ITW Ludovic Vaty : « Sensibiliser les joueurs »

Parrain des journées de l’Avenir, Ludovic Vaty a évoqué avec nous cette action de sensibilisation et de soutien en faveur de la recherche sur les pathologies cardiaques.

Depuis le 3 avril et jusqu’au 5 mai prochain se tiennent les Journées de l’Avenir. Depuis neuf ans, la Fondation de l’Avenir et la LNB mènent des appels aux dons afin d’encourager la recherche médicale. Pour la deuxième année consécutive, ces journées mettent l’accent sur les pathologies cardiaques en hommage à Thierry Rupert. Elles ont pour parrain Ludovic Vaty lui-même concerné par une pathologie de ce type. Présent lors du match Paris Levallois-Bourg en Bresse, il nous a parlé de son action auprès de la Fondation de l’Avenir mais aussi de son retour sur les parquets en Nationale 2 et de son activité de coach.

BasketActu : Comment es-tu devenu le parrain des Journées de l’Avenir ?
Ludovic Vaty : Après la fin de ma carrière (en mai 2013, ndlr), le président Dominique Letourneau m’avait contacté par mail. Il m’avait parlé de la Fondation de l’Avenir qui organisait des appels aux donc pendant certains matchs de basket. Forcément j’ai été sensibilisé par rapport à ça. J’ai tout de suite dit oui, que je voulais bien les parrainer. Je suis dans le cas mais c’est surtout pour rendre hommage à Thierry (Rupert, décédé en février 2013 d’une pathologie cardiaque).

BasketActu : En quoi consiste cette action de parrainage ?
LV : C’est surtout pour représenter l’image de la Fondation vu que j’étais ancien basketteur professionnel. La Fondation veut justement toucher le monde sportif professionnel en France au niveau basket avec la pro A, la Pro B. avoir pour eux une image comme moi c’était très bénéfique et pour moi ça me tenait à cœur.

BasketActu : Est-ce-que tu as l’impression que depuis ton histoire, la disparition de Thierry Rupert il y’a eu une prise de conscience sur ces questions de pathologie cardiaque ?
LV : On dit souvent que ça n’arrive qu’aux autres et quand ça nous arrive on est un peu sur le cul. Il faut mieux jouer la carte de la vigilance. C’est aussi pour ça que je suis là ; c’est pour sensibiliser les joueurs, leur dire que ça n’arrive pas qu’aux autres. Il faut faire gaffe.

BasketActu : Certains t’ont demandé des renseignements ?
LV : Cette année pas trop mais l’année dernière c’est vrai que j’ai discuté avec beaucoup de joueurs. Ils m’ont dit qu’à cause ou grâce à mon histoire ils essayent de faire plus attention à tout ça. Ils ne s’en foutent pas et sont vraiment attentifs à ça.

BasketActu : Dans ce sens-là, ta mission de prévention est déjà en partie réussie…
LV : Oui exactement. Mais maintenant on ne va pas s’arrêter là. On va continuer jusqu’au bout pour sensibiliser le plus de monde possible et surtout aider les chercheurs à mieux soigner la maladie, à faire avancer la médecine.

BasketActu : Cette année tu as pu rejouer avec l’Elan Pau Nord-Est en Nationale 2 ; comment tu as vécu ce retour sur les parquets ?
LV : C’était vraiment un grand moment de plaisir. Les sensations ne sont plus les mêmes mais dans un sens c’est encore plus de plaisir. Je réalise vraiment la chance que j’ai même si ça n’est pas au haut-niveau de rejouer. Il n’y a rien de plus bénéfique.

BasketActu : Tu as des contraintes au niveau du temps de jeu, de la gestion de l’effort ?
LV : Oui c’est surtout sur la gestion de l’effort où je dois y aller doucement. Au début je pensais que ça allait être plus compliqué à gérer mais en fait au fur et à mesure du match on arrive très bien à gérer.

BasketActu : Est-ce que tu peux envisager de voir un peu plus haut que la Nationale 2 ?
LV : Donner envie de voir plus haut ? Oui et non. Ce qui me manquait le plus c’était l’esprit d’équipe. En N2 par rapport à ça ça va. C’est sûr qu’après si un jour j’ai les moyens de jouer un peu plus haut oui je retenterais mais ce n’est pas mon objectif cette année ; je n’ai pas envie de griller les étapes. C’est surtout ma santé qui va décider.

BasketActu : Justement tu as eu des retours du monde professionnel par rapport au fait que tu puisses rejouer ?
LV : J’ai eu des appels de coachs mais c’était plus dans un sens amical que business. C’est-à-dire que plus « oui Ludo si jamais tu as besoin de te relancer tu sais que je suis toujours là pour toi. Si ta santé te le permet on est prêt à t’embaucher ». C’est vrai que ça fait plaisir, ça veut dire que les gens ne m’oublient pas, ils sont toujours là.

BasketActu : Ca peut t’enlever un poids de savoir que tu as ces possibilités-là de côté et du coup n’avoir à jouer que pour le plaisir ?
LV : Je n’y pense pas. Maintenant j’ai un autre état d’esprit. Je profite un maximum et ce qui arrivera arrivera. Si jamais un jour je peux reprendre je regarderais qui veut bien de moi. Mais c’est sûr que je ne vais pas non plus prétendre à grand-chose après deux/trois/quatre ans d’arrêt de basket. Si je dois reprendre ça sera petit à petit.

BasketActu : Tu es aussi maintenant coach ; comment c’est d’apprendre à faire apprendre ?
LV : Au début c’était compliqué parce que forcément je n’avais pas les mêmes mots. Je leur disais par exemple « Tu vas faire un écran ». En étant pro tu sais comment placer les appuis, quoi faire après le pick alors qu’en amateur tu dis de poser l’écran, le joueur va le poser et après il va te regarder en te demandant limite « qu’est-ce-que je fais après ? ». C’est ça qui était dur au début mais à force je commence à savoir comment leur parler. Je vois qu’ils comprennent et qu’ils progressent. C’est ça qui fait aussi que je prends du plaisir.

BasketActu : Comment tu définirais le coach Vaty ?
LV : Comme un coach qui ne prend pas la tête, qui ne se prend pas la tête. Je leur dis souvent « Vous savez jouer au basket, j’essaye juste de vous canaliser par rapport au jeu, de ne pas faire les foufous. Le plus important c’est de prendre du plaisir et de rester positif ». Car au début quand je les ai pris ils s’engueulaient tout le temps pour un oui ou pour un non ; ça ça n’était pas évident à gérer. Après dès qu’ils ont compris ça a roulé impec.

BasketActu : Ça te donne envie de poursuivre dans cette voie ?
LV : Ça me donne vraiment envie de poursuivre parce que je prends du plaisir à le faire. Après mes projets personnels il faut voir si ça aboutit mais ça restera un peu dans le monde du basket.

Crédit photo : LNB

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