Jacques Monclar et Greg Beugnot, unis pour le Paris-Levallois

Le Paris-Levallois a remis ses compteurs à zéro et part sur un projet de deux ans avec Jacques Monclar et Greg Beugnot aux commandes. Décryptage.

Poitiers-paris-levallois-625Avec la conférence de presse qui a eu lieu ce mercredi à Levallois, il n’a pas eu seulement un coup d’envoi donné pour la future saison. Elle symbolise aussi un virage dans la gestion du club et son ambition de grandir vite, sans négliger les bases qui le rendront pérenne. Décryptage.

Objectif Qatar 2015 ?

En présence des adjoints aux Sports de Paris et de Levallois, un timing est souvent revenu souvent dans les conversations. Deux ans. Tout d’abord, c’est la durée de contrat de Greg Beugnot, avec une option en cas de qualification en Euroleague. Ensuite, ces deux ans représentent le temps pour lequel s’est engagé M. Aubry. Le président du PL insiste même :

« Dans les deux années, il faut trouver des partenaires privés pour développer le basket à Paris. Car l’avenir du basket professionnel est à Paris. »

Les dirigeants du PL espèrent donc renforcer leur budget (mais d’abord combler le déficit actuel) sous deux ans pour accompagner une qualification en Euroleague, graal et booster d’un décollage du club. Pourquoi ? Parce que le réel objectif du PL est de devenir un astre de la galaxie QSI. D’ailleurs, les propriétaires qataris du PSG ont déjà été approchés.

« Les Qataris nous ont demandé de retravailler notre copie », indique le président Aubry, « ce ne sera pas pour cette année »

Objectif deux ans donc, avec peut être une pièce maîtresse dans le dossier parisien : Bercy. L’adjoint aux Sports à la mairie de Paris, M. Vuillermoz, y est même allé de son appel du pied :

« Dans deux ans, le POPB ouvre (après rénovation ndlr). Quelle belle salle pour jouer au basket ! ».

Ca c’est de la drague…

Monclar, l’homme-clé du projet

Pour gagner les sommets sportifs, le PL avait besoin de compétences mais aussi d’un visage pour porter le projet. Un seul homme aujourd’hui pouvait le faire, et il est venu, Jacques Monclar. Loin de nous l’idée de croire en un prophète du basket francilien, mais le consultant était la personne idoine pour ce job particulier. Fin connaisseur du basket, respecté dans son sport par les coachs et les joueurs, ancien membre de la commission sportive de la LNB, il a la légitimité du milieu. Mais c’est insuffisant pour un contexte parisien qui broie le basket dans un anonymat et une indifférence du public. Mais Monclar transcende son sport.

Consultant RMC et beIN Sport, il est une figure médiatique depuis plusieurs années. Par exemple, à la radio, il n’est pas seulement connu du fan de basket. Ses participations régulières au Moscato Show, l’After Foot (où il est une référence de la vision globale du sport) et Les Grandes Gueules du sport, des émissions de sport généralistes, le font sortir de la strict notoriété basket. Un atout maître. D’ailleurs, l’ancien international aux 201 sélections va garder ses activités.

« Ma place n’est pas sur le banc, je conserverai mes collaborations avec RMC et beIN Sport », a-t-il indiqué.

Arrivée il y a quelques semaines ans un rôle de « team manager », Jacques Monclar a donc eu les mains libres sur le plan sportif à son arrivée.

« On a rencontré les joueurs et les composantes du club, à partir de là on a pris des décisions », a-t-il déclaré. Avant d’ajouter que « l’équipe ayant terminé avec 3 victoires en phase retour (alors qu’elle était en tête lors de la phase aller), il est apparu qu’il fallait moduler et cesser la collaboration avec Christophe Denis ».

Le désormais ancien coach ne semblait donc plus pouvoir travailler avec une majorité de joueurs encore sous contrat. Une cassure s’était faite, et si Monclar a plusieurs fois souligné la coupe de France remportée, les méthodes de Denis n’étaient pas en adéquation avec le projet futur.

Tonton Bégor en Père Fouettard

Exit l’entraîneur et place au nouveau, avec désormais un binôme charismatique à la tête du secteur sportif, et une distribution des rôles qui semble se dessiner.

« Je ne serai pas un papillon », annonce le néo-directeur sportif, « je serai présent. L’équipe précédente manquait peut être de soutien ».

Jacques Monclar sera donc ici pour épauler le coach et mettre les joueurs dans les meilleures dispositions (sportives et médiatiques s’il faut). Quel rôle pour Greg Beugnot alors ? Si Monclar sera sans doute le gant de velours, Beugnot sera la main de fer, pour un groupe qui n’est pas exempt de reproches dans le dérapage de la phase retour la saison passée.

« On espère que l’équipe va adhérer », annonce le champion de France 2012, « il y a un potentiel pour réussir mais ça passe par un registre défensif. Si on ne travail pas plus que les autres, on ne peut pas réussir. On a des obligations quand on est pro. »

Le message est simple : Le coach n’allait pas ? On l’a changé. Mais maintenant il va falloir mériter son salaire. Et avec « Tonton Begor », le mérite va se calculer en litres de sueur.

Un retour aux bases et à une certaine humilité dans le discours nécessaire, car « on a toujours reproché à Paris sa suffisance », analyse Beugnot. Pour ce faire, on a mis deux Parisiens de naissance aux commandes. A eux maintenant de donner au PL les fondations solides pour séduire les millions de QSI, et réussir le plus gros pari de leur riche carrière : installer la balle orange au milieu d’un sixième de la population française. Rendez-vous dans deux ans.

Par Ryad Ouslimani

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Comments

Commentaires (2)

  1. John

    Excellent article qui résume bien les maux de la phase retour catastrophique:

    – discours du coach qui ne passait plus
    – cassure dans le groupe
    – jeu sans défense
    – des joueurs qui pétaient plus que leur cul (ils ont même troué leur slip quand ils ont pété)

    Je souhaite bonne chance à Tonton Beugnot pour les mettre mentalement car passer de leader à 12ème en 15 matchs, peu d'équipes l'ont fait. Il faudra absolument retrouver les fondamentaux défensifs qui permettra au PL d'aller plus haut.

  2. lo87

    En tout cas d'après Lauvergne, les chalonnais se transpiraient pas sous l'ère Beugnot… Peut-être a t'il revu sa copie en voyant le reportage sur Westermann ?…