ITW Fréjus Zerbo : « Rentrer dans l’histoire du CSP vous imaginez ? »

Double-champion de France en titre, le limougeaud Fréjus Zerbo est fier de marquer l’histoire du CSP.

Ce lundi matin les traits des Limougeauds étaient tirés mais les sourires étaient encore sur les lèvres. L’intérieur Fréjus Zerbo ne cachait d’ailleurs pas son impatience de retrouver la ferveur populaire de Limoges. Entretien.

BasketActu : Es-tu redescendu de ton nuage samedi et le titre ?
Fréjus Zerbo : On n’a même pas encore eu le temps de le fêter. Le soir du titre on est parti en boîte et après on a pris le bus à 7h du matin pour venir faire le Mediaday. Donc on n’en a pas encore vraiment profité. La tension est un peu redescendue mais je pense que c’est parce qu’on est loin de Limoges. A partir de demain on va faire la remise du trophée à la mairie, la parade en ville… je pense que ça va remonter vite (il sourit).

BasketActu : On pense à quoi quand on remporte un titre de champion de France ? La saison doit défiler…
FZ : Cette saison on a loupé beaucoup d’objectifs, Leaders Cup, Coupe de France, Top16 de l’Euroleague… Ce n’était pas facile ; on a eu des hauts et des bas, le coach (Jean-Marc Dupraz) a été changé. Du coup Philippe (Hervé) est arrivé et il a remis les choses en place. Il faut aussi remercier mr Dupraz car il a contribué à construire cette équipe. Il nous a amené une certaine dynamique mais c’est vrai qu’à la fin il y’a eu un manque de confiance avec les défaites successives. Il y’a eu du coup un peu de changement au niveau du staff. L’aboutissement de cette saison c’était le titre. Ça a été très difficile face à une bonne équipe de Strasbourg.

BasketActu : On a l’impression que par rapport au titre de l’an dernier la notion « équipe » avait plus de sens cette année…
FZ : L’année dernière c’était différent. Même si on avait une équipe compétitive, la qualification en finale était quelque chose de normale. La gagner c’était encore plus difficile. Je pense que cette année on a gagné plus difficilement que l’an dernier même si le score ne reflète pas la dureté du truc. Les années se suivent mais les histoires s’écrivent différemment.

BasketActu : L’aspect mental a aussi permis de faire la différence ? On a vu que Limoges avait mieux géré le contexte.
FZ : C’est la première fois que l’on arrivait en finale avec la blessure d’un joueur majeur. Cette blessure d’Adrien nous a vraiment fait mal. On ne voulait rien laisser paraitre à l’adversaire. On voulait leur montrer que même avec cette blessure d’Adrien il y’avait une profondeur de banc et des joueurs de qualité. Quand Strasbourg a vu qu’Adrien était blessé, je pense qu’ils se sont dit qu’il pesait quand même quinze points. Pour nous il a fallu trouver d’autres solutions, remettre dans le bain des joueurs qui avaient un peu moins de minutes. Personnellement je me suis dit qu’avec Adrien blessé heureusement qu’il y’avait deux matchs chez nous car on savait que le public allait combler ce manque.

BasketActu : A quel point votre public vous a aidé dans la conquête du titre ?
FZ : On savait que l’équipe qui gagnerait ce match 3 était quasiment assurée d’être championne. Si on l’avait perdu, Strasbourg nous aurait mis une pression terrible au match 4 et ils auraient joué relâchés. Nous on savait que si on gagnait ce match 3 cela aurait été compliqué pour eux d’enchainer avec deux défaites. Le public ici n’a rien à voir avec les autres salles en France. Quand on voit le match 4 avec autant de difficultés pendant quasiment trois quart-temps, on savait que ça serait fini si on mettait un ou deux shoots ; non seulement l’adversaire était blasé mais avec les cris du public dans ses oreilles… je sais que le public a quasiment joué 50% du rôle dans notre succès.

BasketActu : Ça doit être aussi une satisfaction d’avoir fait le back-to-back qui n’avait plus été réalisé depuis dix ans…
FZ : La motivation première satisfaction c’était déjà de gagner le titre. On savait que depuis dix ans et Pau ça n’avait pas été fait ; c’était une motivation pour nous de rentrer dans l’histoire du club. Rentrer dans l’histoire du CSP vous imaginez ? On a galéré pendant des années ; on gagne l’an dernier alors que personne ne nous attendait et on confirme cette année. Quand je suis arrivé au club il y’avait des difficultés et quand on voit le chemin parcouru depuis deux/trois ans c’est magnifique car on sent qu’il y’a un certain travail qui est fait.

BasketActu : Ce que tu n’as pas encore vécu avec le club c’est un Top16 d’Euroleague ; c’est le prochain défi ?
FZ : Je pensais au fond de moi que cette année on allait faire le Top16. On avait l’équipe et on était bien logé au niveau du groupe. Mais on a vu que le haut-niveau, surtout en Euroleague, ça ne pardonne pas. Ça veut dire que les détails nous ont tué. On était bien tactiquement mais les pertes de balle, les petits trucs nous ont fait mal. Après l’année prochaine c’est autre chose et je pense que le club a plus d’expérience au niveau de l’organisation et des petits détails. Le club va faire le travail pour construire une belle équipe pour essayer de participer au Top16 pour la première fois pour un club français depuis des années. Ça serait génial pour le club mais aussi pour toute la France.

Tags : ,
Comments

Commentaires

Comments are closed.