ITW Johan Passave-Ducteil : « Il faut toujours que je repousse mes limites »

Avec l’Euroleague en perspective, Johan Passave-Ducteil aborde avec beaucoup d’envie et d’ambition la prochaine saison

Jo-Passave-ClaireMacelAvec Xavier Corosine et Trenton Meacham, Johan Passave-Ducteil sera l’un des anciens de la JSF Nanterre made in 2013-2014. Avec l’Euroleague en perspective, le pivot aborde avec beaucoup d’envie et d’ambition la prochaine saison. Entretien.

BasketActu : Qu’est-ce-que cela change d’être champion de France en titre ?
Johan Passave-Ducteil : Ca change un tout petit peu ton quotidien. Je me suis récemment rapproché de Nanterre et je vois que les gens me reconnaissent de plus en plus, c’est flatteur. Par rapport à mon été, ça m’a permis d’avoir quelques connections avec des joueurs NBA. J’ai été beaucoup invité pour des galas, des camps. J’ai eu la chance notamment d’aller à la Réunion pour le Run-Ball, organisé par Johan Guillou, avec pas mal d’autres joueurs de Pro A. J’ai eu la chance de faire le gala pour Batum Mama, le choc des Titans… J’ai bien surfé sur le buzz médiatique que l’on a créé.

BasketActu : Pour la préparation, ça change l’état d’esprit quand on sait que l’on aura un titre de Champion de France à défendre ?
JPD : Le problème est à double-tranchant. C’est l’état d’esprit que l’on voudrait avoir mais on n’oublie pas que l’on n’a plus du tout le même groupe. Il faut être très prudent car on sait qu’après des grosses saisons les équipes plongent. Le plus dur c’est ça. Après moi au niveau de l’état d’esprit je suis encore plus déterminé que l’année passée. Mais le plus important c’est de recréer un nouveau groupe, une nouvelle solidarité et rechercher un peu ce que l’on avait eu l’an dernier. On a une équipe très jeune; avec 28 ans Xavier, moi et Trent on est les plus vieux et ça aussi il va falloir le gérer. On n’a pas beaucoup d’expérience au niveau européen. On a pas mal de boulot mais en même temps c’est jouissif et excitant parce que l’on va jouer l’Euroleague, on va être attendu, on a un titre à défendre.

Je ne vais pas faire de discours langue de bois en disant que l’on va jouer le maintien. Bien sûr que le maintien fait partie des objectifs premiers quand tu joues mais pour le dire non. Moi à moyen terme ce serait les playoffs. Pareil c’est dangereux de le dire aussi parce que si jamais on n’a pas les résultats que l’on espère… C’est un nouveau statut qui est difficile à gérer parce que même au niveau de la communication il faut que tu fasses attention à ce que tu dis parce que du jour au lendemain ça peut basculer très vite. Mais tout en restant humble et posé, je me dis dans ma tête que l’on a été champion de France. Ce titre on est allé le chercher, on l’a mérité. On ne peut pas faire maintenant comme si ça ne s’était pas passé. C’est dans cet état d’esprit que je suis. Concrètement mon premier objectif c’est d’aider mon équipe à essayer d’avoir des automatismes. C’est d’être solidaire pour justement être préparé à ça.

BasketActu : Comment envisages-tu l’Euroleague, une compétition où les postes 5 sont bien plus imposants qu’en Pro A ?
JPD : Je pense que sur les finales j’ai montré que si je n’étais pas grand par la taille je pouvais l’être par autre chose. J’ai d’autres qualités et justement je vais pouvoir me jauger par rapport à l’Europe. Ce que j’aime bien ce sont les défis extrêmement compliqués; pouvoir affronter des intérieurs de renommée européenne, mondiale.. Moi j’ai tout à gagner et rien à perdre. Au pire toute cette expérience me servira mais je ne pars pas dans cet état d’esprit. Je sais que peu importe qui il y’aura en face je serais la pluspart du temps le plus petit donc je pense déjà à comment je vais essayer de faire pour les emmerder. Mais sinon je n’ai pas peur plus que ça.

Ce que j’espère c’est que l’on ne soit pas trop naif. Après le basket c’est une histoire de duel et de poste. En tout cas je vais tout faire pour ne pas être un fardeau pour mon équipe. Mais au niveau de la taille je n’ai pas vraiment de pression par rapport à ça.

BasketActu : On a l’impression qu’en terme de progression tu as à l’image de l’équipe, à franchir les étapes par pallier…
JPD : Moi je ne me pose pas de limites parce que je sais que je n’ai aucun talent particulier. C’est le travail qui a toujours payé pour moi. Je n’ai pas la taille donc il faut toujours que je repousse mes limites. Je les repousserais jusqu’à ce que je ne le puisse plus. Pour l »instant j’ai encore très faim.

Autant dire que Mam je ne le vois pas du tout comme un concurrent. Je le vois plutôt comme un membre de mon équipe qui va nous aider à être fort sur le poste 5 ainsi qu’à essayer de défendre notre titre et ne pas être ridicule en Europe. J’essaye de beaucoup lui parler, de lui donner des conseils car malgré tout le talent qu’il a, il est encore jeune et pas très très expérimenté. J’ai un peu un rôle de grand-frère avec lui comme avec Jerry Boutsiele. J’ai aussi mon rôle de commandant de la défense. C’est un boulot que je vais faire avec plaisir. Mais ce sont des automatismes que l’on va devoir trouver très rapidement.

BasketActu : Le danger pour Nanterre ne sera-t’-il pas d’arriver à bien cerner les priorités entre l’Euroleague et la Pro A ?
JPD : Déjà il va falloir faire confiance à Vincent notre préparateur physique. J’aime bien la technologie et je sais que l’avantage que l’on a, c’est d’être sur Paris. On a pas mal d’infrastructures qui peuvent nous permettre de bien récupérer, je pense notamment à l’INSEP. J’espère que l’on arrivera à trouver des partenariats ou des trucs comme ça pour que l’on puisse optimiser notre condition physique.

Maintenant bien sûr qu’il ne faut pas que l’on se trompe d’objectif. En même temps en gagnant le championnat on savait très bien qu’il y’aurait l’Euroleague derrière. Donc on va la jouer c’est du bonus, on est d’accord pour le dire mais moi je joue tous les matchs pour les gagner, encore plus les matchs de championnat. Il va falloir être déterminé. On a été champion de France et moi j’aimerai bien défendre notre titre. Tous les tableaux sur lesquels Nanterre va figurer, je pars du principe qu’on essayera de les gagner. On parle de calendrier mais l’année dernière on a été finaliste de la Coupe de France. On a été rincé mais ça ne nous a pas empêché d’aller attraper la huitième place de la saison régulière et de gagner les playoffs. C’est le mental et le groupe qui vont faire que l’on avancera. On aurait pu tout perdre l’an dernier mais on a eu le mental.

BasketActu : Nanterre aura également le statut d’équipe à battre..
JPD : C’est ça qui est difficile à gérer. Mais en même temps c’est excitant et jouissif puisqu’on ne sait pas comment ça se passe. On n’a même pas un joueur expérimenté qui a vécu ça pour nous transmettre un peu. C’est pour ça qu’il faut vraiment pendant cette semaine de stage que l’on se rapproche les uns des autres, que l’on discute, que l’on devienne un groupe car on va avoir besoin de la force de tout le monde. Il va falloir être extrèmement soudé pour que lorsqu’il y’aura des moments durs on reste soudé. Il n’y a qu’un scénario pour que l’équipe explose et ça n’est surtout pas ce que l’on veut.

 

Crédit photo : Claire Macel

 

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