ITW Jean-Christophe Prat : « Continuer à bien travailler »

Jean-Christophe-Prat est revenu avec nous sur la très bonne première partie de saison de Denain.

En début de saison, il n’y aurait pas grande monde à avoir imaginé voir Denain dans le Top 4 de la Pro B. Mais l’amalgame jeunes et vieux briscards a très vite pris. Jean-Christophe Prat, dont l’ambition serait de créer un Partizan Belgrade à la française, est revenu avec nous sur le parcours de Denain durant la première partie de saison. Entretien.

 

BasketActu : Denain dans le top 4 ce n’était pas forcément prévu ?
Jean-Christophe Prat : Oui je te le concède ; néanmoins je pense que ce n’est pas un hasard non plus. Le plus important pour moi ce n’est pas tant le classement mais plutôt la qualité du jeu que l’on produit des deux côtés du terrain. La réussite de cette première partie de saison tient beaucoup à la progression individuelle de tous les joueurs (y compris les anciens).

BasketActu : On parlait plus de maintien pour Denain en début de saison ; est-ce-que le club conserve toujours le même discours ou il y’a un état d’esprit différent ?
JCP : L’objectif que m’a fixé le président Alain Place en début de saison est de sécuriser le maintien le plus rapidement possible. J’espère que nous allons l’atteindre assez vite mais il faut rester très vigilant. Ce qui est sur c’est que ce groupe est ambitieux et que s’il arrive à maintenir cette qualité de travail et de progression alors il pourra certainement envisager d’autres objectifs.

BasketActu : Est-ce-qu’il y’a eu un match-bascule où tu t’es dit « tiens il y’a vraiment moyen de faire quelque chose de sympa cette saison » ?
JCP : Non, il n’y a pas eu de déclic ou de match particulier. La présaison m’a permis de très vite évaluer à travers le travail journalier le potentiel de se groupe. On vit ensemble depuis le 28 juillet ; on vient de jouer notre quarantième et de finir notre cent soixantième entrainement. Chaque entrainement et chaque match ont été des opportunités pour tous de progresser.
Ma plus grosse fierté est de voir le plaisir que mes joueurs prennent chaque jour à l’entrainement. La qualité de leur écoute de leur concentration et la volonté de chacun de développer leurs fondamentaux fait que pour le moment la saison se déroule comme cela. Cette équipe a affirmé très vite une identité forte : de l’intensité défensive et de l’altruisme en attaque.Ce qui se traduit dans les chiffes puisque nous sommes deuxième meilleure défense et la première équipe aux passes décisives.

BasketActu : L’évolution de tes jeunes te surprend-t’-elle ?
JCP : Ce qui me surprend le plus ce n’est pas leur progression, mais la vitesse avec laquelle ils assimilent tous les détails techniques sur lesquels on travaille.
Il faut se rendre compte du pari qui a été le notre. Yakuba, William, Austin c’est leur première saison pro ; Henri, Jerry et Vafessa et Jérôme leur deuxième saison. Au total ce sont sept jeunes joueurs. Le plus important est que chacun d’entre eux  ont un vrai projet individuel en plus du projet collectif. Je les aime, les couve, les gronde comme mes propres enfants. Maintenant, le gros objectif de la deuxième partie de saison c’est que chacun d’entre eux soit de plus en plus constant dans leurs performances.

BasketActu : On parle d’ailleurs beaucoup de la qualité du travail de Denain fait avec les jeunes ; c’est le meilleur compliment qu’on puisse faire à cette équipe ?
JCP : C’est en tout cas le plus beau des compliments que l’on puisse me faire. Je pense sincèrement (et sans donner de leçon à personne) que l’on ne développe pas assez la technique individuelle de nos jeunes joueurs en France.
Mon expérience au Besiktas Istanbul, le fait d’avoir fait le Top 16 de l’Euroleague m’a fait  réaliser que les coachs continuaient de développer individuellement leurs joueurs. Regardes Abrines au Barça : il y a trois ans il ne pouvait que shooter en sortie d’écran. Aujourd’hui, il peut jouer des écrans porteurs et il commence à développer un jeu de drive.
Je regardai jouer Edwin Jackson la semaine dernière contre Malaga en ACB. C’est juste incroyable en à peine un mois il a déjà modifié certain aspects techniques de son jeu.

BasketActu : Tu considères toujours que l’équipe a peu de marge ? Que peut-elle améliorer ?
JCP : Notre équipe a peu de marge mais aussi pas de limites, l’insouciance de la jeunesse (il sourit).
Le plus important pour cette deuxième partie de saison c’est de continuer à bien travailler. Tu sais, les résultats ne sont pas ma priorité. Ma première responsabilité c’est qu’à la fin de l’année ces jeunes joueurs soient prêts pour le niveau supérieur.

BasketActu : Le fait d’avoir à faire tes preuves comme certains de tes joueurs est-il finalement un avantage ?
JCP : Avoir à faire mes preuves ? Je m’en moque. Mon image, la politique, être bien vu par le monde du basket,  c’est pas ma « came ». Ce qui me plait pour ma première saison en tant que coach c’est que je suis allé au bout de ma démarche. Je suis un formateur dans l’âme. Tu sais mon rêve serait de pouvoir bâtir en France un club comme le Partizan Belgrade, deux ou trois étrangers maximum et que des jeunes joueurs potentiels à développer. Je le dis depuis toujours, nous avons des potentiels jeunes INCROYABLES en France.
Ma carrière ne m’intéresse pas ; si demain un club veut me confier son centre de formation car il a un projet ambitieux, j’y vais tout de suite.

BasketActu : Pour le moment avec le HTV vous êtes les deux beaux parcours de la Pro B avec des jeunes mis en avant ; comment tu le perçois ?
JCP : La Pro B cela devrait être cela. On devrait revenir à deux étrangers et faire que cette division soit un laboratoire de formation et de développement de nos jeunes potentiels encadrés aussi par des joueurs français d’expérience (comme avec Sacha Giffa).

BasketActu : Au final le plus gros danger pour le reste de la saison ça serait de se laisser griser ? Dans ce sens-là est-ce-que l’expérience de la Leaders Cup avec cette finale ratée in-extremis peut-être une bonne chose afin de garder l’équipe concentrée pour le reste de la saison ?
JCP : Le danger serait d’arrêter de travailler dur au quotidien mais ne t’inquiète pas, nous sommes les gardiens  du temple avec Sacha Giffa  et le premier qui sortira du cadre…. Attention les secousses (il se marre). Le parcours en Leaders Cup ainsi que le prochain quart de finale de Coupe de France sont des accélérateurs d’expériences pour ces jeunes joueurs. Avoir joué deux séries hyper serrées avec un gros niveau d’intensité et de concentration contre Roanne et Antibes pour eux c’était le top.

Crédit photo : Marilyne Callens

Tags : ,
Comments

Commentaires

Comments are closed.