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ITW Antoine Eito : « Lié à jamais à travers ce titre »

En remportant le titre de champion de France 2018 avec Le Mans, Antoine Eito et ses coéquipiers ont marqué l’histoire du club sarthois.

Ce matin, la voix d’Antoine Eito était un peu cassée. Il faut dire que le tout nouveau champion de France et Le Mans n’ont que très peu dormi après un match 5 âprement disputé jusque dans les dernières secondes. Après une saison longue et éprouvante, ce titre marque la récompense du travail du meneur et de ses coéquipiers, ainsi que celui d’un staff qui n’aura pas ménagé ses efforts.

BasketActu : Quelle est la sensation après ce titre de champion de France ?
Antoine Eito : Çà fait mal au foie parce que j’ai bu beaucoup trop d’alcool. Blague à part, c’est quelque chose d’assez exceptionnel, vu les circonstances de ces playoffs, de la victoire. On a été au bout du bout. L’équipe était un peu amoindrie car on n’avait pas Terry Tarpey et Pape Amagou. Mais ils ont quand même été là à nous soutenir jusqu’au bout. C’est un sentiment assez spécial.

BasketActu : Après vous avez battu successivement l’ASVEL, Strasbourg et donc Monaco… C’est un titre qui ne doit rien au hasard ?
AE : Ce n’est pas du hasard car en plus on est allé à chaque fois au bout de chaque série. Par contre, il y a toujours un petit peu de réussite. Au fur et à mesure des playoffs, on a continué de se construire et à évoluer ensemble.

BasketActu : Le fait d’avoir cette mentalité « playoffs » a aussi fait la différence ?
AE : On avait les joueurs pour. Moi je carbure à ça, Justin Cobbs aussi, Romeo Travis… Chris Lofton il ne fait pas de bruit mais il a été capable de faire de grandes choses sur certains matchs des playoffs. Chaque joueur a sorti un gros match à un moment donné. On avait bien compris que les playoffs c’était une autre saison, complètement différente de la saison régulière.

BasketActu : En fait c’est une vraie victoire collective ?
AE : Tout à fait. Sur le dernier match c’est Yannis Morin. Aucun individu n’était au-dessus de l’équipe. C’est vraiment l’équipe. Après il y a toujours la hiérarchie, mais si tu enlevais un seul joueur, celui qui jouait 15 ou 39 minutes, on était dans la merde. On en avait conscience, donc c’est pour ça qu’il y a toujours eu cette envie de jouer ensemble, des frères entre parenthèses.

BasketActu : Au-delà de cette équipe, quel a été le rôle du coach Eric Bartecheky et de ses assistants Dounia Issa et Antoine Mathieu ?
AE : Ils ont bossé plus que nous, ils ont eu les yeux qui piquent. Il y avait des adaptations à faire, des stratégies. On a eu des coaches vachement à l’écoute du ressenti des joueurs, de ce qu’on pensait qu’il était mieux de faire sur le terrain.

BasketActu : Il y avait aussi l’envie du club d’effacer la saison dernière qui avait été très compliquée ?
AE : L’objectif était de choper de nouveau les playoffs. De là à être champion, ça n’était pas prévu. Bien sûr que l’on voulait faire mieux à tout prix. Avec le MSB je n’avais connu que les playoffs, donc je ne me voyais pas ailleurs cette année. Reconstruire un groupe avec un nouveau coach avait été fait pour retrouver les playoffs.

BasketActu : C’est aussi le retour d’une Coupe d’Europe au club…
AE : Çà faisait vingt ans que le club faisait les playoffs et une coupe d’Europe. C’était une anomalie de ne pas en faire une cette année. Je pense que Le Mans est le club le plus régulier depuis vingt ans. Quand une équipe fait une mauvaise saison, ça arrive qu’ils descendent. C’est arrivé à Pau, à Limoges, à Nancy. Le Mans, lui, avait fini onzième l’année dernière donc ça n’était pas non plus hyper catastrophique.

BasketActu : Et maintenant quel est le programme de l’équipe ?
AE : Il n’y en a pas. Aujourd’hui c’est un peu une journée médias; on va aussi voir nos fans. Ce soir on fait la fête. Demain c’est un peu entre nous avec le repas de bonnes vacances, de fin de l’histoire. Derrière, je pense que beaucoup n’auront pas envie d’entendre parler de basket pendant au moins deux semaines.

BasketActu : C’est important d’avoir ce moment juste entre vous ?
AE : Ce qui va être important aussi c’est de récupérer, car on ne se rend pas compte que dans un mois et deux semaines on reprend la pré-saison. Dans ma tête j’en suis très très loin. La saison a été très éprouvante. Là je préfère savourer et me reposer quinze jours. On va en profiter entre nous et après mercredi tout le monde vaquera à ses occupations. Au moins on aura écrit l’histoire du club. On est lié à jamais à travers ce titre. Comme il y a neuf ans , on avait gagné le titre avec l’ASVEL et quand on se voit, on en parle avec Amara (Sy), Bangaly (Fofana), Jr (Reynolds), Chevon (Troutman), Laurent (Foirest)… De la même manière dans dix ans on en parlera de ce titre là.

Crédit photo : LNB/Lecoq

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