ITW Adrien Moerman : « Gagner l’Eurocup »

Liga, Eurocup, EDF… l’ailier-fort de Bilbao fait le tour de son actualité. Entretien !

BasketActu : On est aux trois quarts de la saison; quel premier bilan en fais-tu ?

Adrien Moerman : Le premier bilan c’est que je suis très satisfait. On est quatrième du championnat, on va aller en finale de l’Eurocup. Pour moi et pour le groupe c’est une bonne satisfaction. Il faut continuer jusque la fin de saison. Pour le moment je fais une bonne deuxième partie de saison. J’en suis content et il faut que je continue à être constant jusque la fin de la saison.

 

BasketActu : Est-ce que le fait d’avoir Lamont Hamilton que tu avais déjà affronté en Pro A a pu aider à ton intégration dans le groupe ?

AM : Oui. Je le connaissais bien donc direct on a été ensemble. On s’est bien intégré. Après il y’a Alex Hervelle qui parlait un peu français, Mamadou Samb qui est sénégalais parle français aussi. Au départ c’était un peu difficile d’arriver dans le groupe mais je me suis vite intégré. Ca sert d’avoir des joueurs comme ça, des joueurs expérimentés pour pouvoi vous intégrer.

 

BasketActu : Quand tu parles de difficultés cela avait aussi trait aux différences du style du championnat espagnol ?

AM : C’est vrai que c’est autre chose. Ici les matchs on les joue à midi. C’est une grosse différence par rapport à la France. On se lève à 8h30 du matin, ça change mais il faut s’adapter. Au début de saison, c’était un peu compliqué de le faire mais là je commence à bien m’adapter. C’est aussi du au fait qu’en ce moment je commence à faire de bons matchs et je me donne à fond. Mais c’est vrai que de se lever aussi tôt surtout le dimanche c’est très très difficile.

 

BasketActu : Tu as noté aussi beaucoup de changements au niveau de la charge des entraînements ?

AM : C’est autre chose, c’est déjà des coachs plus expérimentés, des coachs qui ont connu le plus haut-niveau depuis longtemps. A Bilbao c’est vrai que c’est très difficile. Par rapport à mes débuts de saison précédents, c’ets vrai que j’ai eu du mal. Mais après le temps d’adaptation ça c’est très bien passé. On s’entraine deux heures le matin, on a une heure et demie de shoots. Et l’après-midi on a deux heures/deux heures et quart d’entrainement.

 

BasketActu : Et le style de jeu pratiqué en Liga ne doit pas être le même qu’en Pro A…

AM : En France on joue un peu plus libéré; là c’ets un peu plus structuré. C’est vrai que ça change. Après pour moi à Nancy j’avais plus de responsabilités et ici dans le groupe à Bilbao tu dois jouer autrement. Ca change un peu le temps de jeu.

 

BasketActu : Il y’a un adversaire ou un joueur en particulier qui t’a surpris ?

AM : Franchement c’est Madrid. Il est très difficile de jouer face à eux. On avait pris quinze points chez et vingt chez nous. Pour moi c’est l’équipe qui est nettement au-dessus du lot dans ce championnat.

 

BasketActu : Mais à Bilbao vous faites aussi une très belle saison; à quoi attribues-tu cette dynamique positive ?

AM : On est trois/quatre nouveaux dans cette équipe. Ils ont gardé beaucoup d’anciens et c’est vrai qu’ils nous ont bien intégrés, ils nous ont bien expliqués comment ça marche. On a un bon groupe, une bonne mentalité et c’est ça qui nous fait gagner des matchs. On est douze joueurs à vouloir gagner tous les matchs et c’est ça qui fait la différence. Le dernier match on a perdu chez nous contre Fuenlabrada et là il faut aller à Murcia pour se mettre en confiance.

 

BasketActu : Quel est la part de Fotis Katzirakis dans le succès de Bilbao cette saison ?

AM : Il joue un rôle très important parce que c’est un bon coach notamment sur le plan humain. Il vient nous parler souvent, nous expliquer les choses. C’est aussi ça qui nous fait gagner les matchs, nous met en confiance. Il est vraiment ouvert à la discussion. Quand vous avez un coach comme ça, avec qui vous pouvez parler en dehors du basket, qui n’est pas focalisé que sur le coaching, c’est très bien.

 

BasketActu : Le seul point noir de Bilbao ça serait les salaires impayés; comment le groupe traverse cette situation?

AM : On en a parlé récemment. Mais c’est vrai que depuis le début de l’année on n’en parlait pas trop. On jouait, on jouait… Là il y’en a qui ont six mois de retard, d’autres trois ou quatre mois. Certains en ont eu marre d’avoir autant de retard et ce qu’on s’est dit c’est que l’on joue le match contre Murcia et la finale de l’Eurocup (prévue le 13 avril) et après la finale on fait grève jusqu’à ce qu’ils nous payent. Ça commence à faire beaucoup.

 

BasketActu : Est-ce-que ça pourrait t’amener à envisager un départ ou on vous a donné des garanties ?

AM : Des garanties on n’en a pas trop. On ne sait pas si l’année prochaine ils vont avoir de l’argent. Pour l’instant je reste focalisé sur ma saison, on va verra à la fin de l’année ce que je dois faire avec mon agent, si je reste est-ce qu’ils vont payer ? etc… Là je reste concentré sur les six matchs qu’il reste et sur la finale. On verra ça en temps voulu.

 

BasketActu : Bilbao va bientôt disputer la finale de l’Eurocup; c’était un objectif dès le début de saison pour le groupe ?

AM : C’était un objectif de la saison. On voulait aller loin en Eurocup. Le premier tour s’était très bien passé, on avait commencé par un 5-0. Le deuxième tour a été un peu plus difficile, on va jouer contre de grosses équipes. Quand on a gagné face à Riga pour se qualifier pour les quarts de finale, on s’était dit que l’on voulait aller jusqu’au bout en maintenant notre niveau de jeu. On est bien content d’être en finale mais maintenant il faut la gagner.

 

BasketActu : Comment juges-tu le Lokomotiv Kuban votre adversaire ?

AM : C’est une très grosse équipe. Il faudra les neutraliser sur leurs points forts. Il faura reproduire un bon basket comme on l’a fait depuis le début de l’Eurocup et après on verra ça à la fin. Mais c’est vrai que c’est une très bonne équipe à laquelle on devra faire attention car ils ont de très fortes individualités. On va travailler sur eux toute la semaine et il faudra les stopper au bon moment, sur les gros joueurs comme on l’a fait face à Kiev.

 

BasketActu : En fin de saison, il y’aura la préparation pour l’Euro de l’EDF; c’est quelque chose à quoi tu penses ?

AM : J’y pense. J’ai toujours été ouvert à l’équipe de France. C’est vrai que l’année dernière on m’avait appellé pour venir m’entrainer parce qu’il manquait beaucoup de monde mais je n’avais pas pu venir car je m’étais fait opérer. J’ai toujours dit que de toute façon s on m’appellait je serais le premier à venir. C’est un honneur de pouvoir représenter son pays et je pense que tout le monde a ça dans la tête. J’attend et si on m’appelle c’est avec un grand plaisir que je viendrais.

 

BasketActu : Tu en as parlé avec certains joueurs de la fameuse génération 88 ?

AM : Je n’en ai pas parlé avec eux. Je reste concentré ur mon basket car pour être en équipe de France il faut bien jouer; ça passe par là. Je me concentre sur ma fin de saison et si on m’appelle ça sera une récompense pour la saison que j’ai faite. J’ai toujours été ouvert à l’équipe de France car j’ai déjà fait plusieurs étés avec l’équipe de France. Là il y’a de très grands joueurs qui y sont, j’attends mon tour.

 

BasketActu : Et continues-tu à suivre la Pro A, notamment les résultats du SLUC ?

AM : Je suis toujours la Pro A. Je regarde les matchs le vendredi et le lundi. C’est vrai que pour Nancy ils ont du mal cette année pourtant ils ont une bonne équipe. Mais je suis sûre qu’ils vont se maintenir à la fin de saison. Il faut qu’ils se battent jusque la fin; il reste quelques matchs, il faudra les gagner et ils en sont capables. J’espère qu’ils vont se maintenir. J’en serai contnt pour eux.

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Comments

Commentaires (15)

  1. tapion

    Je pense qu'il ne fait pas exprès (?), mais Hervé et Monschau chargent indirectement. ^^

  2. nb

    "On se lève à 8h30 du matin" […]"Mais c’ets vrai que de se lever aussi tôt surtout le dimanche c’est très très difficile".

    Ah là là, hard life

  3. lexa

    surtout tu peux plus sortir le samedi soir :)

  4. GW

    Ce paragraphe est révelateur.

    La Pro A se joue en pantoufle avec tout un petit monde, en place depuis les années 90, qui se sert très fort les coudes, direction, coachs, partenaires, fédé !

    Et si on arrive pas a faire des résultats en Europe, on crée notre ligue avec des championnats mineurs, c'est pas un problème !

    A quoi bon s'inspirer des meilleurs ou recruter les meilleurs ? On a déja la meilleure formation et nos jeunes ne partent que pour des questions d'argent. C'est ce qui disent Siutat et Beral en coeur !