Johan Passave-Ducteil : « J’ai vu que je pouvais être dominant »

A l’image de la JSF Nanterre, Johan Passave-Ducteil a progressé toute la saison et a grandement contribué à l’objectif du maintien. Le pivot fait le bilan de sa première année en Pro A.

BasketActu : Comment analyses-tu la première saison du club en Pro A ?
Johan Passave-Ducteil : On a rempli le premier objectif qui était de maintenir le club, plutôt qu’on ne le pensait d’ailleurs et c’est une grande satisfaction, surtout quand tu regardes les pronostiques du début de la saison. Dans BasketNews on nous mettait 19e ce qui était un peu légitime entre guillemets. Ça fait toujours plaisir de les déjouer. Nous on savait que sur la continuité on pouvait faire quelque chose.

BasketActu : Et sur le plan personnel quel bilan fais-tu ?
JPD : Je suis satisfait de la saison que j’ai fournie en Pro A. Mais les deux premiers mois de compétition, je pense que je me suis plus ou moins mis un peu de pression, par rapport au fait d’arriver à franchir le palier Pro B-Pro A. Après ces deux mois de ballottements, sans me prendre la tête et en ayant confiance en mes qualités, j’ai vu que je pouvais être assez dominant dans la Ligue au niveau du poste 5. Donc c’est clair que cette saison c’est une entrée en Pro A positive.

BasketActu : Ce petit temps d’adaptation tu t’y attendais ?
JPD : Comme tout sportif, j’ai confiance en moi mais j’ai aussi des incertitudes et des doutes. Je n’avais pas la prétention de me dire « Ouais, je vais y arriver tout de suite ». En fait, il ne fallait pas que je me prenne la tête. Bien évidemment, il fallait que je sois plus exigeant avec moi-même, défensivement augmenter l’intensité, offensivement être un peu plus technique, physique. C’était juste de l’adaptation et c’est pour ça que je suis très satisfait, ça veut dire que par rapport à la formation que j’ai eue, à l’investissement personnel, j’ai pu franchir le palier au-dessus.

BasketActu : Nanterre avait eu un calendrier très compliqué au départ, mais est-ce-que ça a été un avantage pour prendre très vite le rythme de la Pro A ?
JPD : Quand tu vas jouer en Pro A, tu sais qu’il n’y a plus vraiment de petites équipes. Les petites équipes c’était nous et Dijon. C’est clair que ça nous a mis tout de suite dans le bain. Le Mans, Nancy contre qui on a eu la chance de jouer lorsqu’il y’avait Nicolas Batum… c’est ce qu’il nous fallait. Ça nous a mis dans le vif du sujet dès le début du championnat. Après quand tu joues des JP Batista, des Akin Akingbala, tu n’as pas besoin de motivation supplémentaire pour les jouer.

BasketActu : Après ces deux mois tu as eu un déclic particulier ou c’est venu naturellement ?
JPD : Je ne sais plus si Orléans c’était avant Hyères-Toulon mais à partir du moment où on a accroché notre première victoire. Par rapport au début du championnat que l’on avait, par rapport au calendrier, on s’était dit que plus ou moins c’était logique. Mais on ne voulait pas rester dans un état d’esprit de victime par rapport au calendrier. On se disait « On est en Pro A, c’est sûr que ça n’est pas la Pro B, il faut que l’on fasse plus d’efforts pour y arriver ». Mais à partir du moment où on a eu la première victoire, on a toujours essayé de tout mettre en œuvre pour que ça soit toujours pareil.

BasketActu : Cette première victoire a été comme un accélérateur au niveau de ta progression ?
JPD : A titre personnel, au début de saison, je sortais du banc donc une partie de mon boulot c’était d’encourager les mecs qui étaient sur le terrain et dès que je rentrais c’était de mettre de l’intensité, de colmater les brèches. Mon déclic personnel est venu quand Pascal m’a lancé dans le bain, quand il m’a mis dans le cinq de départ. C’était vraiment une marque de confiance car souvent on faisait des entames de match où on avait des regrets, où dès le premier quart-temps il y’avait vingt points. Là Pascal m’a tendu une perche et j’ai su la saisir. Après le déclic de l’équipe, c’est venu avec les victoires.

 

BasketActu : Et travailler au quotidien avec un intérieur expérimenté comme Ryvon Covile t’a aidé ?
JPD : Justement, pendant l’été, quand j’ai su que je serai en concurrence avec Ryvon je me suis dit bon là un mec qui a joué l’Euroleague, dans les plus grands clubs en France : Orléans, Le Mans…. Le mec il a un CV. Il a joué en Grèce… C’est sûr que c’était un petit peu intimidant mais l’année dernière j’avais Nate Carter, MVP de Pro B (sourire). Donc je commence un peu à avoir l’habitude d’avoir des Américains forts à mon poste. Et là on s’est tiré la bourre, il y’avait une concurrence saine. On s’est tiré vers le haut ce qui était bon pour l’équipe.

BasketActu : On imagine que les responsabilités offensives que te donnait Pascal ont dû favoriser ta progression…
JPD : Il me les avait déjà données quand j’étais en Pro B. En Pro A, on pensait que ça serait un peu plus dur mais là où on avait peur c’était par rapport à la taille (Johan Passave-Ducteil est annoncé à 2,00 m – ndlr). Malgré ça, j’arrive à compenser par ma puissance physique et j’ai réussi à m’imposer dans les systèmes de jeu. Je n’avais pas carte blanche au niveau de l’attaque mais j’avais la possibilité de pouvoir m’exprimer et c’était très bien comme ça.

BasketActu : Justement tu parlais de la taille, c’est une satisfaction d’avoir prouvé que tu avais ta place en Pro A malgré ce déficit ?
JPD : C’est vrai. Et l’année dernière je sortais d’une saison où j’étais à plus de 68% au tir, là cette année je crois que je dois être dans le Top 5 au niveau de l’adresse au tir (il a tourné à 61,8% – ndlr) avec les Américains confondus donc c’est sûr que c’est une grande satisfaction pour moi, surtout que j’ai pu aider l’équipe à atteindre son objectif et qu’au niveau personnel ça se passe bien. Je ne peux qu’être satisfait.

BasketActu : Comment vois-tu la suite de la saison pour Nanterre ? Est qu’avec ta rotation en moins les playoffs sont toujours envisageables ?
JPD : Par rapport à l’intensité, ça va être un peu plus difficile mais par rapport à la qualité des rotations ça peut être quitte ou double parce qu’avec un Will Daniels en poste 5 et un Mam Diarra en poste 4, ça peut faire des dégâts comme ça peut subir aussi. Maintenant là où j’ai peur c’est au niveau de l’intensité, l’avantage qu’on avait à être dix à pouvoir jouer, là avec des rotations en moins ça va devenir plus compliqué. Mais je pense qu’il faut être optimiste maintenant qu’on a le maintien. Il ne faut pas que ça nous empêche d’être ambitieux. Je n’ai pas de pronostiques mais j’espère juste qu’on ferra bonne figure, qu’on ferra le maximum pour aller le plus loin possible.

BasketActu : Ce maintien acquis aussi rapidement c’est quelque chose qui t’a surpris ?
JPD : Au début du championnat j’aurais été un peu plus septique. On ne savait pas trop où on allait mais au fur et à mesure que la saison avançait, surtout après la fin de l’année là où tu as joué toutes les équipes et que tu arrives plus ou moins à te jauger, avant le bilan de la trêve de noël,  on s’était tous regardé dans le vestiaire en se disant qu’on pouvait le faire. On avait eu un début de saison difficile mais on n’avait jamais pris d’éclat à part contre Nancy qui nous avait mis 20 points dans le premier quart-temps, les matches que l’on perdait, c’était de quelques points. On n’a pas vraiment pris de grosses claques et du coup on se disait qu’avec l’adaptation et sur la phase retour on pouvait vraiment tabler sur le maintien. Après on l’a eu plutôt qu’on le pensait mais c’est plus dû au boulot que l’on a fait à l’entrainement.

BasketActu : Ce qui sera peut-être plus dur maintenant c’est l’année prochaine où il n’y aura plus l’effet de surprise…
JPD : Exactement, il n’y aura plus la surprise mais honnêtement je n’ai pas envie d’utiliser ça car je pense qu’aucune équipe ne nous a pris de haut. Toutes les équipes nous ont respectés. Mais nous aussi on a su jouer le coup, utiliser cet effet de surprise parce que c’est vrai que défensivement on était plus ou moins ciblé sur certains postes. On a su colmater les brèches tout simplement.

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Comments

Commentaires (5)

  1. burt cassander

    la toph où il part au dunk est mal calibrée non ? on dirait un nain :)

    En tout cas il a bien réussit sa saison et a prouvé que l'on avait pas besoin de faire 2,12m pour tenir une raquette. De l'envie, un bon petit bagage technique et un physique déménageur font l'affaire aussi.

  2. gael

    Ce joueur de l'ombre !! A la JSF il n'y a que des joueurs de l'ombre (daniels, corosine, riley, sir judith etc)… une vrai team, une vrai âme… un vrai groupe que j'aime vraiment…Ya pas un mec qui mets régulièrement trente points mais souvent plusieurs qui en mettent une dizaine, et de temps en temps un joueur qui snipe.

    allez la JSF

  3. tony

    Sur qu'il a laissé un excellent souvenir!!