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ITW Joffrey Lauvergne : « A domicile, on peut battre tout le monde »

Fidèle soldat du Partizan Belgrade, Joffrey Lauvergne s’est entretenu avec nous après l’entraînement au Pionir hier soir.


Joffrey LauvergneBasketActu : Ce soir, vous jouez une équipe française à Belgrade. Il y a une appréhension particulière ?

Joffrey Lauvergne : Je n’appréhende pas le fait que ce soit une équipe française. J’ai surtout peur de ne pas gagner car c’est un match important pour nous. On est capable de tout à domicile avec nos fans, même de chopper un ou deux matches contre un gros de la poule. Mais il faut d’abord gagner ces matches-là. On va voir ce que ça va donner mais on est prêt.

BasketActu : Comment compares-tu vos situations sachant que les deux équipes font parties des plus petits budgets d’Euroleague ?
J.L. : Le Partizan, tous les 2-3 ans, c’est un nouveau cycle qui recommence. Les meilleurs jeunes ont progressé et sont vendus. Ils ont obligé de tout recommencer. Mais l’année dernière, ils ont raté la qualif de peu, ils sont régulièrement au Top 16 et il y a 4 ans, ils étaient au Final Four. Après Nanterre, personne ne croyait en eux parce qu’ils montaient de Pro B, qu’ils n’avaient pas de moyens. Mais ils ont vécu une belle aventure, c’est incroyable ce qu’ils ont fait. Sur ce point-là, les deux clubs ont un point en commun.

BasketActu : C’est aussi votre premier match de la saison Euroleague au Pionir.
J.L. : Ça va être le feu. En fait, pour les finales l’année dernière, il y avait des flics partout dans les tribunes donc ça monopolisait pas mal de places. Mais là ça va être blindé blindé, les gens vont être debout, ils ont rajouté une tribune. J’attends ça avec impatience. Mais après il faut faire en sorte que ça reste un match comme les autres.

BasketActu : D’autant plus important que vous n’êtes pas passé loin face au Barça la semaine dernière.
J.L. : Oui. C’est dommage mais c’était un match à l’extérieur donc on avait moins de pression. Si on gagnait, c’était du bonus alors que là on ne doit pas se louper. A domicile, on peut battre tout le monde. Si Nanterre bat l’un des gros et pas nous, ça peut nous coûter cher si on perd ce match.

BasketActu : Comment as-tu vécu le retour au Partizan après le titre de champion d’Europe avec la France ?
J.L. : Il a fallu se remettre vite au travail. J’avais beaucoup joué en prépa et surtout on s’entraînait beaucoup. Après j’ai continué à jouer et sur la deuxième partie pratiquement plus. Les créneaux d’entraînement diminuaient donc plus on avançait, moins on s’entraînait. Je suis arrivée à Belgrade un peu en dedans. Je n’avais plus l’habitude des entraînements et tout mais il a fallu enchaîner. Dès le début, le coach m’a fait jouer parce qu’il savait que j’avais besoin de retrouver le rythme.

BasketActu : En discutant avec lui après l’Euro, il avait dit être fier de toi. Tu as eu le droit à un accueil particulier de sa part ou de tes coéquipiers et fans 
J.L. : Tout le monde est content et fier et té félicite mais il faut réussir à passer à autre chose sinon tu te relâches. Il faut vite redescendre.

BasketActu : Jouant à l’étranger, ça a été plus simple pour toi non ? Tu n’as pas forcément vécu la partie retour au bercail de la même façon que ceux qui jouent en France par exemple.
J.L. : Clairement. Au final, on est protégé de tout ça quand on joue à l’étranger. Je suis fier d’avoir fait partie de cette équipe en tout cas. Ce n’était pas facile, beaucoup nous critiquaient avant l’Euro parce qu’il manquait du monde. Mais on a montré que ce n’était pas que les individualités qui faisaient gagner une équipe. J’ai la chance d’avoir gagné beaucoup de choses à 22 ans mais je ne veux pas que ça s’arrête maintenant. Après avoir gagné, je me suis dit : « J’espère que ce n’est pas la dernière fois. ».

Photo : Ann-Dee Lamour

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Comments

Commentaires (2)

  1. Helpless

    Un discours intelligent de la part d'un joueur qui semble avoir la tête sur les épaules.Il avait été trés performant face au barça malgré la défaite.L'avenir du basket français,incontestablement.

  2. Jean Sérien

    Un bon jeune gars, bosseur, intelligent et que les supporters du Partizan adorent. Il aime ce sport et il le lui rend bien. Vraiment l"environnement adéquat pour progresser, le coach Vujosevic n'est plus à présenter. Pour un jeune avide de progression et qui aspire à gravir les marches, tout en gardant la tête froide, il a des minutes de jeu, il est dans le 5 majeur, ce qui ne serait pas forcément le cas en NBA.