’est vraiment un milieu qui te permet de côtoyer tout le monde, peu importe tes origines sociales, ta provenance. Aujourd’hui je garde de très bons contacts avec des joueurs qui sont actuellement en activité comme Georgi Joseph qui est aussi originaire d’Haïti et qui sera à mon événement du 2 juillet. Tony Ramphort est aussi un très bon pote, Il y a aussi Charles Michée et Philipe Da Sylva avec qui j’ai de très bonnes relations.

BasketActu : Qu’est-ce qui te caractérise sur un terrain de basket ?
LJP : A la base, je ne suis pas quelqu’un de talentueux, je suis un travailleur. Je n’ai pas un corps taillé pour le basket. Je mesure 182 m en été, et 1,86 m en hivers avec les pieds gonflés (Rires). Je fais entre 70 et 75kg, selon les périodes, selon que je suis en vacances ou sur Paris… Je ne suis pas taillé pour le basket, mais par contre j’ai compensé par la niaque. J’ai commencé le basket en chauffant le banc mais en travaillant je me suis créé des opportunités. C’est un trait de caractère que j’ai aussi en dehors du terrain. J’étais meneur de jeu et ce poste correspondait à ma personnalité. Je suis quelqu’un qui aime prendre des initiatives et qui aime le challenge. Je suis un meneur d’homme!

BasketActu : Comment ces traits de caractère se manifestent dans ton quotidien ?
LJP : Par le fait de se donner des objectifs et de tout faire pour y arriver. Mon projet est certes un beau projet mais c’est un projet qui n’est pas facile. Il faut avoir une grosse équipe, faire adhérer du monde, vendre le projet à des sponsors, prendre des initiatives. Il faut tenir les membres de l’association motivés, tout ça demande une bonne organisation, de la motivation mais surtout du travail. Le fait d’avoir joué à un poste de meneur me permet d’utiliser ces qualités pour gérer mon association.

BasketActu : Qu’est-ce qui t’a poussé à créer ton association ?
LJP : Il faut savoir que ma mère en Haïti était aide-soignante, et qu’elle soignait les gens de mon village bénévolement. Aider les gens, j’ai été bercé là-dedans. Mon projet de cœur était de construire un hôpital pour mon quartier. Malheureusement, mon parcours ne m’a pas permis d’avoir les fonds nécessaires pour le faire. Lors de mon premier voyage retour en Haïti en 2005, j’ai vu la réalité : il y a beaucoup d’enfants qui ne sont pas scolarisés parce que l’école est majoritairement payante et que les parents n’ont pas les fonds nécessaires pour les scolariser. Etant donné que je suis né en Haïti et que j’ai passé une partie de mon enfance là-bas, quand j’ai vu cette situation je me suis dit « Merde, ça aurait pu être moi là! ». Quand les situations sont difficiles, je ne suis pas du genre à rester les bras croisés. Je n’oublie pas d’où je viens !

BasketActu : Entre mener une équipe de high-school et mener un projet qui te tient à cœur de front, qu’est-ce qui est le plus difficile et pourquoi ?
LJP : Les deux : il n’y en a pas un plus dur que l’autre, c’est juste le contexte qui est différent. En allant en high-school, je partais à l’aventure, je ne connaissais pas le pays, je ne connaissais pas la langue. Je suis arrivé dans une équipe où il y avait déjà un très bon meneur, un des meilleurs de Virginie. Il me voyait comme un concurrent qui venait prendre sa place, donc à l’entraînement, ce n’était pas facile et en plus, étant donné que je ne parlais pas la langue, on ne me faisait pas de cadeau. A l’école, les ricains restaient entre eux, j’étais seul donc ce n’était pas facile. Certes le basket reste le basket, mais sur ou en dehors du terrain, communiquer avec ses coéquipiers quand on ne parle pas la langue, c’est compliqué. Concernant mon association c’est un projet qui me tient évidemment à cœur. C’est mon pays, mais faire adhérer les gens c’est très difficile. Il y a beaucoup de gens qui souhaitent que les choses changent mais qui attendent que ça vienne des autres. Certains, quand on leur parle du projet, sont emballés mais, quand on a besoin d’aide, ils ne sont plus là, donc forcément ça demande de l’analyse, de prendre du recul, de ne pas baisser les bras. Je suis quelqu’un qui est parti de loin, je suis parti de rien, on ne m’a jamais rien donné. Tout ce que j’ai eu, j’ai dû me battre pour l’avoir. C’est de ce trait de caractère dont j’essaie de me servir pour mener à bien mon projet.

BasketActu : As-tu déjà douté ?
LJP : Non, j’ai déjà connu des situations plus difficiles.

BasketActu : Est-ce important pour toi de pouvoir t’entourer de tes proches?
LJP : Oui, c’est très important pour moi. Je parle de ce projet à mon entourage depuis l’âge de 14 ans. Je suis un homme difficile et exigeant. Je veux qu’on se donne les moyens pour atteindre nos objectifs. Quelqu’un qui ne me connaît pas pourrait rapidement mal le prendre, ou rapidement lâcher prise, alors qu’un proche qui connaît ma façon de faire les choses sait à quoi s’attendre. Je n’aime pas faire les choses à moitié donc si je fais quelque chose, je veux aller jusqu’au bout.

BasketActu : Comment as-tu reçu la nouvelle loi proposant l’école gratuite pour tous en Haïti ?
LJP : C’est une excellente nouvelle, vu l’importance de l’éducation. Je me bats pour qu’y accéder ne soit pas un luxe ! C’est un projet fort du nouveau président mais qui ne devrait pas voir le jour avant de nombreuses années. En gros, j’avance sur le travail qui sera sûrement fait plus tard. Il faut savoir que pour la ville de Sobia, un habitant gagne en moyenne 20 euros par mois seulement. Or le coût d’une année scolaire s’élève à environ 60 euros ! C’est très peu pour nous qui vivons en France mais pour un Haïtien c’est énorme ! Une famille qui n’a qu’un enfant peut faire le « sacrifice » de le scolariser, mais pour ceux qui en ont deux ou trois, le premier ira à la rigueur à l’école, et les deux autres n’iront pas. Sinon, le premier va travailler pour que le second bénéficie de la scolarité. Sans parler de la distance entre la maison et l’école…

BasketActu : Shest Hustler et La Relève vont se rencontrer pour la première fois lors du match de gala que tu organises. Peux-tu nous parler de cet événement ?
LJP : C’est en parlant avec Mike Mixtur, capitaine de Shest Hustler, qui est un ami et qui m’aide énormément dans le cadre de mon association, et avec Zaïnoul Bah, qui est le capitaine de La Relève, que j’ai eu l’idée de ce match. Il y a une grande rivalité entre les deux équipes. L’idée m’est donc venue d’organiser ce match pour enfin connaître l’équipe la plus forte ! Le match aura lieu le 02 juillet, au Palais des Sports Robert Charpentier d’Issy-les-Moulineaux. Autour de ce match, le spectacle sera assuré par de nombreux artistes et également par Kadour Ziani qui viendra avec la Slam Nation pour faire un concours de dunks. Les fonds récoltés seront entièrement reversés à l’association. On a la chance d’être soutenus par des sponsors tels que Nike, Trace TV, BeBlack, Aïvy, Deluxe Print, l’entreprise Vert Marine et l’agglomération du Grand Paris Seine Ouest qui nous permet de bénéficier du Palais des Sports. Je les remercie tous énormément.

BasketActu : Comment pérenniser le projet là-bas ?
LJP : Construire notre école est notre objectif premier mais le projet ne s’arrête pas là. Il faudra en effet assurer le fonctionnement de l’établissement sur le long terme, payer les frais de personnel et de gestion de l’école au quotidien. Ceci pour que les élèves puissent jouir de leur établissement tout au long de leur scolarité. Il nous paraît essentiel de trouver une source de financement complémentaire pour atteindre cet objectif de long terme. Pour cette raison, nous avons d’ores et déjà pensé à développer des activités annexes, qui assureront un revenu régulier à l’association.

Jeu concours

L’association Lead By Example vous offre l’occasion de gagner deux sacs de sport Nike et 4 places pour assister au match caritatif, qui se tiendra le 2 juillet prochain au Palais des Sports Robert Charpentier d’Issy-les-Moulineaux.

Pour cela, il vous suffit de répondre correctement aux questions suivantes et d’envoyer vos réponses à Association.leadbyexample@gmail.com. La dernière question servira à départager les gagnants qui seront contactés directement par l’organisation de l’évènement savoir comment récupérer leurs prix le jour de l’évènement.

– Citez un joueur Haitien évoluant en NBA ?

– Quel est le but de l’association Lead By Example ?

– Quelles sont les équipes qui s’affronteront pour le match de gala le 2 juillet prochain ?

– Si vous deviez inventer un slogan pour cet évènement, lequel serait-il ?

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