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ITW Johan Passave-Ducteil : « Prouver, c’est un mot qui ne m’intéresse pas, ce que je veux c’est gagner »

De retour à Nanterre, Johan Passave-Ducteil veut retrouver des sensations mais aussi gagner de nouveaux titres.

Deux ans après son départ, Johan Passave-Ducteil est de retour à Nanterre. Après une saison compliquée à Dijon, le pivot avait envie de retrouver des sensations. Et quoi de mieux pour le faire qu’un contexte ô combien familier ? Mais celui qui est aussi président du SNB (Syndicat National des Basketteurs) n’est pas revenu dans les Hauts-de-Seine en dilettante. Ce qu’il veut ? C’est gagner. Et rien d’autre.

BasketActu : Qu’est-ce-que tu retiens du Trophée du Golfe ?
Johan Passave-Ducteil : Beaucoup de positif. Depuis la reprise, on n’a pas eu ce luxe d’être tous ensemble. Le match de dimanche (contre Monaco – ndlr) est le premier où on était tous ensemble. C’est une bonne prestation malgré le fait qu’il n’y ait pas la victoire. C’est un match dans lequel on reste à 70/75 points encaissés. C’est la ligne de conduite que l’on veut essayer de se donner. Après, offensivement, vu que l’on a de nouvelles forces à intégrer, ça a été plus laborieux, si je puis dire. Mais sinon, dans l’ensemble, c’est très positif face à une belle équipe de Monaco. Ça laisse augurer de belles perspectives pour la suite.

BasketActu : La défense a semblé très correcte, même si la victoire n’a pas été au bout contre Monaco…
JPD : On connaît Nanterre, c’est plutôt réputé pour l’attaque, mais on a des gars qui peuvent beaucoup apporter en défense. Si on trouve une sécurité par rapport à la défense, on se rendra la saison plus facile.

BasketActu : Sur le plan individuel, comment se passe ton retour à Nanterre ?
JPD : Mon retour à la maison, déjà, il me fait du bien. Je suis vraiment épanoui, je pense que j’en avais besoin après la saison difficile qui s’est passée avec Dijon, pour diverses raisons. Sportivement, il n’y a rien de mieux que de rentrer chez soi pour retrouver des sensations. Moi, ce que je veux, c’est prendre du plaisir. Je sais que j’arrive plutôt vers la fin de ma carrière. J’avais envie de revivre de fortes émotions, que ça soit avec le public, les gens que je connais… Je compte bien en profiter. Si je peux, entre guillemets, rafraîchir un peu la mémoire des gens et montrer que c’est moi qui déciderai quand je m’arrêterai. Si je sais que j’en ai encore sous le capot, je prendrai du plaisir.

Westermann Passave Ducteil Batista Ann-Dee LamourBasketActu : Tu considères que tu as des choses à prouver ?
JPD : Bien sûr. Je me suis fait une rupture des ligaments croisés à la dernière journée d’un championnat. Je pense que j’allais être dans mes plus belles années. Je pense que j’étais un des intérieurs plus plus dominants en Pro A et j’ai eu cette malchance de me blesser. J’ai beaucoup travaillé et c’est vrai que j’ai eu des incertitudes. J’ai eu cette période de consultant, ce qui m’a permis d’avoir un peu de recul par rapport à ma carrière. Je n’ai jamais perdu l’espoir de revenir. J’ai des potes comme Romain Duport ou Léo Westermann qui ont connu cette galère. Je me considère quand même dans les temps. On a été un peu dur avec moi. Deux ans pour revenir des croisés, je ne pense pas que ça soit trop abusé. Je fais des parallèles par rapport au foot, mais Nabil Fekir, quand tu regardes bien, on s’est fait la blessure à peu près la même année et lui commence à rebondir. Donc je me dis pourquoi pas ? Prouver, ça n’est pas le mot, ma carrière elle est belle donc je n’ai rien à prouver. Par contre, j’ai envie de retrouver du plaisir et des sensations. Si je peux le faire à Nanterre en rentrant chez moi et leur apporter ça, je le ferai.

BasketActu : C’était un choix facile de revenir dans un contexte, un club que tu connais sur le bout des doigts ?
JPD : C’est sûr. Bien que le marché soit compliqué, j’avais la possibilité d’aller aussi ailleurs. Mais tout de suite, dès que j’ai senti qu’après la prépa il y avait cet intérêt mutuel, c’est vrai que ça m’a rassuré. S’ils n’avaient pas voulu me signer, je me serais vraiment posé des questions parce que c’est toujours bien de se faire juger par des gens qui te connaissent par cœur. S’ils m’avaient dit « Écoute Jo, ça ne va pas le faire », j’aurais eu de vraies incertitudes. À partir du moment où j’ai senti que ça pouvait se faire, dans ma tête, je me suis dit que s’ils avaient envie de moi c’est que je devais encore être pas trop mal.

BasketActu : Avais-tu aussi envie de terminer la page Nanterre sur une meilleure note que lors de ton départ ?
JPD : C’est vrai que c’était particulier. Il y avait Mam (Jaiteh) à gérer. Il faut dire la vérité, c’est vrai qu’il était prévu qu’il aille en NBA. C’était un contexte particulier. J’arrivais aussi en fin de contrat. J’avais envie d’ailleurs et d’étranger. Il y avait pleins de choses dans ma tête à ce moment-là. Ce qui est bien, c’est que tout au long de ma carrière j’aurais eu des épreuves et je serais allé chercher les choses à la sueur de mon front. Et bien ça, ça ne changera pas. Tout ce que j’irai chercher, j’irai le chercher à la sueur de mon front. Je ne suis pas dans cette situation de revanche. Prouver, c’est un mot qui ne m’intéresse pas, ce que je veux c’est gagner.

BasketActu : Est-ce-que ces épreuves t’aident dans ton rôle de président du SNB ? Comment en es-tu d’ailleurs venu à accepter ce rôle ?
JPD : C’est une toute autre casquette. A la base, je pense que le SNB avait besoin d’un peu plus de lumière. C’est comme ça qu’Aymeric Jeanneau me l’avait apporté. Je savais qu’il était président car ça m’intéressait un peu, mais c’est vrai que la plupart des joueurs ne le savait pas trop. Avec un joueur comme moi qui a eu la chance d’être médiatise avec ce que l’on a fait avec Nanterre, ça marque un peu plus. J’ai aussi été toujours un joueur engagé dans ce que je faisais. Ça collait bien. Après, ça n’est pas tout le temps plaisant et facile car ça demande du temps en-dehors du terrain. Mais on fait ça par solidarité. Le SNB c’est quelque chose de très important, on le voit de nos jours avec un marché qui est compliqué. Il faut tirer la sonnette d’alarme. C’est bien qu’il y ait un syndicat pour dire de temps en temps que l’on ne prend pas la bonne direction.

Crédit photo : Ann-Dee Lamour

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