Historique : La Slovénie est championne d’Europe !

Portée par un Goran Dragic absolument monumental, la Slovénie a décroché le premier titre européen de son histoire en battant la Serbie à Istanbul.

Eurobasket 2017 : Serbie 85 – 93 Slovénie 

Quelle finale de fou. Ils l’ont fait. Les Slovènes l’ont fait. En battant la Serbie, ce soir, en finale de l’Eurobasket 2017, ils ont mis le continent à leurs pieds. Ils ont remporté l’Euro. C’est historique. Historique parce que ce petit pays de deux millions d’habitants issu de l’ex-Yougoslavie n’avait encore jamais fait mieux qu’une quatrième place (à l’Euro 2009) lors d’une compétition depuis ses débuts en 1992. C’est dingue. Dingue parce que rares sont les culottés à avoir osé parier sur leur victoire avant le début du tournoi.

Slovénie-Servie, en voilà même une affiche inattendue avec pour enjeu une médaille d’Or européenne. Si les Serbes, finalistes malheureux de la Coupe du Monde 2014 et des Jeux Olympiques 2016 (battus par les Etats-Unis à chaque fois), faisaient figure de favoris, ils étaient néanmoins privés de plusieurs cadres (Milos Teodosic, Nikola Jokic, Miroslav Raduljica). Les Slovènes ? De valeureux outsiders. Une grosse cote. Mais la sélection n’avait donc jamais décroché de breloque avant ce soir.

En revanche, sur l’ensemble de l’Euro, ce choc pour le sacre ne paraissait pas si surprenant. Car ce sont bien deux des trois meilleures équipes de la compète qui se sont affrontés sur le parquet d’Istanbul. Et c’est d’ailleurs la plus forte qui l’a emporté. Celle qui possédait dans ses rangs l’incontestable MVP du tournoi.

Goran Dragic, le génie de cet Eurobasket 2017

Pour son dernier match avec la tunique de son pays, Goran Dragic – le MVP en question –, a régalé. Comme il le fait depuis deux semaines, lui qui a annoncé prendre sa retraite internationale. Son coup de chaud monumental (20 points dans le second quart temps) a mis les siens sur les bons rails. Jusque-là, le match était plaisant, ouvert et équilibré. Les deux formations sont parties sur des bases très offensives (20-22 après dix minutes).

La Serbie s’appuyait essentiellement sur son géant Boban Marjanovic (2,22 m) pour prendre l’avantage dessous quand la Slovénie misait sur sa vitesse et sur l’adresse extérieure de Klemen Prepelic.

C’était donc avant le show Dragic. Déchaîné, le meneur du Miami Heat a d’abord provoqué les fautes en débordant la défense adverse. Ses lancers convertis ont offert un premier matelas confortable de 11 points à son équipe. Ses trois-points, parfois un ou deux mètres derrière la ligne, ont ajouté du sublime à la performance.

La Serbie pas loin d’un comeback héroïque

Mais ce ne fut pas suffisant pour maintenir l’écart. Car quand la star s’est peu à peu essoufflée dans le troisième quart, les Serbes en ont profité pour revenir doucement dans le match. Panier par panier. En cassant le tempo. En jouant plus physique et en défendant fort. Lui aussi tranchant, même s’il n’a pas dominé la rencontre comme Goran Dragic, Bogdan Bogdanovic a même ramené les siens à deux petits points sur un superbe panier primé à quelques secondes du buzzer du troisième QT.

Bogdanovic et ses coéquipiers ont eu le mérite de ne rien lâcher. Ils sont même repassés devant sur un layup de leur leader à moins de quatre minutes de la fin ! Les deux équipes nous ont alors offert un « money time » de folie. Un plein de suspense. Cela donnait vraiment l’impression que le match pouvait basculer d’un côté comme de l’autre à tout moment. Bien aidé par un Prepelic de gala – qui a pris le relais de Dragic en fin de rencontre – les Slovènes ont fini par se (re)mettre à l’abri. L’Or est à eux.

C’est triste pour la Serbie. Triste pour une superbe formation qui, même amputée de certains joueurs majeurs, a su trouver les ressources pour disputer une nouvelle finale. La troisième sur les quatre dernières compétitions qu’elle a disputée. Avec toujours la même issue malheureuse. C’est cruel pour les hommes de Sasha Djordjevic.

Mais le succès slovène est tellement beau. Cet Eurobasket 2017, c’était quelque part le début d’une nouvelle ère, avec la passation de pouvoir des Espagnols et la reconstruction de l’équipe de France. Le passage de relais pour une nation qui monte. Elle s’est fait une place sur l’échiquier mondial du basket. Surtout qu’avec Luka Doncic, phénomène de 18 ans, elle a des raisons de croire à un avenir aussi brillant. En attendant, qu’elle savoure. Savoure ce superbe sacre européen qu’elle a amplement mérité.

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