ITW Luca Vébobe : « Le discours d’Erman, c’était de nous faire courir »

Pour son retour en Pro A avec Cholet, Luca Vébobe a été l’un des grands artisans de la qualification de son équipe en finale du championnat. Entretien.

BasketActu : Comment abordes tu cette finale ?

Luca Vébobe : C’est un peu spécial, c’est ma première finale. Ce n’est pas comme si j’en avais déjà joué avant et que j’avais une manière spécifique d’aborder ce genre de match. Donc j’essaye juste de l’aborder comme tous les autres matchs de la saison en étant concentré aux moments où il faut l’être. Mais ça ne m’empêche pas de dormir non plus.

BasketActu : Tu te mets une pression ?

LV : Oui, je me mets une pression plutôt positive, c’est-à-dire que j’essaye d’en parler avec mes coéquipiers et je me dis que c’est génial d’être là et j’ai hâte de voir ce que ça va donner à Bercy.

BasketActu : Les playoffs sont terminés, nous arrivons en finale. Y’a-t-il l’un d’entre vous qui porte les autres psychologiquement ?

LV : Non, pas spécialement. Maintenant c’est notre groupe à tous. Logiquement, en début d’année, quand nous sommes arrivés, c’était surtout à ceux qui étaient là l’année dernière. C’étaient eux les leaders et je pense qu’au fur et à mesure de l’année, il y a des personnalités comme Vule ou comme DeMarcus qui se sont révélées aux yeux de tous. Maintenant je remarque que nous avons une équipe avec pas mal de leaders psychologiques.

BasketActu : C’est d’ailleurs ce qui fait votre force cette union collective et le fait que vous ayez plusieurs bons joueurs à chaque poste.

LV : De toute manière, l’équipe, comme Erman l’avait faite à la base, était faite pour pouvoir jouer sur plusieurs tableaux, avec un gros banc. En plus, nous avons étoffé notre banc au fur et à mesure de l’année avec l’arrivée de Mamoutou Diarra et de William Gradit. Donc il est certain que c’est l’une de nos forces. Quand un joueur rentre en général, il n’y a pas de baisse de régime, pas de baisse de niveau et on peut doubler ou tripler les postes.

BasketActu : Vous avez terminé la saison en dents de scie, et par contre depuis le début des playoffs vous n’avez pas perdu un match.

LV : Il est vrai qu’en fin de saison, on était plus ou moins assuré de la première place. On a eu tendance à être moins concentré et à moins rentrer dans l’adversaire comme nous l’avions fait durant toute la saison. Ce n’était pas que nous nous disions que la première place était acquise, mais ce qui est sûr c’est que tous les adversaires que nous avons joué nous ont tous joué à fond et ils ont mérité leurs victoires. Ce n’est pas nous qui leur avons donné. Une fois que nous sommes arrivés en playoffs, aux entraînements qui les ont précédés, on a senti que le groupe c’était remobilisé et nous avions hâte d’en découdre. Le faite d’avoir joué l’Euroleague, d’avoir joué des matchs à enjeux tôt dans l’année, ça donne envie de rejouer ce genre de match. Nous étions pressés de retrouver cet état d’esprit avec des matchs à enjeux à chaque rencontre.

BasketActu : Ce serait une saison gâché de perdre cette finale ?

LV : Le titre ce n’est pas la cerise sur le gâteau, c’est le gâteau ! (rires) Moi quand je suis venu ici, mon but personnel n’a jamais été de faire des stats. C’était de pouvoir jouer l’Euroleague, d’être dans une équipe qui se qualifie dans le Top 16. Nous avons échoué de peu. Et le but collectif de conserver le titre de champion de France tout en terminant premier de la saison régulière. Pour l’instant, un objectif a été rempli. Maintenant, si nous avons le titre, nous aurons remplis deux objectifs sur trois, ce serait pas mal. Nous savons très bien qu’une équipe comme Nancy ne va pas juste nous donner le titre et nous souhaiter un bon été.

BasketActu : Je suppose que tu as regardé la belle de la série de Nancy. Que t’inspires le match d’Akin ?

LV : Je pense qu’il a sorti son meilleur match de l’année. Il faut espérer qu’il ne sorte pas le même contre nous. Ca sera à nous de répondre présent. De toute manière, nous savons que ce pivot est un de leurs gros points forts, c’est un bon ancrage à l’intérieur. Mais il y a aussi Deane à l’extérieur qu’il ne faut pas oublier et qui a sorti de sacrés playoffs. Et Stephen Brun qui a relevé son niveau de jeu. Je pense que c’est une équipe un petit peu comme nous, qui est en confiance et qui sera très difficile à manœuvrer.

BasketActu : C’est quelque chose qui te motive de jouer contre des intérieurs aussi physiques ?

LV : Oui. Mais de toute manière, une fois arrivés en finale, si nous ne sommes pas motivés à ce moment-là, nous ne sommes motivés pour rien (rires). Je n’ai pas besoin qu’il y ait de gros joueurs en face pour être motivé pour une finale.

BasketActu : Quelle sera la clef de cette finale ?

LV : C’est toujours pareil. Tout le monde dit la même chose, c’est un titre qui se joue en un match donc c’est assez compliqué tout en étant simple. Il faut rentrer dans le match immédiatement. Il n’y a pas une seule minute à perdre parce que chaque minute de perdue sera difficile à rattraper. Il n’y aura que 40 minutes, il faudra dès la première seconde être présent dans cette finale. Après bien sûr, il nous faudra le petit coup de réussite pour mettre des shoots extérieurs. S’il y a une équipe qui est on fire ce jour-là, il y a de grandes chances que le titre soit pour elle.

BasketActu : Comme tu viens de le préciser la finale ne se joue que sur un match. C’est plutôt un avantage pour toi qui est quelqu’un qui joue avec beaucoup d’énergie non ?

LV : Je ne sais pas en tout cas je l’espère. Mais si c’est un match pour moi et qu’il n’y a pas la victoire à la fin, ça ne servira pas à grand chose. A la limite, je préfère que ce ne soit pas un match pour moi et qu’il y est la victoire.

BasketActu : Sur un plan perso, tu sors de quelques années en Pro B. Tu as vécu l’Euroleague. Cette finale, ça t’ouvre l’appétit ?

LV : J’ai été blessé pendant deux ans et demi et l’estomac a eu le temps de rétrécir. J’ai eu le temps d’avoir faim (rires). Je ne dénigre pas du tout la Pro B. J’ai fait une saison et demi en Pro B et c’est Evreux et Antibes qui m’ont relancé. Je suis très content d’être passé par là. Ce sont plutôt mes années sans jouer qui m’ont creusées l’appétit et qui m’ont fait perdre du poids d’ailleurs (rires).

BasketActu : C’est une revanche pour toi te retrouver là aujourd’hui ?

LV : Non ce n’est pas vraiment une revanche, plutôt une satisfaction. Le fait de me dire que toutes ces heures passées à travailler pour revenir au niveau ont payé. Et samedi, on a une chance d’être récompensé de la plus belle des manières.

BasketActu : Est-ce que tu attends le début du match avec impatience ?

LV : Bien sûr. Pour dire la vérité, quand je suis arrivé à Cholet, tout le monde m’a parlé de Bercy et des Choletais qui remplissaient la salle, de ces 3000 et quelques spectateurs choletais qui étaient là… Et cette année à première vue, il va y en avoir beaucoup plus donc j’ai déjà hâte de voir ça. J’ai hâte de voir Bercy dans une grosse ambiance, une ambiance de feu. Pour l’instant, je ne l’ai vu que pour le All Star Game qui est plus un spectacle. Là nous aurons vraiment des milliers de supporteurs derrière nous, j’ai vraiment hâte de voir ce que cela va donner.

BasketActu : Comment sens-tu ton équipe sur le plan mental ?

LV : Mentalement, on est prêts, c’est sûr. Nous espérons juste que le fait de ne pas avoir joué pendant onze jours ne va pas nous handicaper. C’est quand même long pour jouer une finale. On a eu deux trois jours de repos. Mais on a eu aussi après ça beaucoup, beaucoup d’entraînements et comme tu peux te l’imaginer, Erman ne nous a pas laissé tranquille. Il s’est assuré que nous étions dans le rythme ! On espère que ces jours d’attente vont payer parce que c’est long quand même.

BasketActu : Quel a été le discours d’Erman ?

LV : Dès le début, ça a été de ne pas se démobiliser, de ne pas penser que nous étions en vacances et que le plus gros restait à faire. Et après, son discours ça a été surtout de nous faire courir (rires) !

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