ITW Stephen Brun : « Ramener le climat des playoffs à la Meilleraie est primordial »

Pour Stephen Brun, l’un des objectifs des joueurs de Cholet cette saison sera de permettre à la Meilleraie de goûter à nouveau aux playoffs.

Il y’a des équipes qui ont parfois du mal à digérer un titre de champion. C’est par exemple le cas de Cholet Basket. Depuis trois saisons le club accumule en effet les résultats moyens. Mais Stephen Brun, qui fait son retour dans son club formateur cette année, espère bien avec ses coéquipiers ramener les playoffs au public de la Meilleraie qui en est sevré depuis un moment.

BasketActu : Comment s’est passée la préparation de Cholet ?
Stephen Brun : Elle s’est mieux terminée qu’elle n’a commencé. On avait Nico De Jong qui était avec les Pays-Bas, très tôt on a perdu Qyntel Woods qui s’est fait une grave blessure au genou… Il a donc fallu réadapter l’équipe, réintégrer Rudy Jomby qui n’était pas prévu au départ mais qui revient avec nous, et ça c’est une très bonne chose. On a pris aussi Joe Trapani. On a eu dix jours au complet donc on a fait des matchs amicaux très moyens au départ. On a plutôt bien fini. Au Tournoi de Sablé on a fait des bons matchs, au Tournoi d’Angers on a fait des bons matchs aussi. Là on a battu le Partizan même si ce n’est plus le Partizan d’antan. On a mieux fini mais on est encore loin d’être prêt mais comme la plupart des équipes qui sont loin de l’être en ce début de championnat.

BasketActu : Ces difficultés ont-elles soudé le groupe ?
SB : Oui. Après on va essayer d’avancer avec les joueurs qui sont là depuis le début. Quand tu vas faire de la piste et des 400 mètres ça soude forcément l’équipe. On a travaillé au mieux que l’on pouvait. Le groupe est bien. On a des ricains qui ont 27/28 ans ou même 30 ans, ils ont déjà un vécu en Europe. Ils sont plutôt sociables, ouverts.

BasketActu : Pour toi c’est un retour dans ton club formateur ; comment tu le vis ?
SB : Déjà je suis très très content de revenir à Cholet. C’est là où j’ai tout appris pendant trois ans. C’est là où j’ai vraiment tout appris le basket et je revois des gens. A Cholet c’est toujours le même public ; je redécouvre des gens avec qui j’ai grandi, qui m’ont surveillé quand j’étais au centre de formation. Je connais la ville ; j’y ai encore les amis avec qui j’allais au lycée. Je suis très content de revenir dans ce club qui est un club un peu historique du championnat, bien structuré. Maintenant c’est vrai que le club a souffert au niveau des résultats depuis trois ans. J’espère que cette saison on va remonter tout ça. Je ne parle pas d’être champion mais d’essayer à tout prix de ramener un tour de playoffs à la Meilleraie.

BasketActu : Elle se ressent beaucoup au niveau du club cette déception suite à ces trois saisons compliquées ?
SB : C’est surtout au niveau du public autour. Quand ils viennent discuter avec toi la première chose qu’ils te sortent c’est qu’ils ont souffert. Il y’avait déjà le fait que les joueurs sur le terrain ne partageaient pas grand-chose avec eux. On sait que le public de la Meilleraie aime bien côtoyer les joueurs, partager des choses avec eux. Ça a été compliqué ces trois dernières saisons et on veut remettre les choses en place. On veut avoir lus de connexions avec le public. Et puis ils ont connu des grands joueurs, des grandes époques. Ils ont été champions il n’y a pas longtemps avec Erman (Kunter). Ils ont connu l’Euroleague et ils ont perdu tout ça en trois ans. Ils sont demandeurs et j’espère que l’on va faire une bonne saison pour eux car ils le méritent. La Meilleraie a toujours été remplie ces dernières saisons et ces trois dernières saisons c’était un peu en-deçà.

BasketActu : Davantage que le sportif c’est peut-être ce travail avec les supporters qui est le plus gros challenge…
SB : C’est ça le plus gros challenge : reconquérir le public. Ils ont été frustrés par les attitudes qu’ont pu avoir les joueurs auparavant. On veut partager avec eux. Le plus important c’est de gagner des matchs à domicile. A l’extérieur tu peux perdre mais à la maison tu e obligé de montrer une meilleure image. Gagner les matchs c’est le plus important. On sait que le public va être derrière nous. Il va y avoir 5000 personnes tous les samedis ; il faut leur donner quelque chose, leur proposer du spectacle. Des erreurs, des balles perdues, des shoots loupés ça arrive mais il faut au moins mouiller le maillot, avoir envie, partager avec eux, de rester avec eux après les matchs, échanger, signer des autographes, prendre des photos… On va s’atteler à faire ça correctement.

BasketActu : Comment abordes-tu cette saison qui normalement sera ta dernière ?
SB : J’ai beaucoup souffert la saison dernière à Boulogne. J’ai été capitaine mais ça ne s’est pas très bien passé parce que j’ai eu un mauvais relationnel avec des coéquipiers. Les résultats n’étaient pas en adéquation et il y’avait mon caractère qui faisait que je pouvais aussi dégoupiller. Cette saison j’ai vraiment envie, mais je ne sais pas si je vais réussir, d’essayer d’être ce leader. Exemple non car je ne serais jamais exemplaire mais j’ai envie d’être le leader de ce groupe. Je suis capitaine encore une fois mais j’ai vraiment hésité par rapport aux séquelles que j’avais eu de la saison dernière. Mais Laurent (Buffard) a vraiment insisté, le président aussi et je me suis dit ok pourquoi ne pas tenter une deuxième fois l’expérience du capitanat. Mais cette fois-ci je n’ai pas envie de faire les mêmes erreurs que l’année dernière. J’ai envie de progresser là-dessus, d’être bon dans le vestiaire, de l’être aussi sur le terrain mais avant tout d’être bon dans le vestiaire. Ça peut-être un but et un objectif important à réaliser pour moi sur ma fin de carrière, être capable d’être leader d’un groupe sur mais surtout en-dehors du terrain.

BasketActu : Est-ce-que l’équipe s’est fixée des objectifs sportifs ou bien c’est encore trop tôt ?
SB : Ça fait trois ans que les résultats sont très moyens. Le premier objectif déjà c’est d’aller à la Leaders Cup donc être dans les huit premiers à la fin des matchs allers. A la fin de la saison c’est d’être huitième. Je ne parle pas de sixième, septième, cinquième… ça serait mieux mais être huitième pour avoir un premier tour de playoffs et ramener ce climat de playoffs à la Meilleraie c’est primordial. Maintenant il y’a énormément d’équipes qui veulent se battre pour les playoffs. Il faudra bien démarrer la saison, commencer samedi par battre Chalon-sur-Saône afin de partir sur de bonnes bases. Car on sait que le début du championnat est super important. Si tu pars direct avec deux/trois défaites ça peut vite mal tourner. Le premier match est super important.

BasketActu : Tu sens tous les joueurs impliqués dans cet objectif ?
SB : Les Ricains sont bien concernés. Ce qui est bien c’est qu’ils ont de l’expérience avec deux/trois saisons en Europe derrière eux. Ils sont entre guillemets un peu plus sociable qu’un rookie qui quitte pour la première fois son pays. Ils sont ouverts et certains connaissent la Pro A comme Goods qui avait déjà joué à Cholet il y’a deux ans. Ils savent que c’est un championnat compliqué. Ils sont plutôt motivés pour faire une belle saison. Après la préparation c’est compliqué. J’ai été joueur et je sais ce qu’il se passe dans la tête de certains. On va vraiment voir la réalité samedi quand le championnat va commencer, quand les stats vont vraiment compter. On va voir si on se passe toujours la balle, si on a envie de jouer ensemble et si c’est le cas, ça sera plutôt de bonne augure.

Crédit photo : LNB/Bellenger

Tags : ,
Comments

Commentaires

Comments are closed.