ITW Johan Passave-Ducteil : « On cherche à provoquer l’accident »

Alors que la JSF s’apprête à aller défier au Palau San Jordi le grand Barça, Johan Passave-Ducteil espère bien que Nanterre puisse jouer sa carte.

Traoré Foster Passave Ducteil ThomasBasketActu : Comment Nanterre aborde ce match face à Barcelone ?
Johan Passave-Ducteil : Par rapport à Barcelone, c’est un match où on n’a même pas besoin de parler de motivation. Il y’a l’envie de conquérir cette salle parce qu’on sait que l’on va aller encore dans une salle mythique. Maintenant il faut que le Partizan nous serve de leçon. On a perdu le match à cause aussi de environnement. Pour être tout à fait honnête on a fait une bonne récupération à l’INSEP, ça nous a fait du bien que ça soit au niveau physique ou mental. Du coup on va pouvoir bien repartir et donner plein d’énergie pour ce match.

BasketActu : Barcelone c’est notamment Joey Dorsey et Ante Tomic; comment vois-tu ces duels ?
JPD   Au risque de me répéter, c’est pour ça que je suis heureux, que je suis content de pouvoir me confronter à ce qu’il y’a de mieux au niveau européen. Comme je l’ai dit tout ce que l’on a on ne l’a pas volé. Maintenant l’avantage que l’on a c’est que l’on fait un très bon début de championnat donc on peut vraiment aller dans l’Euroleague, taper dedans et essayer de faire le maximum. Pour une fois ce qui est bien c’est que l’on va pouvoir aligner notre super raquette française parce qu’à chaque fois il y’avait un de nous qui était soit absent soit blessé. Ça va être notre premier vrai test avec l’équipe au complet. Même si c’est face à Barcelone, sans trop s’enflammer, je pense que l’on aura une petite carte à jouer surtout s’ils font comme le CSKA à rentrer timidement dans le match et que nous on arrive à faire une bonne entame de match. Du coup je pense que nos rotations peuvent être un plus et pourront faire basculer le match en notre faveur.

BasketActu : Marc (Judith) parlait récemment de la difficulté liée à enchaîner Euroleague et Pro A à cause du rythme très différent; quels sont les ajustements à faire pour s’adapter ?
JPD : Par rapport à l’Euroleague je pense qu’il faut avoir la capacité de pouvoir ouvrir le banc, que tout le monde se sente concerné. Ça n’est pas comme les matchs de championnat où tu peux quand même avec sept/huit joueurs, mais bon ça n’est pas la philosophie de Nanterre. Par rapport à l’Euroleague et à l’intensité des matchs et de la répétition, il faut avoir un groupe où tout le monde se sente concerné pour que dès qu’il y’en ait un qui sorte il apporte la même voir plus d’intensité. C’est ce qui va nous faire gagner des matchs, qui va nous faire passer de temps en temps les coups durs. Le problème c’est que si tu as un gros 5 fort et que le reste ne suit pas, tu ne vas pas trop loin. Alors que là on ne va pas se leurrer on a quand même un bel effectif. C’est maintenant qu’il faut que l’on en profite, c’est maintenant que l’on joue deux/trois matchs par semaine sinon ça ne sert à rien.

BasketActu : Tu parlais de récupération; quels exercices particuliers Nanterre fait pour gérer l’enchaînement des rencontres ?
JPD : Le club fait des efforts là-dessus. Ça veut dire qu’ils sont à l’écoute de leurs joueurs parce que c’est vrai que faire la récupération à l’INSEP ou à la salle il y’a quand même un fossé entre les deux. Les infrastructures de l’INSEP tout le monde les connait; il y’a la cryothérapie, ensuite il y’a la balnéo…. Rien qu’avec ça sur une demi-journée tu récupères deux fois plus vite que si tu faisais une récup classique à la salle où on a un bain froid pour douze joueurs. Là du coup on est tous ensemble; pour l’esprit de groupe et la cohésion c’est parfait car c’est aussi comme ça que tu construis une équipe.

BasketActu : Et pour le moment qu’est-ce-que l’équipe a le plus appris en Euroleague ?
JPD : Que pour l’instant on s’est mieux débrouillé à Carpentier qu’à l’extérieur (il se marre). Entre cette nouvelle salle que l’on a adopté et cet enfer où on est allé il y’a quand même eu une différence. En fait on est dans le même état d’esprit que lors des playoffs où on avait commencé les deux premiers matchs à l’extérieur. On s’était dit qu’il fallait au moins en gagner un. Ça peut paraître fou quand je dis ça mais on cherche à créer un accident, à faire tourner le vent en notre faveur parce que l’on ne peut pas se contenter de dire que l’on va essayer de prendre les matchs à domicile. Il faut que l’on arrive à choper une victoire à l’extérieur. Pourquoi pas le faire à Barcelone ?

BasketActu : Les objectifs initiaux concernant l’Euroleague ont-ils évolué depuis les deux premiers matchs ?
JPD : Dans nos têtes on prend match après match. On les joue pour les gagner. On va jouer contre le Barça mais moi je me dis on a rien à perdre dans cette Euroleague. L’Euroleague on la gagné parce qu’on s’est battu pour ça maintenant on va aller à Barcelone et je te jure que si on peut prendre ce match on ne va pas se gêner. Qu’est ce qui va se passer au pire ? Soit la logique va être respectée et le Barça va nous battre, après ça sera à nous de faire en sorte que ça ne soit pas comme au Partizan. Au pire on risque de les pousser dans leurs derniers retranchements, peut-être de les faire douter, peut-être de gagner. Il n’y a pas de pression ou d’objectif particulier.

BasketActu : Sur le plan individuel tu as le sentiment d’avoir progressé notamment au niveau du leadership ?
JPD : Ça fait maintenant quatre ans que je suis ici. J’ai gravi les échelons avec Pascal et avec ce club. Est ce que c’est parce que je suis toujours dans le même état d’esprit, que je ne me satisfais jamais de ce que j’ai et que j’en veux toujours plus? Après on joue contre des adversaires fantastiques, est ce que ça me donne envie de repousser mes limites ? Je pense que oui. Je ne suis pas capitaine mais c’est vrai que je me sens impliqué, je me sens bien dans mes baskets en ce moment donc j’essaye d’aider l’équipe au maximum que ça soit vocalement ou sur le terrain, par des actes car je préfère plus agir que parler. Même quand on a des moments difficiles j’essaye de rester positif mais il faut encore que je travaille sur cet aspect mental pour être plus conquérant.

BasketActu : David Lighty va revenir alors que Kévin Lisch va être probablement absent de longs mois; qu’est-ce-que ce double-mouvement t’évoque ?
JPD : Déjà je suis désolé pour David car pour le connaitre je sais que la NBA c’était son rêve. Ensuite on ne va pas se plaindre on est vraiment très heureux qu’il revienne. On connait sa valeur. Maintenant ce qui est aussi dangereux dans ce genre de situation c’est que tout va bien, l’équipe va bien et ça veut dire qu’ il y’a un joueur qui risque de partir. J’espère qu’il va vite s’adapter et qu’on va vite l’intégrer. Mais une chose est sûre c’est que l’arrivée de David Lighty va apporter un plus à cette équipe de Nanterre.

Mais qui dit arrivée de David dit le départ de Kévin. Ça n’est pas une situation facile même si l’équipe reste la priorité, c’est pour ça que je dis que l’on ne perd pas trop au change. Mais on perd quand même un pote.

 

Crédit photo : Claire Macel

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